Navon Jacques

 

Psychologue Clinicien dans un CSST posé sur un petit caillou de l’océan Indien

Ile de la Réunion  à Saint Paul

Ici je dépose des docs , des réflexions , des mots …pour le son  Zappa de problème

KAZ OTE                         0picture.gif

< mail to: reseau.ote@wanadoo.fr>

 

Jalousie, coups de sabre et autres tweets

Plus fort que soi, le sentiment de jalousie, poussé à l’extrême dans le couple, est incontrôlable. Elle dépasse celui qu’elle étreint.

Du fait des recompositions familiales, les occasions d’être jaloux sont fréquentes. Quand il a des enfants d’une première union, le ou la conjoint(e) reste en contact avec son ex. La jalousie peut prendre comme support ce(tte) dernier(e), mais aussi sa progéniture.

Preuve d’amour, la jalousie ?

Plutôt une conséquence naturelle du sentiment amoureux…

La relation amoureuse est chargée de passion, de peur d’abandon, d’inquiétude et de la toute-puissance de l’autre.

 Elle prend ses racines dans notre enfance.

La jalousie dans le couple se nourrit de deux sentiments, la peur que l’autre ne prenne l’objet d’amour – c’est la triangulation oedipienne qui se joue à trois.

 - et la jalousie fraternelle proche de l’envie, celle qui se joue entre le rival et le jaloux. Lire la suite de ‘Jalousie, coups de sabre et autres tweets’ »

j’adhère donc je crois

la philosophie, la clinique , la vérité et la disposition.
On se calme !! Comparons démarche philosophique et démarche clinique…
La philosophie ne vise pas le réel (en opposition au possible). La clinique vise t elle le réel et le « vrai » ?
Une investigation dans le champ des possibles, avec pour outil principal la fiction, car : la fiction narrative, l’histoire que l’on raconte, détermine le possible tel que l’exige l’analyse philosophique, et la démarche clinique utilise la fiction au sens du récit pour son investigation son analyse du sujet et de son symptôme possible.
D’où la nécessité du récit pour les deux .
Vous me direz que tout cela est flou, car « possible » peut être entendu en une multitude de sens.
Pour mieux comprendre ce dont il s’agit,
Le possible pertinent pour la philosophie est ce possible qui détermine l’essence des choses (le possible « métaphysique »).
Ce possible est plus large que ce qui est possible dans notre monde ou possible selon les sciences et est déterminé par les « structures de notre expérience ».
Ce sens du possible étant fixé, si l’on reprend à Husserl l’idée selon laquelle l’imagination permet de sonder l’étendue du possible, mais ajoute son grain de sel en faisant de la fiction écrite le véhicule de l’imagination, le moyen d’exploration du possible : « ce que je peux imaginer, c’est ce que je peux raconter « .
Il en résulte donc que : « est possible une situation, un être, un dispositif mis en place dans une fiction qui emporte l’adhésion ».
Je raconte, j’adhère à ce récit, il devient « vrai »
Seulement, « adhésion » aussi est sous spécifié. Lire la suite de ‘j’adhère donc je crois’ »

Le savoir c’est « à prendre »

 

Le statut du savoir implique comme tel qu’il y en a déjà du savoir, et dans l’Autre, qu’il est à prendre en deux mots, c’est pourquoi le sujet est fait d’apprendre en un seul mot.

Le sujet est le résultat de ce « ça voire »

De ce qu’il voit lui du savoir en l’Autre….

J’ai appris ?
Le sujet résulte de ce savoir, et même mis a-prix, p.r.i.x., c’est-à-dire que c’est son coût qui l’évalue non pas comme d’échange mais comme d’usage.

Le savoir c’est «  beau coût »

Le savoir c’est et coûte

Le savoir vaut ce qu’il coûte, sa valeur résulte de l’effort pris pour le prendre en l’Autre.

 Le savoir vaut juste autant qu’il coûte beaucoup en deux mots et c.o.û.t. avec un accent grave, beau-coût de ce qu’il faille y mettre de sa peau, de ce qu’il soit difficile, difficile de quoi ? Eh bien moins de l’acquérir que d’en jouir.

A prendre, à voire, beau-coût…Là dans le jouir, sa conquête à ce savoir, sa conquête se renouvelle dans le chaque fois que ce savoir est exercé, le pouvoir qu’il donne restant toujours tourné vers sa jouissance.

On vient quérir un je ne sais quoi Ah quérir !…

Prévention….

Dans un monde de dérégulation consumériste et d’emprise par des objets de satisfactions immédiates toujours plus attractifs, prévenir les effets de ces dérégulations, prévenir nos pertes de liberté, prévenir les addictions, c’est, comme l’ont écrit Stéphane Hessel et Edgar Morin,

« renverser la course effrénée vers le « toujours plus » au profit d’une marche sereine vers le « toujours mieux ».

 

Une telle prévention ne peut se satisfaire d’avertir. Elle doit d’abord éduquer : apporter des éclairages, des limites, mais aussi des apprentissages, et respecter toute expérience humaine comme une richesse inaliénable de la personne. Elle doit aussi mobiliser : aller au plus près des « gens », redonner sens et portée à l’exercice du pouvoir d’agir sur soi et autour de soi.

 

Des voies s’ouvrent aujourd’hui pour que la prévention, si mal traitée, si décrédibilisée, si marginalisée, puisse trouver un sens commun, une vraie efficacité et allier plaisir, citoyenneté et protection de la santé. L’intervention précoce est certainement l’une des plus prometteuses.

 

La prévention est un investissement social de plus en plus urgent. Si c’est à l’Etat que revient le rôle d’investisseur, c’est aux acteurs « de terrain » d’en être les entrepreneurs, et de montrer que les individus comme la société tirent de l’éducation préventive et de l’intervention précoce de grands bénéfices pour leur santé comme pour leur « bien-vivre ».

Avec la science, le signifiant-maître ne fonctionne plus.

La science diminue l’effet d’une série de fonctions du discours : le signifiant est réduit à son effet de lettre ,les mathématiques n’utilisent que des lettres ,et l’objet (a) plus-de-jouir est rejeté ; là, le travail dialectique de vérité n’est plus possible parce que la division du sujet est neutralisée. La castration n’opère donc plus.

 La vérité et le réel singulier de la libido sont disjoints. Le seul réel en jeu dans ce discours obéit à des lois universelles, et non pas à une cause singulière : c’est le réel de l’organisme à distinguer de celui du corps.

Le discours analytique a en effet montré, depuis son émergence au XXe siècle, que le corps est toujours un corps parlant, ce qui n’est évidemment pas le cas de l’organisme qui lui relève de la science.

Le sujet de la science date du cogito et n’est rien d’autre qu’un vide. C’est un sujet pur. Il est décisif de l’apercevoir, car la science n’a plus besoin de recourir à l’intuition corporelle. Elle se passe du corps. Elle n’opère plus que sur l’organisme et son réel.

 Ce sujet pur de la science n’existe nulle part, mais il fait saisir que la science voile la partie du sujet qui s’exprime dans le fantasme et qui est corrélée à l’objet (a).

 Le sujet ainsi neutralisé dans sa division devient universalisant. Il se prête toujours plus à la logique des classes.

Mais l’affranchissement du corps, provoque une disjonction entre le corps et l’objet (a), entre l’universel du corps et le particulier de l’objet (a).

 L’objet (a) est un ensemble vide, c’est donc un incorporel. Lorsqu’il est rejeté, il se met à cavaler tout seul, séparé des corps. Mais il est aussi prêt à ressaisir les corps au premier tournant.

 C’est le cas de chaque objet (a) naturel ou industriel. Cet objet (a) n’est pas inerte. Il est un peu comme un trou noir, c’est un objet « qui veut ».

Prenons l’exemple de l’objet (a) regard et de son rapport au corps. Lire la suite de ‘Avec la science, le signifiant-maître ne fonctionne plus.’ »

silence on tue

 Réflexions sur quelques faits divers récents….
Combien de témoins silencieux d’atrocités, d’agressions sur des enfants ; des populations, des femmes , ….

Et la sempiternelle question de savoir Pourquoi les témoins n’ont-ils rien fait ? alors qu’ils ne couraient aucun risque à appeler à signaler.

Les témoins rencontre quelque chose de réel, n’ont rien voulu en savoir, mais en restent néanmoins prisonniers.
C’est ce qui se passe devant les images, les faits que la presse nous propose.

C’est surtout vrai pour celui qui a fini par parler et faire parfois  parler les autres.
Il n’en est pas sorti indemne de cette terrible scène : il en reste obsédé, voire sidéré, et ne se sent plus appartenir au même monde que celui de ses semblables.

C’est sans nul doute ce que ressent le témoin d’une agression.

 Celui qui parle n’est pas le meilleur, mais sans doute le plus touché.

Pourquoi ?

C’est une question, encore et toujours psychologique

C’est que le témoin parle pour sortir du silence dans lequel l’a plongé la « scène » ou un être humain est supplicié.

 C’est le « cri » qui a installé le silence, et non l’inverse

 – cela peut nous rappeler ce que Lacan dit du célèbre tableau de Munch Le cri, « le cri fait le gouffre où le silence se rue ».

 Qu’est-ce que ce silence sinon celui du théâtre secret de la pulsion ? Il a entendu, vu, et … assisté à une part de son propre théâtre de la cruauté

C’est parce qu’il est regardé qu’il parle. Regardé par quoi ? Par ce qu’il a vu !

 Cela nous rappelle le rapport au réel du sujet névrosé, en montrant combien le sujet comme tel est un sujet qui se défend de ce qu’il éprouve de pire.

Le réel est toujours écarté par le sujet qui se constitue de cette évacuation même ce que Freud avait nommée défense.

Cela dit, si l’on peut, si l’on doit faire l’éloge de la défense (titre d’un article fameux d’Alain Merlet), cela ne revient évidemment pas à faire celui de la lâcheté face au pire.

En effet, la question du courage et de la lâcheté ne se situe pas au niveau où le sujet rencontre un réel, mais seulement ensuite.

Une fois qu’il s’est défendu qu’en fait-il ?
 N’est-ce pas dans l’après-coup de la défense nécessaire que la question éthique se pose ?
Cela constitue une séquence articulée en trois parties :
la rencontre, la défense et la parole,

 Ou en d’autres termes encore, ce que Lacan a appelé l’instant de voir, le temps pour comprendre, et le moment de conclure.

Il est hautement souhaitable que le temps intermédiaire, celui pour comprendre, soit le plus réduit possible.

On peut concevoir aisément qu’à s’éterniser, il peut aussi devenir celui de toutes les compromissions, et ceci d’autant plus que l’un des secrets de cette histoire, de toute histoire, c’est sans doute qu’il n’y a rien à comprendre.

 Le sujet a vu, entendu, éprouvé, et n’a rien dit – c’est comme ça.

 Il n’y a rien à comprendre, mais dans certains cas comme celui illustré par certains faits d’actualité récente , ou dans les nombreuses atrocités de notre histoire contemporaine, il y a à réagir le plus rapidement possible, tout en sachant que le réel insupportable a et aura toujours un temps d’avance.

Le sexe, la drogue ,le genre et les femmes pausées….

Même dans la drogue, la femme n’est pas l’égale de l’homme. Les statistiques sont impitoyables, elles ne varient guère quelque soient leurs origines géographiques, quelque soit le milieu culturel : plus des 3/4 des addicts sont de sexe anatomique masculin. Et cela concerne aussi bien les drogues licites que les drogues illicites. En ce qui concerne le tabac, il semblerait que la proportion de fumeuses progresse, ne perdons pas espoir !

Je parle de sexe anatomique, sciemment, puisque contrairement à ce que Freud affirmait au début du 20ème siècle, l’anatomie n’est pas forcément le destin. Avec les formules de la sexuation, Lacan nous a définitivement convaincu que l’on pouvait aussi bien être de sexe anatomique masculin et de structuration psychique féminine, et inversement.

Les choses se compliquent à partir des années 70 et le développement des « Gender Studies », les études de genre en français. Il se pourrait alors, que l’on puisse être ni homme, ni femme.

Les femmes se présentent dans les centres de soins le plus souvent en urgence : femmes enceintes, femmes battues, en errance, et/ou prostituées, femmes abandonnées par leur compagnon fournisseur incarcéré. Urgence fœtale, urgence sociale, urgence médicale. Ces femmes que nous rencontrons sont dans l’urgence, non seulement lorsqu’elles prennent contact, mais elles sont aussi dans l’urgence au quotidien, elles vivent dans l’urgence : urgence des rendez-vous chez le médecin, la PMI, la Mission locale, les intervenants sociaux, mais aussi l’urgence de s’occuper des enfants, d’effectuer d’interminables démarches administratives, de trouver un toit pour les jours qui viennent ou de s’acoquiner avec un nouveau protecteur qui s’avérera bien souvent tout aussi destructeur que le précédent.

Ces femmes vivent dans l’urgence, parce qu’elles vivent dans la précarité.
Une précarité qui n’est pas seulement, et pas forcément sociale, financière ou culturelle. Ces femmes vivent dans la précarité psychique, dans l’errance identificatoire, dans l’hémorragie du trauma. Parce qu’elles ont été très souvent profondément meurtries au cœur même de leur être.

Et c’est pourquoi, elles se présentent à nous, dans cette urgence et avec cette précarité : je suis enceinte, mère de famille, battue, à la rue, prostituée, abandonnée à mon sort.
Et, en miroir, nous répondons à l’urgence par l’urgence, à la précarité par des bricolages précaires : substitution, entretiens de « soutien », nuits d’hôtel, mobilisation des partenaires, etc.

Et nous avons bien du mal à ce que ces femmes addicts puissent se « pauser », faire une pause, elles sont souvent de passage, visite médicale ,suivi psy, entretien avec l’ASS le temps d’une grossesse, de l’incarcération du compagnon, ou de leur prise en charge par les services sociaux… Lire la suite de ‘Le sexe, la drogue ,le genre et les femmes pausées….’ »

Que se passe il quand les barrières sautent….

 

La barrière est une limite et une tension, une séparation qui pose un ordre dans le symbolique. une opposition signifiante.

Abolir la barrière qui sépare a et b  fait entrer dans une logique métonymique qui ouvre la voie non seulement à l’accès de tous au plus de jouir, mais aussi à un (endettement )illimité, avec des dettes qu’il n’y aurait plus d’obligation de rembourser.

La dette étant le « prix » à payer pour le plus de jouir…

Si le plus-de-jouir est libéré. On entre dans l’illimité de la jouissance.

En d’autres termes, lorsqu’il n’existe plus « un x qui dit non », plus rien ne vient faire limite.

La limite, le non ,la séparation, sont des signifiants…

« Intouchables », le film phénomène..

Les spectateurs sortent « ravis ». Mais… par quoi ?

 Une telle affluence donne à penser que quelque chose précipite les spectateurs dans les salles – qui relève non pas des qualités artistiques du film, mais d’un mouvement pulsionnel, actionnant des ressorts secrets, qui attrapent et hypnotisent. A terme, tous les Français devraient l’avoir vu. Mais par quoi sont-ils ainsi agrégés ?

Quelle est cette main invisible qui les massifie, dissout les particularités, les happe. Intouchables est intéressant de ce point de vue : il actionne chez chacun un petit quelque chose, que Lacan appelle le plus-de-jouir, un « petit bout » qui peut être « presque rien » – mais qui, prévient-il, présente « un pouvoir de commandement immensément plus grand que la force, l’idéal et l’idéologie».

Ce plus-de-jouir, parce qu’il a pour propriété de dissoudre les particularités, s’il polarise les foules, les fait entrer dans une logique où par définition, règne l’illimité.

Faut il rappeler que les drogues sont un plus de jouir ?

C’est ce que vérifie l’étonnant succès d’Intouchables.

Lacan a montré que le discours ambiant s’est transformé sous l’influence de l’essor du capitalisme.

 Désormais sans tabou ni limite , sans point d’arrêt, la finalité du discours dominant est d’orienter les activités humaines vers la production en série de ce « plus-de-jouir », de ce petit quelque chose « qui nous presse », dit Lacan.

Cette production s’effectue avec l’appui de la science , qui prend aujourd’hui la forme du discours de l’expertise. Même les discours entrent dans cette logique de marché : tous s’équivalent.

 Si tous les discours se valent, que devient la vérité ? Le rapport à la vérité est touché. Eclairons ce point avec le film. Lire la suite de ‘Que se passe il quand les barrières sautent….’ »

Frar nov. présentation précarité

Précarité                 1

Wrésinski en 1987, proposait la définition suivante :

 « L’absence d’une ou plusieurs sécurités, notamment de l’emploi, permettant aux personnes et aux familles d’assurer leurs obligations professionnelles, familiales et sociales et de jouir de leurs droits fondamentaux ».

Incidences de la précarité sur la dimension humaine

Pas une pathologie

 

 

L’EXCLUSION

l’exclusion caractérisée comme une rupture du lien social et des difficultés d’accès à des droits sociaux élémentaires que l’on rencontre chez certaines personnes.

 

Addiction une réponse comportementale : s’assurer une sécurité, avoir tjrs le produit a disposition celui qui répare et qui est garant d’une identité.

Consommer pour être présent pour éviter une exclusion qui menace

 

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pour ALEX

C’est avec douleur que j’ai appris ton départ.

Neuf petites années, quelques heures passées avec toi, petits échanges, mais une si grande leçon de vie.Repose en paix.

De l’Homme au Sujet, du Sujet à l’Individu


Depuis la renaissance, l’Homme en tant que concept n’a cessé de se métamorphoser. Porté, travaillé et traversé par de multiples discours, mais aussi par des processus historiques et sociaux, l’Homme n’émerge réellement d’un socle épistémologique en tant qu’objet d’un savoir possible qu’au xix siècle lorsque le règne de la représentation s’achève, laissant la place à l’Homme en tant qu’objet vivant de connaissance.

C’est au début du xx siècle avec l’invention de la psychanalyse que se dévoilera le Sujet, élaboration intellectuelle constructiviste, puis objet d’étude d’une science humaine située aux confins de la phénoménologie et de la métaphysique, parachevant ainsi une profonde mutation dont les effets rémanents se font sentir jusqu’à nos jours.

À la suite de Freud et Lacan, le sujet se consolide et se profile comme une figure ontologico-clinique passive manipulée par un inconscient structuré comme un langage et hanté par un autre couple impossible, celui du désir constamment insatisfait soudé à son corollaire obligé, le manque. Ananké quand tu nous tients…

Dans cette configuration déterminée par des forces obscures et secrètes va apparaître une autre figure que nous venons d’évoquer : celle du sujet mentalement malade (psycho-pathologique) qui pense illusoirement et à son insu prendre du plaisir en consommant abusivement, avec compulsion et même jusqu’à la manie, une drogue déclarée illégale parce que décrétée dangereuse et que la pharmacologie moderne appelle toxique (du grec toxikon, poison pour flèche).

Le toxicomane est donc pour l’ordre pharmaco-médical et psychanalytique ce sujet malade malgré lui, souffrant et dépendant qui transgresse inconsciemment La Loi en recherchant non pas le plaisir, mais une jouissance morbide infantile immédiate et incestueuse en nature.

Ce n’est pas un hasard si il n’y a pas de « pharmakomane » pour la médecine et la psychiatrie, car à l’évidence le versant remède, partie occulte de la dynamique du phármakon, relève pour la pharmacratie médicale de l’automédication sacrilège et non du monopole de l’ordonnance et de la délivrance consécutives au diagnostic.

Néanmoins, remède et poison sont les deux faces d’une même pièce, quel que soit le nom qu’on lui donne.

Avec Gagnepain et Valleur, on pourrait souligner que l’entité du toxicomane représente l’envers exacerbé de ce qu’a révélé la psychanalyse à ses débuts :

- les pathologies de l’inhibition, du trop de contrôle comme la névrose hystérique et obsessionnelle qui caractérisaient la société « victorienne »,

-à savoir les pathologies de l’excès et de l’agir, les toxicomanies, les addictions, le stress….

Aujourd’hui, les drogues (médicaments, drogues illégales et légales, objets NTIC) représentent assurément un moyen de plaisir immédiat, intense et facile dans un univers consumériste où, dépenser, acheter, agir, prendre du plaisir, consommer jusqu’à l’ivresse seraient devenus des impératifs sociaux, comme l’étaient auparavant le contrôle, le maintien, la retenue et l’inhibition.

Le sujet « freudien » devait se tenir, avoir de la retenue, et contrôler les pulsions….

Le sujet « post moderne » doit agir,communiquer, s’enivrer de tout,…

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Description tant clinique que théorique de l’adolescence.

Quelle place occupe dans la vie psychique des sujets cette étape incontournable du développement ?

Que se joue-t-il exactement du point de vue de l’inconscient au moment de la puberté ? Quelles solutions un parcours d’orientation psychanalytique peut-il offrir à cet instant souvent difficile à vivre voire, pour certains, tout à fait insupportable ?

La séparation. Aider les adolescents à se séparer….

Cet ado qui grandit…son « job »

Avec l’arrivée de la sexualité, il s’agit de sortir de l’enfance et d’orienter les attachements libidinaux au-dehors des murs de la maison familiale.

« Désimaginariser » l’adolescence avec précision, on peut parfois se demander si on ne rate pas certaines réalités des jeunes d’aujourd’hui.

Dégager les enjeux structuraux de cette période tourmentée de nos existences sans s’arrêter à ses traits les plus explicitement saisissables.

Loin des images faciles, aborder l’adolescence comme un temps de vérité où l’humain remet en jeu sa destinée psychique.

Remarquons aussi ce  qui nous aide à mieux comprendre le sens freudien du concept d’ « objet », concept aussi déterminant qu’abstrait, dans le champ psychanalytique.

L’objet constitue la base de nos attachements et ce vers quoi nous conduit sans cesse notre désir.

Toujours manquant, il correspond au moteur de nos parcours de vie. Si dans les premiers temps, l’enfant peut avoir l’illusion de ne faire qu’un avec son objet d’amour, à l’arrivée de la puberté et avec la possibilité de rencontrer un objet de désir et de satisfaction sexuelle dans l’autre, s’impose la nécessité de se séparer, d’ « externaliser » l’objet.
Autrement dit, l’adolescence est le temps de la liquidation définitive du complexe d’Oedipe. C’est donc « le moment privilégié où une séparation de corps s’impose sous peine d’un basculement dans un inceste désormais réalisable ».

En considérant l’adolescence selon ce nécessaire processus de séparation, on abandonne l’image populaire de l’adolescent homard et tout le folklore qui peut s’y rattacher , fragile et enfermé dans une chambre désordonnée parce qu’à la carapace décortiquée  , La clinique des ados  ramène la réflexion du côté de la relation d’objet et de la nécessité d’établir une séparation pour pouvoir assumer un désir adulte et autonome.

Ceux qui n’y parviendront pas créeront du « symptôme »

A la suite des post-freudiens, la séparation correspond, en effet, à une sorte de « faux deuil » qui ne devrait pas engendrer un état mélancolique mais, au contraire, ouvrir à un parcours subjectif permettant à l’adolescent de tisser des liens d’amour en-dehors de la sphère familiale.

Or il s’agit bel et bien de comprendre comment l’objet en psychanalyse n’est jamais vraiment perdu car il n’a jamais de consistance véritable : il n’est présent que par la fonction qu’il exerce (d’où la difficulté et le statut paradoxal de ce concept que le psy manipule cependant avec une aisance et un véritable souci didactique).

Les cas montrent donc à quel point certains adolescents confondent perte et séparation et dans quel désarroi cette confusion les plonge. Ce qu’il faut c’est se séparer et ce n’est pas perdre…Ne gagne t on pas un « je ne sais quoi » en se séparant ? La séparation ouvre la voie des possibles, la perte celle de la mélancolie, de l’abandon, du « plus rien ».

Confondant les deux l’ado pensant qu’il a perdu doit gérer une mélancolisation de son existence, les drogues vont aider à se soigner de ce mal….

 L’adolescent souffre tant qu’il n’a pas compris que se séparer de l’objet ne signifie pas le perdre mais le réinvestir ailleurs : « car la sexualité humaine requiert, dans son exercice même, le détachement des objets de l’enfance, leur substitution par d’autres objets qui seront les objets du désir » .L’objet drogue est un objet que l’on ne perd pas puisque la compulsion fait qu’on le retrouve….Il peut apparaître comme un objet « adulte » les enfants ne se droguent pas, il est un objet que l’on « désire » (là encore il confond envie et désir…)

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ADDICTION ET PRECARITE : Apollon et Dionysos

Auteur     : Le Ferrand

Le point commun de toutes les solutions addictives est l’utilisation d’un quelque chose de l’environnement pour renforcer le narcissisme et pallier aux failles identitaires. Une relation d’objet « drogue »…

La réponse comportementale prend valeur de compromis en tant que comportement destiné à s’assurer une sécurité suffisante dans l’environnement grâce à la certitude d’avoir toujours à portée de main la substance réparatrice garante de l’identité. Au prix d’une « Nipe » (nouvelle identité personnelle d’emprunt)

C’est seulement le sentiment d’être prisonnier de ce qu’on croyait pouvoir maîtriser qui marque l’apparition de la pathologie.

L’addiction n’est donc pas un accident qui survient extérieur du sujet, c’est une transformation insidieuse de soi qui un jour émerge au grand jour par la prise de conscience de la dépendance.

 

Dans le phénomène de précarité la recherche de l’ivresse est une conduite

qui vise à modifier la présence (la relation à l’environnement) ou même à

s’absenter dans les situations extrêmes d’exclusion et d’incurie. La personne qui

utilise la solution addictive refuse le monde tel qu’il est, elle veut le modifier ou

le fuir. Il boit car pour lui le monde est « imbuvable ». Ou bien il  doit s’y noyer …

 

La recherche de « Modification » : de présence ou le désir d’absence sont deux

niveaux différents de l’addiction dans le phénomène de précarité.

Dans Modification de présence, il y a recherche d’une meilleure présence

alors que dans le Désir d’absence il y a refus de l’idée même de présence.

 

A/ La recherche d’une meilleure adaptation.

 

- la prise de produit apparaît comme une conduite auto thérapeutique, un auto engendrement grâce au produit qui favorise l’existence en améliorant le rapport au monde et à autrui et aussi éviter l’exclusion qui menace.( pensez au rôle de la boutique,…)

- Dans le phénomène de la précarité et de l’exclusion, l’environnement social intervient directement dans la constitution des symptômes en fournissant des modèles d’expression, des symptômes d’attitudes et de comportements.

 Le modèle culturel a pour fonction d’endiguer et canaliser la souffrance et de proposer un modèle thérapeutique social. La toxicomanie et l’alcoolisme deviennent des maladies « prêt-à-porter » que

l’environnement social propose implicitement aux personnes en situation de précarité avec l’image du fléau dont ils seraient victimes.

Les victimes du fléau peuvent alors se présenter comme possédés par le toxique et dépossédés de leurs actes et de leurs choix en raison de la toute puissance du produit.

L’addiction permet une mise en scène de la souffrance. Elle donne un sens social à la souffrance. Le toxique en tant que chose pensée et être culturel  elle a en effet une représentation   sociale négative et positive.

- Dans sa dimension négative, le toxique incarne l’attaque, l’effraction et l’occupation du corps par quelque chose de destructeur.

 Dans l’imaginaire social du corps, le mauvais entre dans  le corps selon la logique de l’agression par un corps étranger qui doit être expulsé. L’idée d’intoxication par pénétration implique toutes les demandes magiques de désintoxication pour expulser le poison et redevenir normal, autrement dit réintégrer le monde commun.

- Dans la dimension positive, la substance incarne l’absorption de quelque chose qui a un effet réparateur, une potion magique qui rétablit l’équilibre et permet donc d’être comme tout le monde.

 

 

- Dans les deux cas, le toxique est une entité culturelle qui occupe l’intérieur de la personne, l’adhésion au discours social restaure l’identité et permet une renégociation de la relation à l’environnement social selon deux mythes culturels occidentaux :

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Addiction ou Toxicomanie ?

Que peut bien avoir à faire le savoir de l’inconscient dans le domaine du soin en addictologie ?

Problème médico-social ,de santé publique, de conduite à risque pour le sujet et le citoyen, l’addiction est abordée comme un coût social : un souci pour la norme socio-médicale, elle gagne le titre de « déviance » avec son pendant « la conduite addictive », CAD une dépendance régulière vis-à-vis d’une substance toxique (alcool, tabac, drogue,…) et par extension tout ce qui peut faire dépendance (boulimie, jeu, ntic,..travail( !)…)

 Comment un sujet vient à s’empoisonner au mépris de sa vie ?

Qu’est ce qui fait qu’un sujet s’adonne a sa passion mortifère sans en ignorer les incidences désastreuses tout en les ignorant (ce qui révèle déjà la position subjective engagée).

Le fumeur s’enfume , c’est qu’il ressent physiquement que le monde est « irrespirable », si l’alcoolique s’empoisonne c’est qu’il croit que son monde est « imbuvable » , si le drogué s’intoxique c’est qu’il ressent le quotidien des « non dépendants » comme toxique et pour pousser plus avant sa position subjective il cherche à s’en dés-intoxiquer…

La décision « mauvaise » certes mais fondée dans et par son impasse subjective : conclure un pacte avec cet objet qui va le dégager partiellement de ce monde « irrespirable », » imbuvable », « inavalable », bref nocif pour lui.

La vie l’empoisonne assez pour qu’il s’empoisonne sciemment , préférant un antidote si désastreux fût il à son incurable mal de vivre et méprisant au nom de la douleur d’exister ,sa santé et cela constitue sa faute majeure. La santé étant dans notre monde moderne le souverain bien…

Bref son salut est dans son ravage.

Qui doit il être ?quel est ce « plaisir » là ?

Quel est ce réel de la toxicomanie ?

Quelle est cette question étouffée par le discours médico-social, ce qui a des effets de refoulement : celui-ci ne constate que le trouble et tente de le réguler.

Cette question est embarrassante pour le discours de la norme.

La portée de la psychanalyse est de vigilance critique pour l’usage même de la notion….

 A quel manque se confronte ce besoin créateur de dépendance au point de prendre une emprise et une aliénation  sur un sujet ?

Quel est le statut de « produit » pour celui qui s’y trouve lié ?

Comment se fait la dialectique entre « intolérance » et intolérable… ?

Cherchez la définition dans les DSM CIM ;

Il y a toujours un point aveugle :l’élision du sujet inconscient de l’opération toxicomaniaque.

L’objet drogue est pharmakôn : médication et poison, médicament qui empoisonne et poison qui soigne.

Le patient a voué quelque pacte avec le diable, le produit est démonisé, le tox se sert dans la pharmacie et il en devient un client fidèle, son « grand Albert » est le Vidal, et de principes il ne connaît que les principes actifs.

La psychanalyse se place ici dans ce choix d’objet, dans ce mariage, du pire oui pour les ravages et du meilleur pour la jouissance. Le drogué n’a pas le choix il est pris dans un engrenage, il est engagé dans une conjoncture, une assuétude, conditionnement impérieux d’une satisfaction au moyen d’un « objet-produit » et corrélativement d’une activité.

Il est très occupé par son produit qui le désoccupe du reste, il est « addicté » accro.

Psychanalyste à toi de dire au-delà du discours médico-social et des Tcc à quoi ça sert à quoi ça rime l’intoxication ?

Quelle est cette pente toxique qui effraie la société, et que parfois elle encourage (addiction médica menteuse.

Qu’est donc ce rapport du sujet au toxique pour qu’il lui cause tant de mal et lui fait tant de bien ?

C’est la catégorie diagnostique même de « toxicomanie » qui doit être interrogée pour comprendre non pas le toxicomane mais l’opération toxicomaniaque…

 

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L’inconscient, est politique

Chez Freud, nous avons les conservateurs freudiens lacaniens (par exemple Pierre Legendre) qui affirment que le message de Lacan est: aujourd’hui la société permissive, narcissiste est dangereuse, elle conduit à des psychoses et des dépressions, il faut réhabiliter l’autorité de la loi symbolique.

Ensuite nous avons des lacaniens de gauche, et tout comme avec Hegel, nous voyons émerger les « lacaniens-libéraux ».

« C’est la  faute à Lacan » lui-même qui,  oscille entre deux modes éthico politiques.

 Chacun est pire que l’autre si vous voulez mon avis.

Le premier c’est la transgression éthique :

 développée dans le séminaire VII (L’éthique) sa lecture d’Antigone.

 

C’est idée de l’acte éthique vu comme une violente transgression qui en tant que tel reste exceptionnel.

Ensuite, ce qui semble être l’opposé, mais en vérité revient au même, basé sur le fait que les moments authentiques sont rares et qu’il faut retourner et se satisfaire du « semblant », vous savez cette fausse idée nietzschéenne que la vérité est trop forte pour nous, dans notre vie quotidienne nous devons vivre avec les semblants et la seule chose que nous apporte l’analyse c’est la conscience que ces semblants sont en fin de compte de pures illusions.

Pour le dire simplement, et je crois que nous avons tout intérêt à essayer de voir les choses simplement, nous avons la une forme d’hédonisme cynique.

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Addiction et « non humain »

 

Noyaux autistiques et comportements autocalmants

L’addiction est l’investissement par une conduite d’un ou des produits voire d’activités.

L’objet addictif est non humain, une « chose ».

Se poser la question du pourquoi un tel « investissement » peut aider à la compréhension de la problématique.

 Des lectures qui donnent des idées… Searles , Tustin concernant la psychose, d’une part, et celles de Michel Fain et des psychosomaticiens qui ont développé à partir de lui la conception des procédés autocalmants, d’autre part.

Harold Searles , par son livre L’environnement non-humain , m’a fait prendre conscience du rôle de l’attachement à des éléments non-humains chez les sujets psychotiques ou limites, qui tient à leur caractère constant, face à l’imprévisibilité et à l’effet traumatique de la perte des éléments humains de l’environnement.

Lorsqu’un sujet, enfant, a souffert d’avoir été dépendant d’un parent inattentif à ses besoins, quand ses relations affectives avec les êtres importants (son partenaire ou son groupe familial) sont instables ou imprévisibles (origine de vécus d’abandon), intrusives ou confuses (rendant toute emprise impossible), les objets non-humains deviennent un refuge.

 Pour tous ces sujets qui ont peur des émotions désorganisantes, ils sont un lieu de projection, un fond stable pour contenir l’excitation pulsionnelle, et soutenir l’hallucination négative du vécu traumatique et de l’affect d’angoisse suscités par des émotions trop intenses.

Une réflexion m’est venue, en lisant Searles, qui l’évoque lui-même dans son livre L’environnement non-humain .

 Si la société dite «de consommation» traite de plus en plus les êtres humains eux-mêmes comme des objets consommables et jetables (comme on le voit dans la consommation sexuelle, la pornographie, ou les très grosses entreprises), et qu’elle valorise en les dotant de caractéristiques hautement humaines des objets de consommation tels que la nourriture, la boisson les médicaments (comme on le voit dans la publicité), les objets technologiques alors n’est-il pas logique que la distinction entre l’humain et le non-humain puisse se perdre, et favoriser l’augmentation de toutes les addictions ?

Frances Tustin , on le sait, a beaucoup travaillé avec des enfants autistes, mais également sur ce qu’elle appelle des noyaux autistiques clivés dans la personnalité de sujets adultes, non-psychotiques.

«Certains patients névrosés ont beaucoup en commun avec les enfants autistes. Chez ces patients, le développement affectif et cognitif semble s’être fait en contournant une zone aveugle de développement bloqué, une capsule d’autisme dans les profondeurs de leur personnalité», dit-elle dans Le trou noir de la psyché (1986).

On trouve chez eux des restes d’objets autistiques, d’enveloppe autistique molle faite de formes autosensuelles, et des comportements d’adhésivité mimétique aux objets humains, exigeant souvent que ceux-ci soient sans mouvement propre, quasi non-humains, ce qui rappelle Searles.

Les objets et les formes autistiques, nous dit-elle encore, ont l’avantage d’être bien plus disponibles et constants que les objets humains, et permettent à ces sujets de lutter contre des terreurs irreprésentables dans la relation à l’objet primaire, à un stade préverbal et même préimaginaire.

A la différence de l’objet transitionnel qui est à la fois moi et non-moi, l’objet autistique est totalement moi, sous emprise narcissique.

Tustin fait le lien avec l’addiction, notamment pour la thérapeutique.

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Londres brûle t elle ?

Pistes d’interprétation :

 -la jouissance se glisse dans la disjonction entre savoir et pouvoir (Cf.

séminaire 16).

L’autre du savoir sur le réel (de l’économie par exemple)  devrait en principe guider l’action de l’autre du pouvoir sur ce réel. Ce n’est pas le cas.

Confronté à la dimension manquante du principe d’action/réaction, que peut faire un sujet ? Amalgamer jouissance et libido ?

 -Comment s’inscrit-on dans l’autre d’aujourd’hui ? Est-ce par une mise en scène accrue des perversions (accompagnée de la revendication d’y avoir droit), qui viennent alors faire symptôme dans la civilisation ?. Si oui, quid du nœud RSI et de sa clinique ?

  »autre du savoir sur le réel » ce serait celui qui s’imagine qu’ensachant, on peut. Par exemple, déchiffrer la génome humain dans son entier,c’est pouvoir guérir toutes les maladies.

« souris blanche » Londres a perdu beaucoup cette semaine…

Un temps, elle fut la personne la plus recherchée par la Gestapo. L’Australienne Nancy Wake, l’une des plus grandes espionnes de la Résistance, vient de mourir à 98 ans.

 

« phénomènes transitionnels » : drogues, fétichisme du manque, lit de la toxicomanie

 Le monde  des drogués

 

Ce monde ne repose pas sur l’art oratoire, mais sur la promesse d’une jouissance indicible.

Les toxicomanies, conduites d’émotions et de passions, court-circuitent le rapport au langage au profit d’une jouissance du corps et de l’esprit.

 Je vous propose de considérer le fétichiste, face à la perception du manque (de pénis chez la femme),il peut s’accrocher à des perceptions voisine du «gouffre» qu’il entrevoit : chaussures ,sous vêtements, les jambes,pour à la fois accepter intellectuellement la différence des sexes, et la refuser affectivement ;

 Il opère un déni qui entraîne un clivage du moi. Par l’effet du clivage un déni protecteur face à un élément traumatique qui pourrait entraîner le sujet dans un gouffre sans fond .Le déni ,affectif, construit un « réel », il accepte sur un plan cognitif cette différence évidente.

Freud  évoque aussi l’idée que le même type de déni peut se produire face à la mort d’une personne proche. D’une certaine façon, il situe le fétichisme et le déni entre névrose et psychose . Un deuil affectif brutal est accepté intellectuellement et dénié sur le versant affectif.

L’hallucination négative, notion freudienne très proche du déni et du clivage, est un mécanisme d’urgence, face à un vécu traumatique. Pour pouvoir durer, cette défense primaire, trop coûteuse en énergie doit être soutenue par un des trois types de mécanismes suivants :

1. un déni par investissement « latéral » d’un objet concret, qui devient de ce fait un fétiche ;

 2. un appoint toxique simulant le mécanisme du déni, une toxicomanie  par exemple;

 3. une fuite motrice qui peut conduire à un épuisement dépressif ou psychosomatique.

Mais c’est Winnicott qui m’a vraiment donné les clés pour comprendre l’addiction, avec sa notion de « phénomènes transitionnels ».

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Le Deni ou invention du réel.


La rencontre avec les patients, dans ce moment particulier où leurs moyens de défense sont ébranlés, permet d’entrevoir certains conflits psychiques, probablement moins accessibles habituellement.

Il n’est pas rare  dans le champ de l’addiction de percevoir ce qui semble être l’objet de déni dans le discours des patients. Ce Déni est si fréquent que l’on y prend pas garde…Il semble faire partie de la personnalité de l’addict à la manière d’un « caractère ».

 Selon moi le patient fait le choix d’ « inventer le réel » il laisse »à » penser, il ne s’agit pas uniquement de considérer ce qui est soustrait au Moi mais aussi comment ce dernier peut construire le réel, avec dès lors, une dimension créative.

 Fécondité du déni.

La question du déni, de ses mécanismes, de ce qu’il implique et de la manière dont il se décline, notamment dans le fétichisme et dans la psychose est source de nombreuses et fécondes réflexions.


L’émergence de la négation dans l’analyse

Il s’agit donc d’abord du travail analytique, de ce qui se joue dans le transfert et le contre-transfert, de son aspect dynamique s’appuyant sur le langage et l’intersubjectivité.

 C. Rabant insiste sur l’aspect éthique de la position d’analyste. C’est dans ce cadre de travail qu’il interroge la question du déni, question qui émerge des énoncés teintés de négation de l’analysant. Le refoulement y figure, notamment dans la dénégation. Mais cela ne représente qu’une partie de la négation du discours que le Deni vient compléter.

Le Deni comprend dans sa signification un jeu entre trois termes :

 -démentir dire que cela n’est pas vrai, nier,

-désavouer ne pas reconnaître comme sien,

-dénier nier absolument, refuser de reconnaître et peut-être aussi répudier rejeter, repousser.

 C’est un concept que Freud élabore déjà et que reprend Octave Mannoni dans son article « je sais bien mais quand même ».

Les mécanismes en jeu dans le Deni.

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Le concept


Lecture Hégélienne du concept : « Le concept est le temps de la chose ».

Au bout du bout de la parole il y a le concept qui est l’essence de la parole et qui est la chose même. La chose-même à ceci prés que, si le concept est là c’est bien que la chose n’y est pas…Autrement dit le concept, qui serait la chose-même, au sens où elle serait son identité même , excède la chose en la chosifiant.
Le seul endroit où le concept peut-être la chose c’est dans la temporalité, dans la permanence de tous temps.

 Si le concept est le temps de la chose c’est qu’il est le temps de cette chose en tant que chose identifiable, c’est à dire ce qui permet, en tous temps, que cette chose soit là sans y être.

Exemple la Famille, c’est un concept, la famille j’en peut concevoir l’existence, me pencher sur son histoire son évolution de la horde à celle de l’âge classique, elle est une chose comme « objet » d’étude mais « ma » famille n’est pas celle-ci….ma famille est ce qui perdure et ce qui existe dans ma temporalité.


Cette dimension, de tous temps, du hors-temps, est bien présente dans la parole, dans les dimensions de la parole. Ce que Lacan ne peut que rapprocher de ce hors-temps dans lequel Freud fait durer l’inconscient (l’inconscient ne connaît pas le temps). Et là, Lacan marque une nuance pour sans doute préciser la pensée freudienne. Il nous dit c’est à la fois vrai et pas vrai !
S’il y a là du hors-temps dans l’inconscient, dit-il, c’est le même hors-temps que celui du concept ! Le concept est le temps de lui même et à ce titre il est reproductible, il peut entrer dans « une certaine modulation », c’est ce dont il s’agit dans l’automatisme de répétition et nous devons retrouver cela dans le temps de la cure…
De fait, la répétition des séances pour un temps indéfini à l’avance, provoque un hors-temps qui devient celui de la cure et qui permet de (re)nouer avec ce hors-temps de l’inconscient comme ce hors-temps de la parole.
Il ne s’agit donc pas tant, dans la cure, d’une régression temporelle qui permettrait de revivre on ne sait quel temps affectif ou affecté, il s’agit plutôt de se mettre dans ce hors-temps de tous temps, de se mettre entre parenthèse du temps, là où la parole actuelle, au même titre que l’ancienne parole, trouve la même valeur.
La même valeur au sens d’être reconnue comme valeureuse, comme de valeur…ou d’être sans valeur, en tant que parole. Et Lacan insiste ici sur la conception qu’il a amené peu avant, en 53, lors de son « discours de Rome », de la parole pleine ou vide.
A cet endroit de ce temps suspendu, le dernier mot, le dernier sens de la parole, ne serait pas autre chose que ce rapport existentiel de l’homme suspendu devant l’objet de son désir, et tellement suspendu que toutes paroles risquent bien de rester là en suspension dans cette situation essentiellement imaginaire.
Le renvoi possible, à partir de là, ne pourra plus se faire que vers l’acte de parole lui-même : C’est à dire prendre acte de cette parole, en tant que la parole est un acte qui porte à conséquence dès lors qu’elle est prononcée entre deux personnes qui la reconnaisse comme telle. C’est de cela qu’il s’agit dans l’analyse du transfert : de la valeur de la parole énoncée, prononcée et entendue entre deux êtres liés par un pacte symbolique. Et, nous voyons bien qu’ici Lacan est en rupture complète avec une bonne partie de ses collègues analystes, en sortant d’une conception purement imaginaire de l’analyse.
Et, c’est bien parce qu’il a clairement conscience de la radicalité et de l’amplitude de cette rupture qu’il souligne, une fois de plus, son « retour à Freud » : Il nous rappelle qu’il est bien là dans la perspective de « commenter les textes de Freud. Et qu’il n’est quand même pas inopportun de faire remarquer que cette interprétation est strictement orthodoxe… ».
Pour preuve, il nous resitue l’origine de l’emploi du terme de transfert chez Freud. Et ce terme apparaît dans la Traumdeutung, au chapitre VII, où il est question de l’accomplissement des désirs dans le rêve.
Dans ce chapitre, pour Lacan, Freud montre comment la parole dans le rêve (à savoir la transmission du désir), utilise n’importe quoi pourvu que cela soit « organisé en système symbolique » et c’est d’ailleurs pour cette raison que le rêve , comme l’écriture hiéroglyphique , resta si longtemps indéchiffrable ; aussi longtemps qu’on n’a pas considéré chaque élément du rêve à la manière d’un phonème dans une structure langagière.

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Paroles discours

C’est quand on parle que tout s’ordonne. Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir. (R. Char)

Parole paroles, un ordre symbolique, qui instaure une réalité dans la réalité.C’est la parole de nos paroles qui traduit nos émotions notre intériorité donc notre réalité interne ,une dialectique aux confins des limites entre les deux autres ordres : le réel et l’imaginaire,ces deux là s’ordonnant aux limites de l’ordre symbolique… l’analyse du transfert : c’est la valeur de la parole énoncée, prononcée et entendue entre deux êtres liés par un pacte symbolique.

L’acte de parler est acte de situer…acte de sens un acte qui contient et qui instaure.

Un acte qui résout certains problèmes et qui en dissimule bien d’autres.

Acte de traduction ou de recherche de « la vérité » et si cela est possible c’est bien parce que la parole est aussi (sinon avant tout) un acte de « mensonges » de travestissement de la vérité. Acte d’échange entre deux personnes (on parle toujours à quelqu’un, fut il soi même..) et non acte de recherche ou d’édification de la « vérité ».

Il ne faut pas commettre l’erreur d’interpréter la parole selon le registre de l’imaginaire puisqu’elle ne serait être autre que symbolique…C’est la confusion des registres qui occasionne l’échec de toute relation thérapeutique.

Par la parole  on « dit » et « on veut dire » si il y a volonté c’est que par cet acte il y a volonté de donc effort pour s’approcher de acte de glissement de « a à b » d’un état à un autre.

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« civilisation occidentale »

 

Il s’agit d’une forme de monde créé sur l’idée de la sortie de l’ère du passéisme. La primauté du passé a été rompue ; l’humanité occidentale a inventé une forme de vie in-ouïe fondée par l’anticipation de l’avenir. Cela signifie que nous vivons dans un monde qui se « futurise » de plus en plus.

Je crois donc que le sens profond de notre « être-dans-le-monde » réside dans le futurisme, qu’il est le trait fondamental de notre façon d’exister. L’avenir crédible, un futur à crédit…

 La « crise de civilisation » réside en ceci: nous sommes entrés dans une époque où la capacité du crédit d’ouvrir un avenir tenable est de plus en plus bloquée, parce qu’aujourd’hui on prend des crédits pour rembourser d’autres crédits et cela n’est pas crédible….

 Autrement dit, le « créditisme » est entré dans une crise finale. On a accumulé tant de dettes que la promesse du remboursement sur laquelle repose le sérieux de la construction du monde ne peut pas être tenue. Demandez à un Américain comment il envisage le remboursement des dettes accumulées par le gouvernement fédéral. Sa réponse sera sûrement: « personne ne le sait », et je crois que ce non-savoir est le noyau dur de notre crise.

  Dans mon jargon psychanalytique, c’est un désaveu fétichiste: « Je sais bien que c’est impossible, mais quand même, je vais essayer… »

 L’idée de collectif est également touchée par la crise. Comment, à l’heure de l’individualisme débridé, redonner sens au « commun »?

  Même si nous devons rejeter le communautarisme naïf, l’homogénéisation des cultures, tout comme ce multiculturalisme qui est devenu l’idéologie du nouvel esprit du capitalisme, nous devons faire dialoguer les civilisations et les individus singuliers. Au niveau des particuliers, il faut une nouvelle logique de la discrétion, de la distance, voire de l’ignorance. Alors que la promiscuité est devenue totale, c’est une nécessité vitale, un point crucial.

 Au niveau collectif, il faut en effet inventer une autre façon d’articuler le commun. Or le multiculturalisme est une fausse réponse au problème, d’une part parce qu’il est une sorte de racisme désavoué, qui respecte l’identité de l’autre mais l’enferme dans son particularisme.

Le problème du 21 siècle est celui de la coexistence au sein d’une « humanité » devenue une réalité physique.

Il ne s’agit plus de « l’universalisme abstrait » des Lumières, mais de l’universalité réelle d’un collectif tentaculaire  qui commence à être une communauté de circulation réelle avec des chances de rencontres permanentes et des chances de collisions élargies.

 

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You’re only as young as the last time you changed your mind.

La prise en charge du patient addict

Elargir son champ d’investigation, développer la compréhension, améliorer la pratique.

Repérer la répétition des conduites de dépendance, qui sont souvent « switchée » par l’usage d’un ou de produits…

L’addiction est une psychopathologie complexe, la prise encharge se fait en regard de théorie(s), un choix est fait qui détermine la pratique.

La théorie qui soutien ma pratique est psychanalytique mais je veille toujours à rester ouvert à d’autres éclairages.

Attachement, focus sur l’estime de soi, manière d’être à soi et au monde, façonnée par l’ontogenèse dans un système de communication intrafamilial mais aussi acquise construite sur le mode de l’apprentissage au cours des premiers mois et au long de la vie.

Cet exemple sert à montrer la nécessité de l’approche multimodale.

La thérapie trouve dans les théories mais aussi dans nos capacités à les choisir et à les lire ses racines et ses références, pas pour faire « classe » mais pour déterminer ses objectifs et construire sa méthode.

La thérapie est un travail pas une recette de « cuisine » à suivre avec scrupule et orthodoxie…

Depuis que je travaille au quotidien labourant les profondeurs de l’âme humaine j’ai vu trop de ces « thérapeutes » qui se contentent d’appliquer un modèle théorique et forcer à grand renfort de mauvaise foi leur système à être opérant ces mêmes attribuant l’échec aux résistances des patients….

La légitimité du thérapeute ne réside pas dans sa formation théorique mais dans sa capacité à interroger ses savoirs,le savoir est un outil il faut apprendre à s’en servir et parfois à en changer.

Mais l’interrogation est double la pratique doit elle aussi faire l’objet des mêmes interrogations pour s’en trouver améliorée ,c’est la place et le rôle du « psy » au sein d’une équipe que de faire ce rappel à « la loi thérapeutique ».

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Retour sur un echec de GCSMS

Les valeurs du Réseau Oté!:

Utiliser la théorie sans a priori et sans dogmatisme.

Interroger nos pratiques dans le but de les améliorer cela évite les rigidités.

Nos savoirs sont nos bases sécures.

Nos explorations sont nos besoins.

Connaître plus nous préserve de la rigidification de nos modes de penser.

Ces valeurs ne sont pas celles de nos ex com pagnons

La RDR au Réseau Oté !

Pour être réellement efficace la rdr doit prendre en compte la dimension de l’exposition au risque lié à l’usage de drogues dans sa complexité.

 Les groupes de consommateurs et leurs contextes de consommation approchés par les personnels du Réseau oté ! soignant ou intervenants en addictologie comportent une vulnérabilité spécifique face à l’exposition aux risques : jeunes adolescents, femmes, sdf,une population qui par ses caractéristiques ne se tourne pas vers le sanitaire pour se soigner mais qui depuis des lustres investissent la « rue » comme centre de ressources et de remédiation.

 De manière générale les usagers de drogues en situation de précarité rencontrent de difficultés pour réaliser leurs pratiques d’usage dans des conditions satisfaisantes.

 Les limites du modèle sanitaire et médicalisé sont bien connues et depuis dix ans le Réseau oté ! ville hôpital 974 dépasse cette vision en prenant en compte le contexte d’existence des usagers de drogues réunionnais : nous sommes passés d’une vision intégrationniste à une vision gradualiste  de la RDR.

 

Eviter le pire éviter le passage à l’usage des drogues les plus dures en favorisant des modalités d’usage à moindre risque c’est ce que notre équipe envisage de manière conjointe et non en opposition.

Le fléau « local » est constitué de l’usage détourné de Rivotril ,d’Artane, de Rohypnol, de Subutex consommé(s) en association avec alcool et zamal (thc) dans la majorité des cas.

 Il est nécessaire de pouvoir intervenir précocement dans les trajectoires au moment de l’initiation et de pouvoir agir sur le contexte social de l’usage, c’est pour cela que le CAARUD est un outil d’étayage pour le soin offert à cette population.

Le Réseau Oté ! est la seule association sur le territoire de la Réunion à disposer de ces deux établissements.

Les synergies qui en découlent ET les  interventions conjointes sont envisagées dans ce cadre précis :

 

-Intervention précoce

-Amélioration du niveau de compétences des usagers face aux risques d’usage des produits consommés

- Leur permettre de pouvoir renoncer à certaines pratiques en favorisant des consommations à moindre risque

-Concilier prévention des usages et réduction des risques.

 La situation des adolescents des femmes des précaires pointe l’urgence d’aller au-delà d’une approche sanitaire médicalisée neutre de la réduction des risques et la nécessité de prendre en compte les conditions d’existence des usagers.

 Les facteurs déterminants la prise de risque sont complexes, il faut aller au-delà des simples messages de prévention visant à informer les usagers sur la nature des produits consommés, il faut dépasser la mise à disposition de matériels de réduction des risques, ce que vise le Réseau oté en plus de cela c’est d’aller vers ces populations c’est d’intégrer  une politique de modifications structurelles relatives aux rapports sociaux entre les usagers et à leurs conditions d’existence…

Le réseau partenarial étendu du Réseau Oté ! constitue cet axe visant le changement structurel lié au contexte de vie des usagers que nous accompagnons.

Si nous avons mobilisé notre « réseau » partenaire c’est pour bien monter qu’il est une construction volontaire intégré depuis les débuts de notre action non pas comme une somme d’alliers mais comme autant d’acteurs mobilisés dans la Réduction Des Risques.

 La dimension du changement social est pour les membres d’Oté ! une piste  de la réduction des risques…

 Ainsi l’autonomisation l’accès aux droits sociaux, la reprise d’études de formation, la prise en charge des conséquences psychologiques des rapports violents dans les couples, etc. sont des leviers de la prévention.

Les interventions proposées à notre file active visent à favoriser la prise en compte des facteurs psycho sociaux à améliorer l’estime de soi, nous cherchons à collaborer avec tous ceux qui visent une réduction des inégalités sociales de santé, de prise en compte des rapports sociaux de sexe et d’accès à l’autonomisation sociale condition siné quanon pour que la politique de réduction des risques soit efficace.

 Une des limites des stratégies de RDR est liée au fait que cette politique s’intègre plus globalement dans une vision néolibérale de l’individu qui valoriserait ses compétences et qui lui attribuerait SA responsabilité dans la prise de risque sans prendre en compte la dimension sociale,politique, légale et économique dans lesquels s’enracinent les comportements des individus.

 Pour le Réseau Oté ! la responsabilité n’est pas uniquement celle de l’individu c’est pour cela que la prise en charge proposée allie suivi individuel « sur mesure » et travail partenarial pour lutter  contre les inégalités sociales de santé et amélioration des conditions et de qualité de vie des usagers.

 

C’est pour cela que nous nous sommes engagés il y a plus de dix ans maintenant dans une action portant aussi vers une dimension structurelle du risque en refusant de nous contenter à une simple mise à disposition de matériels et d’outils de RDR.

 Aujourd’hui nous sommes inquiets de l’évolution qu’a pris le soin des usagers de drogues, nous avons le sentiment que de positionner l’alcoologie par l’intermédiaire de l’ANPAA comme unique opérateur médico-social est un appauvrissement voire un retour en arrière.

Oui nous sommes différents et nous pensions que l’enrichissement proviendrait de notre rapprochement, la main mise sur les CSAPA par cet opérateur et son refus d’échange et de concertation ne profitera pas aux patients.

La proximité « l’aller vers » et la RDR affirmés par la MILDT et le législateur ne se trouvent pas dans l’action de terrain de nos collègues.

L’autorisation d’exercice et son accréditation pour respecter ces directives devraient comme préalable être soutenu par la proximité effective des différents acteurs de terrain ,une disposition à aller vers des pratiques nouvelles à échanger à se rapprocher à reconnaître les compétences des « autres »  et à avoir une culture de la Réduction des Risques.

Les manifestations du Contre Transfert


                  

   « faites pas sied… »

des sens au Sens

 

 

Quelqu’un vous « dégoûte » vous sied pas…. Regard sur les manifestations contre transférentielles hors cas de perversions ou de psychopathies.

Le Contre Transfert est un éprouvé, pour peu que l’on y fasse ou porte attention , il parle, il cause.

Cet éprouvé prend la place d’une élaboration qui aurait dû advenir et qui ne venant pas se traduit par un éprouvé que je ressens au fond de moi.Il arrive lorsque le thérapeute  n’est pas conscient de se laisser envahir par l’identification projective de son patient.

On voit mal comment le clinicien  par définition banal être humain  serait coupé de ses ressentis physiques, voire privé de son expression somatique, laquelle n’est autre qu’un mode d’expression et de régulation parmi bien d’autres

Les manifestations seraient révélatrices d’un contre-transfert singulier face à ces patients et à leurs difficultés surtout. En effet, corrélative de ces éprouvés corporels, la capacité de penser du thérapeute serait altérée, mise à mal du fait de la problématique psychique carencée ou déficitaire des patients en question.

La rencontre thérapeutique est rencontre intersubjective.

Si la thérapie est rencontre d’inconscient à inconscient, elle est aussi « rencontre de corps à corps dans le registre de l’agir expressif.

Certains patients aiment a nous rendre « fou » leur discours tend a nous perdre ou a nous choquer parfois ils le disent « tu dois pas comprendre hein ? » ou «  tu vois je suis mal » et il cherche a ce que nous le soyons aussi

Les tendances tant masochiques qu’hypocondriaques constituent assurément des repères organisateurs. Que cache cette peau de douleurs ?

Le mal-être tant psychique que somatique n’est-il pas la forme que prend chez ces sujets leur besoin vital de l’objet primaire, besoin de le conserver (voire de le trouver…)? Le corps de douleurs semble bien constituer en effet la manière préférentielle qu’à un tel patient de s’assurer de la présence indéfectible de l’objet, il est même la preuve intangible du lien à l’objet primordial et surtout de la pérennité de ce lien, gage de la survie….

Le contre transfert serait donc une création du sujet qui l’aiderait a supporter ou à expérimenter une relation à l’autre, besoin de réactiver l’objet primaire celui qui a provoqué les carences pour lesquelles le sujet se présente aujourd’hui… comme si il disait « je préfère un mauvais objet qui me fait vivre, même dans l’aliénation et la souffrance, qu’une absence complète d’objet qui me conduirait à la mort ».Les manifestations du contre transfert n ont d’égales que le dégoût de l’alcool pour l’alcoolique.

Il faut dans le travail faire un travail de liaison entre les expériences et les éprouvés douloureux. Les patients vont provoquer une expérience  pour revivre l’éprouvé « espéré », attendu ,connu…Le contre transfert c’est leur transfert à eux…il n’est pas contre nous si nous décidons d’y voir ce qu’il symbolise. On ne peut, en effet, manquer de faire des rapprochements entre ce qui « m’ »arrive psychosomatiquement à ce moment de la thérapie et du déploiement transférentiel alors en jeu dans la chaîne des entretiens.Abandonné par mon corps ou mon esprit ou cet autre moi-même qui ni ne juge ni ne rejette en somme, j’imagine abandonner ou laisser tomber ce patient en pensant ce que le contre transfert me fait penser…aurais-je donc été identifiée à l’objet défaillant, absent, abandonnant, collusionné à lui?

C’est parce que le patient identifie un quelque chose en nous qu’il opère le contre transfert, par sa réaction à la thérapie il dit quelque chose de lui et de ses propres rapports à l’objet. Selon la conception déficitaire le corps prend le relais de l’appareil mental quand celui-ci se trouve débordé.

En effet, quels sens un épisode peut-il revêtir pour le patient du point de vue de sa psyché, en regard de sa psychogenèse?

Ne peut-on voir dans cet « éprouvé » qui s’empare du psy, aussi fugace a-t-il été, la reproduction dans la relation thérapeutique d’un scénario relationnel jadis éprouvé dans la relation parent-enfant, à savoir que son parent ou ses parents « perdit la tête », ou « perdit pied » Autrement dit, la survenue de cette sensation de cet  « éprouvé « correspondrait à l’actualisation transférentielle d’un des fantasmes crucial dans l’économie subjective de ce sujet celui selon lequel il serait porteur de la perte de raison (ou perte d’équilibre) de sa mère, ou son père fantasme selon lequel sa présence, sa venue au monde auraient entraîné l’effondrement psychopathologique.

En créant la peur, le dégoût ,l’abandon, la folie, la perte de sens, l’émoi sexuel, chez le psy le patient revit sent à nouveau ce qu’il a jadis senti dans une expérience traumatisante…c’est donc bien du transfert que ce contre transfert là. on peut évoquer une « contre-identification projective », défaillance du contre-transfert qui apparaît lorsque l’analyste n’est pas conscient de se laisser envahir par l’identification projective de son patient. C’est-à-dire que l’analyste devient, à son insu, ce que le patient désire inconsciemment qu’il soit.

Quinodoz écrit que «si nous désirons comprendre nos patients, même les plus perturbés, nous devons être prêts à nous exposer nous-mêmes à faire des expériences contre transférentielles troublantes et inconfortables ». Comme dit Mijola le clinicien est « visité » par le Moi du patient et de ses identifications à l’objet primaire …

Dans le transfert, le patient a donc besoin tout à la fois d’être activement témoin, d’une part, que son existence propre n’est pas déstructurante ou mortifère pour l’autre , autrement dit que l’objet peut survivre à sa destructivité , et d’autre part, qu’il existe bel et bien pour lui, sous ses yeux, un objet (de type maternel ou partenel) fiable.

Contre transfert vulnérabilité ? fatigue ? in compétences ?

Pourtant, l’expression corporelle du clinicien, en séance qui plus est, serait-elle toujours et inéluctablement le signe d’un contre-transfert mal métabolisé, constituant de ce fait un véritable agir survenant là où aurait normalement du advenir un processus psychique, une représentation ou une élaboration mentale?

Le CT  et sa traduction ou inscription dans le soma traduit l’existence entre  le psy et son patient d’un mouvement de type identificatoire ancré dans le corps et ayant valeur de traumatisme (ré)organisateur pour le patient.

 

Juste un mot sur l’affaire Dominique Strauss-Kahn.

 S’agit-il d’une simple affaire de mœurs ou bien du symptôme d’un malaise plus important?

 Indéniablement, il s’agit d’une affaire planétaire qui dépasse le simple fait divers. DSK  est peut-être innocent. Mais cette histoire révèle que le pouvoir exorbitant détenu par un individu peut créer une sorte de religion des puissants que je qualifierais de panthéisme sexuel. Nous croyions en avoir terminé avec les rois soleil. Mais, curieusement, le XXIe siècle multiplie ces hommes de pouvoir qui s’imaginent que tous les objets de leur désir peuvent être pénétrés par leur rayonnement.

C’est cela, qui résumerait la véritable perversion morale de notre temps.

 

 

 

 

Sevrage « co-naissance » 2

Le sevrage fixe dans le psychisme la relation du nourrissage, sous le mode parasitaire qu’exigent les besoins des premiers âges de l’homme ,il a plus a voir avec un complexe qu’avec un instinct cf en ethnologie les differentes coutumes et us sur les méthodes les ages etc..

 Il représente la forme primordiale de l’imago maternelle.

Partant, il fonde les sentiments les plus archaïques et les plus stables qui unissent l’individu à la famille. Nous touchons ici au complexe le plus primitif du développement psychique, à celui qui se compose avec tous les complexes ultérieurs ; il n’est que plus frappant de le voir entièrement dominé par des facteurs culturels et ainsi, dès ce stade primitif, radicalement différent de l’instinct.

Le sevrage en tant qu’ablactation. – Il s’en rapproche pourtant par deux caractères : le complexe du sevrage, d’une part, se produit avec des traits si généraux dans toute l’étendue de l’espèce qu’on peut le tenir pour générique ;

 Il représente dans le psychisme une fonction biologique, exercée par un appareil anatomiquement différencié : la lactation.

 Aussi comprend-on qu’on ait voulu rapporter à un instinct, même chez l’homme, les comportements fondamentaux, qui lient la mère à l’enfant.

Mais c’est négliger un caractère essentiel de l’instinct : sa régulation physiologique manifeste dans le fait que l’instinct maternel cesse d’agir chez l’animal quand la fin du nourrissage est accomplie.
Chez l’homme, au contraire, c’est une régulation( qui apparaît comme dominante) culturelle qui conditionne le sevrage.

 En fait, le sevrage, par l’une quelconque des contingences opératoires qu’il comporte, est souvent un traumatisme psychique dont les effets individuels, anorexies dites mentales, toxicomanies, névroses gastriques, révèlent leurs causes à la psychanalyse.

Le sevrage, crise du psychisme. – Traumatisant ou non, le sevrage laisse dans le psychisme humain la trace permanente de la relation biologique qu’il interrompt.

 Cette crise vitale se double en effet d’une crise du psychisme, la première sans doute dont la solution ait une structure dialectique.

Pour la première fois, semble-t-il, une tension vitale se résout en intention mentale.

Par cette intention, le sevrage est accepté ou refusé ;

l’intention ne peut pas même être attribuée à un moi encore à l’état de rudiments ; l’acceptation ou le refus ne peuvent être conçus comme un choix, puisqu’en l’absence d’un moi qui affirme ou nie ils ne sont pas contradictoires ;

Pôles coexistants et contraires, ils déterminent une attitude ambivalente par essence, quoique l’un d’eux y prévale.

Cette ambivalence primordiale, lors des crises qui assurent la suite du développement, se résoudra en différenciations psychiques d’un niveau dialectique de plus en plus élevé et d’une irréversibilité croissante.

La prévalence originelle y changera plusieurs fois de sens et pourra de ce fait y subir des destinées très diverses ;

Elle s’y retrouvera pourtant et dans le temps et dans le ton, à elle propres, qu’elle imposera et à ces crises et aux catégories nouvelles dont chacune dotera le vécu.

C’est le refus du sevrage qui fonde le positif du complexe, à savoir l’imago de la relation nourricière qu’il tend à rétablir.

 

 Cette imago est donnée dans son contenu par les sensations propres au premier âge, mais n’a de forme qu’à mesure qu’elles s’organisent mentalement.

 Or, ce stade étant antérieur à l’avènement de la forme de l’objet, il ne semble pas que ces contenus puissent se représenter dans la conscience. Ils s’y reproduisent pourtant dans les structures mentales qui modèlent, les expériences psychiques ultérieures.

Ils seront ré-évoqués par association à l’occasion de celles-ci, mais inséparables des contenus objectifs qu’ils auront informés.

Analysons ces contenus et ces formes.
L’étude du comportement de la prime enfance permet d’affirmer que les sensations extéro-, proprio- et intéroceptives ne sont pas encore, après le douzième mois, suffisamment coordonnées pour que soit achevée la reconnaissance du corps propre, ni corrélativement la notion de ce qui lui est extérieur.

Forme extéroceptive : la présence humaine.  Très tôt pourtant, certaines sensations extéroceptives s’isolent sporadiquement en unités de perception.

 Ces réactions électives permettent de concevoir chez l’enfant une certaine connaissance très précoce de la présence qui remplit la fonction maternelle, et le rôle de traumatisme causal, que dans certaines névroses et certains troubles du caractère, peut jouer une substitution de cette présence.

Cette connaissance est  très archaïque

 Le sevrage est lui une « co-naissance »qui  se distingue à peine de l’adaptation affective.

 Elle reste toute engagée dans la satisfaction des besoins propres au premier âge et dans l’ambivalence typique des relations mentales qui s’y ébauchent.

Cette satisfaction apparaît avec les signes de la plus grande plénitude dont puisse être comblé le désir humain, pour peu qu’on considère l’enfant attaché au sein.

Satisfaction proprioceptive : la fusion orale. Les sensations proprioceptives de la succion et de la préhension font évidemment la base de cette ambivalence du vécu, qui ressort de la situation même : l’être qui absorbe est tout absorbé et le complexe archaïque lui répond dans l’embrassement maternel.

 

Nous ne parlerons pas ici avec FREUD

-d’auto-érotisme, puisque le moi n’est pas constitué,

-ni de narcissisme, puisqu’il n’y a pas d’image du moi ;

-bien moins encore d’érotisme oral, puisque la nostalgie du sein nourricier ne relève du complexe du sevrage qu’à travers son remaniement par le complexe d’Œdipe.

 « Cannibalisme », mais cannibalisme fusionnel,  la fois actif et passif, toujours survivant dans les jeux et mots symboliques, qui, dans l’amour le plus évolué, rappellent le désir de la larve…

Les malaises primordiaux  des premiers ages ont tous la même cause : une insuffisante adaptation à la rupture des conditions d’ambiance et de nutrition qui font l’équilibre parasitaire de la vie intra-utérine.

Sous les fantasmes du rêve comme sous les obsessions de la veille se dessinent avec une impressionnante précision les images de l’habitat intra-utérin et du seuil anatomique de la vie extra-utérine.

Le sevrage par sa fonction trauma renvoit a cette ambivalence à cette quête d’un bonheur perdu ou à l’acceptation de conditions contextuelles introduisant biologie et culture….

Réflexions cliniques et hypothèses thérapeutiques sur la réactivité émotionnelle

 

La consommation de substances psycho actives est liée de plus en plus à des manifestations cliniques d’ordre émotionnel.

 Quel pourrait être le « fonctionnement » psychique émotionnel des sujets de l’addiction ? (sujet à risque de dépendance)

 Y a t-il présence ou non d’un trouble lié  à la consommation.

J’observe dans la pratique auprès des  patients un fonctionnement émotionnel marqué de l’empreinte de l’ anxiété de la dépression,de  l’activation émotionnelle, de la réactivité émotionnelle et l’alexithymie.

 Quel est le rôle des dispositions émotionnelles chez nos patients ?

 

Une disposition, un fonctionnement, en fonction d’une situation vécue et la manière d’y faire face nous pourrions définir une dynamique à l’œuvre….

Aider un patient à identifier une émotion apparaît prévalente dans cette dynamique en tant que mode de traitement des émotions centrales et de la régulation interne des éprouvés.

 Les pratiques addictives s’inscrivent dans des patterns comportementaux alliant consommation et/ou pratiques addictives et prises de risque.

Conjuguer les deux est un facteur indiquant la manifestation d’une détresse émotionnelle.

La problématique dépressive symptomatologie complexe semble favoriser l’engagement dans des conduites à risque et dans des conduites d’abus…

Le recours aux produits psycho actifs permettrait aux adolescents et jeunes adultes de faire baisser leur niveau d’anxiété et de détresse.

 Donc :- une part liée à des dispositions émotionnelles : en lien avec l’ontogenèse.

-et établir le lien entre la conduite et un processus de régulation subjective.

L’affectivité c’est la propension d’un sujet à expérimenter les affects positifs ou négatifs (Watson)

Comment un sujet va rester le même , continuum, en réaction aux affects +/- et leur intensité et aux situations….

La réponse du sujet à cette dialectique ouvre les voies de la psychopathologie : dépression anxiété , vulnérabilité.

 Affectivité négative et symptôme thymique

Affectivité négative et conduites à risque

Affectivité négative et conduites addictives.

 

Lire la suite de ‘Réflexions cliniques et hypothèses thérapeutiques sur la réactivité émotionnelle’ »

Le sevrage une « co-naissance »


Eric je te réponds

Re situer : Instinct : la biologie la fixité en regard d’une espèce, connaturalité de l’organisme à l’espèce et parfois énigme…

                 Complexe : culture, proteisme des manifestations , stagnation dans le complexe et rigidité dans l’instinct, pour l’etude de la vie psychique les complexes ont un rôle d’organisateur pour le développement, le sujet affirme un complexe comme une réalité objective :le complexe lie sous forme fixée un ensemble de réactions  des fonctions organiques :émotions réalité de contexte et d’ambiance, conduite adaptée à l’objet….

Le complexe re-produit une certaine réalité de l’ambiance, sa forme représente cette réalité.

Son activité répète dans le vécu cette réalité ainsi fixée.

CQFD le complexe est dominé par le culturel dans son contenu représentatif d’un objet, dans sa forme liée à une étape vécue et enfin dans sa manifestation de carence objective à l’égard d’une situation actuelle.

Triple aspect donc : 1 relation de connaissance , 2  forme d’organisation affective , 3 épreuve au choc du réel.

A part cela on peut débattre  face à la fixité de l’instinct l’ordre humain réagit par la multiplicité (subversive parfois) des variation de la culture….

Alors notre sevrage celui de l’infans et l’autre…

Tout sevrage de n’importe quoi ré-active le complexe : figurabilité de comment va-t-il se re présenter cette nouvelle experience.

Le complexe lie…

Le sevrage est la source du désir et de la mort

Le sujet en questionnement de sevrage affirme un complexe comme une réalité objective il pourra se sevrer « de » en fonction de la tension « vitale » en lui conservée qu’il va transformer en intention « mentale » :

Tension….Consommation , ou Tension ….. »ablactation »

Et là pas de raison puis’qu’à l’âge du sevrage point de moi pour faire un choix…alors peut on choisir, accepter, refuser un sevrage et si oui sur quelle base ? peut être celle de l’imago en temps que cause d’effet non dirigée par la conscience.

Le sevrage laisse la trace d’une relation perdue.

Vivre sevré c’est accepter cette perte refuser le sevrage c’est tenter d’annuler cette perte ou ne pouvoir s’y résoudre .Je te pose la question peux tu contraindre un sujet a se sevrer ? comment lui faire accepter cette situation sans résoudre la question de la liquidation du trauma ?

Taguid li bvakacha ?

Je continuerais plus tard pris que je suis dans un imbroglio au sujet d’un groupement impossible pas l’anpa(h)aine d’en parler

D-ieu donc

D-ieu  :

1. On en parle. Ce que font les théologiens et l’Église. Freud et Lacan en parlent aussi mais ils n’entrent pas vraiment dans la distinction entre l’Église et la religion.

2.  On peut le faire parler. Ce que font Moïse au Sinaï, Lacan à Rome pour sa Troisième, mais pas Freud.

3. On peut enfin lui parler. Comme Schreiber ou les mystiques. Mais ni Freud ni Lacan ne l’ont fait.


Je vais vous en parler, le faire parler et lui parler. Après quoi, il vous sera loisible de vous « a »thêe pour conclure s’il ek-siste ou pas.

D-ieu, si je dis que j’y crois, on va me mettre à l’épreuve de démontrer son existence.

D- ieu donne 3 réponses à nos prières à savoir :
1- Oui

2- Pas tout de suite

3- J’ai quelque chose de mieux pour toi

Si je dis que je n’y crois pas, on dira que c’est une dénégation, mais ça suffira pour preuve de son existence pour moi. On ne me demandera pas de le démontrer.

Y croire ou pas, c’est donc du pareil au même, même si entre les deux il y a la place pour une petite différence.

Cette différence, dans la perspective de la tradition judéo-chrétienne , car pour les dieux des autres religions je suis incompétent, cette différence, vous aller la saisir tout de suite :

On distingue  la différence entre la croyance et la foi.

Lire la suite de ‘D-ieu donc’ »

Symptôme, sinthome :

 

Lacan a défini le symptôme de plusieurs façons : comme une métaphore, comme « ce qui vient du réel », comme « ce qui ne va pas », et, à la fin de son enseignement, comme un fait de structure dont la nécessité doit être interrogée.Savoir y faire avec son symptôme plutôt que d’en jouir…

A partir de 1953, Lacan fait valoir que le symptôme analytique  est soutenu par une structure de langage, par des signifiants et par des lettres qui en sont les éléments matériels.

  le symptôme névrotique est l’équivalent d’une parole enclose à entendre et à déchiffrer. il y voit à l’œuvre le mécanisme de la métaphore : la substitution du signifiant d’un trauma sexuel à un élément d’une chaîne signifiante actuelle fixe le symptôme et produit son sens . Interpréter le sens ne peut donc suffire, c’est en faisant valoir l’articulation des signifiants pris dans le symptôme, en eux-mêmes insensés, que l’interprétation opère .

A partir de 1974, avec le nœud borroméen à trois ronds, il envisage les rapports du symptôme avec R, S et I (Réel, Symbolique, Imaginaire). Le symptôme est « ce qui vient du Réel », marginal dans l’Imaginaire, il se déploie dans le Symbolique . Il est ce qui ne va pas, ce qui fait parler en quête de sens .

Avec le nœud à quatre ronds c’est la fonction du symptôme qui est précisée. Freud a montré que la formation du symptôme est déterminée par la réalité psychique, laquelle est organisée par le complexe d’Œdipe ; cette réalité, Lacan la dit religieuse parce que fondée sur la croyance que le Père est le castrateur, alors que ce sont les lois du langage qui imposent de renoncer à être et à avoir le phallus.

 Le symptôme apparaît alors comme ce qui maintient avec le Père un lien qui soutient l’identification et la jouissance sexuelle : le rond du symptôme, dit aussi « rond du Nom-du-Père », permet de nouer R, S et I . 

 La question ouverte et non résolue étant alors celle d’un sujet qui ne prendrait pas appui sur son symptôme (ce que présente le nœud à trois .

Lire la suite de ‘Symptôme, sinthome :’ »

Ataturk

Comme chaque 10 novembre depuis 72 ans, à 9h05, le son des sirènes va retentir du nord au sud et de l’est à l’ouest de la Turquie; pendant deux minutes de silence, le pays s’immobilisera: figés sur place en mémoire du général Mustafa Kemal, autrement nommé Ataturk, le «père des Turcs», mort d’une cirrhose du foie le 10 novembre 1938 à 9h05.

 Les «six flèches d’Ataturk»: républicanisme, populisme, laïcisme, révolutionnarisme, nationalisme et étatisme. «De toutes les gloires, Ataturk a atteint la plus grande, celle du renouveau national», peut-on lire dans le livre d’or du mausolée. La phrase est signée d’un autre général, de Gaulle.

La pensée du fondateur de la république turque est toujours inscrite dans la Constitution et l’atteinte à sa mémoire est punie par l’article 301 du code pénal.

velev ki siyasi simge, yasaklayabilir misiniz ?» (Et même si c’est un emblème politique, pourriez-vous l’interdire ?).

Objet transitionnel et addiction.

Manque insurmontable….ne pas perdre ce qui doit être perdu.

L’objet transitionnel est une chose en soi un Xoanon

Deuil de l’objet et l’horreur de l’acte. 

 L’addiction marquerait un « raté » de la symbolisation de cet objet.

Faut il rappeler que toute perte d’objet est un gain pour l’appareil psychique ?

Le risque est grand pour celui qui ne peut supporter la perte : pas d’accès au symbolique.

Le « raté » serait la fétichisation de la représentation qui est liée à l’objet transitionnel (perception/sensation)

L’objet interne doit être suffisamment bon pour que l’objet transitionnel soit efficient ,si il est perçu comme carenciel ,persécuteur,inadéquat,l’objet transitionnel qui lui sera lié se trouvera dépourvu de toute signification…

L’attachement à un objet transitionnel pour dénier la perte ou par crainte que cet objet perde son sens….devient alors la solution.

Xoanon de xéo gratter, idole archaïque, qui comme telle n’est pas faite pour être vue mais elle montre et révèle ce qui est caché  ou maintenu secret…

 L’objet transitionnel de Winnicott, cet objet situé comme imaginaire par Lacan, ne s’y réduit pas, car s’est un élément tiers entre la mère et l’enfant, il fait partie du corps de l’enfant et en même temps s’en détache, c’est le premier objet de jouissance qui n’est pas le sein – objet qui n’est pas à demeure mais à portée, il n’est ni réel, ni illusoire.

 

Faites vous-même le rapprochement avec ce qui nous importe : la place du « produit », fétichisation de l’objet transitionnel pour dénier une séparation ;objet qui n’est plus transitoire mais qui est au service d’un déni. Objet à portée, objet de jouissance…

( compulsion de répétition traumatique et mortifère.)

 Ce qu’indique cet attachement à l’objet transitionnel fétichique c’est l’impossible symbolisation une fixation aux aspects non vivants de l’aire transitionnelle,cela renvoi à une impossible et impensable séparation d’avec la mère.

C’est la mère qui engendre l’illusion dont naît l’objet transitionnel , illusion de coïncidence entre réalité intérieure et extérieure, illusion d’indépendance.

 L’objet transitionnel n’est pas l’objet perdu, il est fait pour être perdu.

 Il crée une aire intermédiaire, mais ce n’est pas le lieu de rencontre d’un manque irrémédiable auquel s’attache Lacan.

 

 S’il est la commémoration d’un manque à venir, la frustration telle que la théorise Winnicott ne rend pas compte du manque tel que le définit Lacan.

L’addicté ne pouvant concevoir  cette perte trouve dans l’objet de son addiction et l’utilisation qu’il en fait le moyen de conserver son rapport à l’objet transitionnel.

 L’objet addictif est un objet de survie ;comme l’a été pour un temps l’objet transitionnel pour l’enfant, une bouée pour traverser la mer de l’abscence.

 

Le manque de l’Autre n’est pas l’équivalent de la carence de l’environnement dont Winnicott fait la cheville ouvrière de sa clinique et de son éthique.

  Winnicott n’a pas de théorie du désir accompagnant le manque et par conséquence, il peut se passer de la notion de sujet de l’inconscient.

 L’objet transitionnel n’est pas un objet partiel supplémentaire, ce n’est pas l’un des objets kleiniens, ni un fétiche.

Alors que pour Winnicott la mère est supposée se présenter à point nommé, pour Lacan, il y a une nécessaire discordance, pour que l’objet surgisse du décalage rencontré, que ce soit tout d’abord dans le registre de l’hallucination puis dans le manque d’objet créé du fait de son absence.

 Winnicott tente d’introduire un décalage en évoquant la « good enough mother », l’assez bonne mère.

 Si Lacan a trouvé l’objet « a » dans l’objet transitionnel, néanmoins l’objet « a » n’est pas l’objet transitionnel, il en est tout au plus une de ses incarnations.

Si Lacan a célébré l’objet transitionnel, il s’est trouvé en difficulté devant la notion de Self.

 A ce propos, Lacan pense que Winnicott a cherché à attraper quelque chose au-delà de l’ego, à savoir le sujet.

 Mais ce terme de totalité comprend le corps avec les processus de personnalisation et dépersonnalisation.

addiction et contexte

On ne peut dissocier la compréhension psychologique et psychiatrique des conduites addictives sans les re-situer dans le contexte psychogénétique et social qui leur sont le plus habituel :

- la puberté, l’adolescence et la maturité sexuelle. Après la puberté, la période d’adolescence pour l’occidental ,se prolonge bien au-delà de cette puberté. Il revient au psychanalyste d’insister sur le fait que, du point de vue de la continuité de la vie psychique, la puberté, moment de transformation des formes du corps, fait violence et traumatisme à l’enfant prépubère en lui imposant le travail de pensée de cette transformation. Comme le remarque M. Reynaud dans L’amour est une drogue douce “l’adolescence [est la période de] réinitialisation du programme désirant”, devant refaire le chemin des “désir-plaisir-manque”… mais avec un autre, cette fois.

En termes d’économie psychanalytique, le traumatisme pubertaire se caractérise par ce flux d’excitation qui est excessif relativement à la tolérance du sujet et à sa capacité de maîtriser et d’élaborer psychiquement ses excitations

 - Ce qu’il faut ici comprendre c’est que le trauma, par essence violent, annihile l’ordre dynamique et topique du psychisme : il réalise un collapse, un infarctus psychique : on agit alors “faute de” penser.

 Et c’est bien ce devant quoi se retrouvent le pubère et l’adolescent : le corps et ses transformations empêchent véritablement de penser.

À la puberté, le réveil hormonal va  peser de toute sa force économique et dynamique sur les différents éléments pulsionnels et fantasmatiques : les fantasmes œdipiens prennent valeur “d’après-coup” tout à fait réalisables.L’objet de désir se superposant à l’objet primaire d’attachement (pour le garçon en tout cas), investir un autre objet sera inconsciemment vécu comme prendre le risque de perdre cet objet d’attachement primaire ou encore risquer de vivre une angoisse de castration due à la reviviscence des émois œdipiens que l’objet de désir procure.

Dès lors, la tentation de “court-circuiter” le désir, l’émotion et les sentiments par le recours à la sensation (Zuckerman) est alors grand pour éviter les conflits psychiques et les angoisses de castration et, en deçà, d’abandon ou de perte d’identité ;

- l’approche psychopathologique de cette violence particulière (auto-agressive mais masochiquement jouissive) de l’addiction ne peut se comprendre qu’en référence au fait que nous serions dans une culture d’écrasement symbolique, de “dé-symbolisation” et de consommation à tout prix dont les changements sont organisés de plus en plus par les seules forces économiques et leurs cycles à amplitude explosive, sans repères (re-pères) et filiations et dans laquelle les adolescents se trouvent “désaffiliés”, “désidentifiés” c’est-à-dire assez proches, structurellement, des états-limites et personnalités psychosomatiques ( comme le dit Pirlot,)  .

métapsychologie freudienne

Le concept d’addiction peut être compris à partir de la métapsychologie freudienne et au regard du corpus de la psychosomatique psychanalytique : il traduit un comportement agi qui témoigne, comme le PAC,  (processus auto calmant) d’un mode de gérance économique de dépassement de “seuils d’intensité affective” (J. Cournut)

  — propres à la puberté, l’adolescence et la maturité sexuelle — et ceci par la mise en “acte” et des “décharges” corporelles et somatiques de “tensions” psychiques et d’émotions vécues en excès (le fameux “je ne veux pas me prendre la tête” des ados).

L’esprit adonné au corps

La question du corps est en effet incluse dans l’étymologie du mot addiction. Ce mot signifiait en latin et ensuite en vieux français “se donner” ; il définissait ainsi une pratique de contrainte par corps infligée à des débiteurs (esclaves) ne parvenant pas à honorer autrement leurs dettes (la définition n’inclut donc pas la référence à la présence d’un objet).

Le terme latin ad-dicere, signifiait “dire à”, dire au sens de donner, d’attribuer quelqu’un à quelqu’un d’autre en esclavage (l’esclave était dictus ad, dit à tel maître). “L’emprise” corporelle sur le débiteur insolvable signifiait pour lui l’emprisonnement pour sa dette (ceci souligne déjà les liens, et particulièrement à l’adolescence et pour le garçon, entre la pulsion d’emprise et une dette impayable symboliquement à l’égard du père et de ceux qui incarnent sa fonction socialement).

Ces définitions précisées, il ne faut pas oublier que le terme d’addiction, provenant d’un vocabulaire juridique comme celui de forclusion, recouvre des phénomènes cliniques différents.

On peut en effet être addicté au jeu (Valeur, Matysiak) , aux aliments (l’anorexie-boulimie  ou à “l’absence d’aliment”, au suicide, aux achats pathologiques, à des toxiques (l’alcool , le tabac , haschich, héroïne, morphine, cocaïne), à des médicaments, à la sexualité , au travail, voire à la relation amoureuse et transférentielle (voire S. Freud, sur “l’addiction à l’hypnose” des hystériques, …

Le domaine d’application du concept d’addiction est donc large. Et si la difficulté de son emploi vient de ce qu’il peut apparaître comme ne répondant pas au souci de précision que l’on peut attendre d’une démarche taxinomique psychiatrique, sa pertinence, qui est de fournir un modèle d’interprétation à des pathologies dissemblables (boulimie, alcoolisme, toxicomanies, addiction sexuelle, mutilation, suicide, tabagisme) cela rejoint et s’intègre parfaitement au corpus métapsychologique de Freud qui, lui aussi, offre des concepts largement “transnosographiques” permettant de voir, au-delà de chaque pathologie, la genèse et les particularités du fonctionnement psychique du sujet.

La notion d’addiction implique une forme d’involution, d’aliénation, du désir vers le besoin (ce qui permet à l’adolescent de “court-circuiter” toute reviviscence de la problématique désirante œdipienne), de même qu’une perte de contrôle et la poursuite d’un comportement aux conséquences négatives, et il n’est pas inutile de rappeler que P. Aulagnier repéra dans l’hétérogénéité des pathologies addictives, une même souffrance compulsive accompagnant l’aliénation de l’activité de pensée et une relation passionnelle portant sur la drogue, le jeu ou le corps de l’autre.

Psychanalyse et addiction

 Le concept d’addiction dans l’histoire de la psychanalyse

Rendons à César ce qui appartient à Férenczi : le concept d’addiction vient des psychanalystes (Fenichel, Glover]). Couramment employé depuis son introduction en 1945 par O. Fenichel, puis en France par la psychanalyste J. McDougall qui en a introduit la première l’usage en 1978 à propos de “sexualité addictive”, puis J. Bergeret, le terme d’addiction, dans son acception actuelle, vient des pays anglo-saxons avec le modèle de Peele qui ne se réfère pourtant ni à la psychanalyse, ni à l’hypothèse d’un inconscient.

En fait de terme d’addiction fit officiellement son apparition en 1932, dans un article de Glover qui présenta l’addiction comme appartenant aux états-limites tout en l’employant dans un sens limitatif : une toxicomanie et une accoutumance à un produit.

Chez ces sujets “esclaves de la quantité”, la “résolution” des conflits ne se fait pas de manière symbolique ou psychique mais par et dans “l’économie” pulsionnelle et/ou excitationnelle du corps.

En ce sens on peut parler comme J. McDougall le fait “d’économie psychique de l’addiction”.

Rappelons encore qu’en 1924, Sandor Radö fit l’analogie entre orgasme pharmacogénique dans des cas de morphinomanies et “orgasme alimentaire” du nourrisson au sein (auquel on peut ajouter “l’orgasme de la faim” de l’anorexique).

Il existait pour Radö une fixation orgastique alimentaire ayant une fonction psychophysiologique primaire et biochimique qui était pour lui ce noyau autour duquel étaient groupés les fantasmes incestueux appartenant d’ailleurs aux théories sexuelles infantiles (exemple : anorexie, névroses gastriques, colopathies).Addiction et fantasmes pervers redoutés

Relevons qu’à partir de ses cures analytiques, un psychanalyste anglais E. Hopper  a avancé qu’avant d’être addictés à un produit, ces sujets ont été en quelque sorte addictés aux fantasmes et à nombre de scénarii pervers qui, après-coup, furent vécus avec beaucoup de honte et culpabilité.

 Les toxicomanes à l’héroïne ou à la cocaïne que Hopper a pu prendre en cure “classique” ou en psychothérapie, se montraient assez inhibés à associer le matériel psychique portant sur l’homosexualité et la masturbation du fait d’une grande culpabilité teintée d’envie et de honte (et, nous reviendrons plus loin, de haine envers l’objet interne).

La plupart de ces fantasmes étaient ainsi basés sur le souhait redouté (dreaded wish) de thèmes d’homosexualité entraînant une grande anxiété et venant réanimer celle de perte d’identité.

 En effet, en deçà de ces thèmes d’homosexualité et de passivité existaient, chez ces sujets, des angoisses de morcellement, de fragmentation importantes. Dans ce contexte, le dealer représentait l’incarnation du père séducteur (diable, Pan), père hors-la-loi auquel homosexuellement ou incestueusement se soumettait l’adolescent toxicomane.

Hopper en est venu à différencier des types de fantasmatiques différents selon la drogue.

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La drogue, c’est le silence

Le silence de l’organe psychique. Guérir de l’Autre….Et la drogue, tout comme l’ordinateur avec ses jeux vidéo et l’Internet, vont permettre de se concilier imaginairement (hallucinnement) un Réel devenu par trop menaçant.

“L’Angoisse”: “Quand vous ne savez plus quoi faire de vous, que vous ne trouvez pas derrière quoi vous rembarder, c’est bien de l’expérience de la barre qu’il s’agit, et aussi bien cette barre peut prendre plus d’une forme”. (Lacan « l’angoisse »)

La drogue agit à peu prés de cette façon: c’est en tout cas ce que m’ont appris les toxicomanes que je rencontre, le sujet à la toxicomanie évolue dans un monde parallèle, un monde virtuel d’où est exclue toute inhibition, toute crainte, toute interrogation.

 Il n’y a donc de sujet que dans le discours, et dès lors que le discours cesse il n’y a plus de sujet. Le sujet articule un discours qui ne saurait donc tenir lieu que de discours de semblant, eu égard de la vérité de son désir, le Je de l’énoncé se figeant et tendant à occulter la vérité du désir .

C’est que le sujet de l’inconscient se voit en  « a » ; raison pour laquelle il y a un moi, objectivation imaginaire, aliénation du sujet originel.

Et le réveil du psychique, l’éclosion du symptôme, c’est ce qui se passe au décours des cures de sevrage: thématiques dépressives majeures, épisodes psychotiques, phobies graves, la psychopathologie du sujet désintoxiqué peut parfois être spectaculaire.

La drogue agit ainsi sur des sujets aux prises avec leur propre symptomatologie, elle s’y rajoute et vient mettre en sommeil ce qui, du refoulé, insistait en retour, ou ce qui, d’être forclos, menaçait dans le Réel.

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L’oeil écoute, mais il la ferme.

 

la loi de la maladie à la place d’une impossible vérité

« addiction »,  une question annexe ou préalable ?.

Le paradoxe pourrait être que ce corps manquant, absent, lacunaire, soit d’une autre façon trop présent.

Un quelque chose de « psychique » doit passer dans le corporel, un signifié se traduit par un signifiant qui fait énigme mais qui « s’affiche » qui se voit,et qui à la « vertu » de ne pas ou de rien dire….

 

Le phénomène « dédipix », ses incidences sociales, spéculaires et subjectives, peut aussi être vu de la sorte. Les ados se montrent se dévoilent courent des risques : prédateur pédophiles, mais se montrer s’exhiber est aussi vieux que le monde voyeurisme exhibitionniste….oeil toujours,

Pulsion scopique que dévoile le spéculaire que donne à entendre ce qui est vu ou montré ?

 

Le seul point commun entre les éléments de ce que l’on nomme aujourd’hui, « les addictions », serait, – peut-être – l’assimilation d’un phénomène observable dans le champ social, à un « comportement » d’origine psychique.

L’acte de marquage corporel, potentialisé et diffusé dans le cas dédipix, par le web, prend  place dans une longue série. Percings, tatouages, qui signaient l’appartenance à un groupe social, sont aujourd’hui une mode, et banalisés …

Les corps malades du signifiant.

« Il existe mille orifices invisibles à travers lesquels un oeil pénétrant peut voir d’un seul coup ce qui se passe dans une âme ». Freud cite ainsi Tristram Shandy dans la Psychopathologie de la vie quotidienne, en conclusion de son chapitre sur les “ « actes symptomatiques” « . Il range parmi ceux-ci ces innombrables petits gestes (le plus classique tripoter son alliance…) par lesquels l’analysant, sans y prendre garde, donne à voir à l’analyste quelque chose qu’il préfère lui-même ignorer…

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Ce qu’apprend l’absence

 Maud est loin….

Ce que j’en apprend… le signifiant/  Le signifié/ et le signe….

 L’autre est en état de perpétuel départ, de voyage ; il est par vocation, migrateur, fuyant ; je suis, moi qui aime, par vocation inverse, sédentaire, immobile, à disposition, en attente, tassé sur place, en souffrance, comme un paquet dans un coin perdu de la case.

  L’absence amoureuse va seulement dans un sens, et ne peut se dire qu’à partir de qui reste- et non de qui part : je, toujours présent, ne se constitue qu’en face de toi, sans cesse absent(e).

  Dire l’absence, c’est d’emblée poser que la place du sujet et la place de l’autre ne peuvent permuter ; c’est dire « Je suis moins aimé que je n’aime »

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L’énergie désirante et « schizo-analyse »

 Selon Deleuze et Guattari, en effet, le complexe oedipien mis à jour par la psychanalyse finit par structurer la vie subjective, ses constructions identitaires et ses conflits inconscients, par l’intermédiaire du modèle familialiste.

La réduction des généalogies multiples du désir à l’instance familiale, qu’elles dépassent pourtant de toute part, fait de la famille un  outil de répression du désir subjectif et une institution qui contribue à attacher chaque individu à la place qui lui est réservée dans le régime capitaliste de production.

On aboutit ainsi à une « vaste privatisation du champ social »  qui favorise la reproduction économique de type capitaliste et renforce son pouvoir et sa domination.

 Loin de se réduire à une simple critique de la psychanalyse, appelée à rendre compte de sa politique et de son rôle croissant dans les mécanismes de la reproduction sociale, L’Anti-oedipe vise à « opérer une transformation dans la psychanalyse pour créer de nouvelles connexions hors de la psychanalyse »

Proposons une nouvelle conception du désir, axée sur une dynamique de « production » qui permet d’établir une identité de nature entre l’économie libidinale et l’économie sociale : « La production désirante n’est pas autre chose que la production sociale ».Le désir est « produit » comme sont produits les biens…

 Au lieu d’être expliqué par le manque, le désir est identifié à une activité incessante de production qui travaille perpétuellement de l’intérieur les sociétés et l’histoire.

L’énergie désirante ne peut plus être simplement attribuée à un individu ou enfermée dans le cadre d’une histoire familiale, séparée de la sphère économique et politique.

Le désir, d’après Deleuze et Guattari, ne recherche pas un objet absent, mais produit et fonctionne.

 Le socius est la surface d’inscription sociale où les forces du désir prennent forme ; tous les types de société se caractérisent ainsi par la présence de cet élément qui vise à « coder les flux du désir, les inscrire, les enregistrer, faire qu’aucun flux ne coule qui ne soit tamponné, canalisé, réglé »

L’analyse du désir et de ses formations ou « complexes » peut de telle façon se situer d’emblée sur le terrain de l’analyse sociale, économique et politique, et devenir « schizo-analyse », analyse conjointe des investissements désirants individuels et collectifs et des rapports de forces sociaux qui ne cessent de les travailler : « Le but de la schizoanalyse : analyser la nature spécifique des investissements libidinaux de l’économique et du politique » .

Les étapes de l’ « histoire universelle » évoquées par Deleuze et Guattari dans le chapitre III de l’ouvrage (« Sauvages, barbares et civilisés ») et leur lien avec l’analyse de la formation capitaliste développée par Marx sous ses trois aspects fondamentaux (généalogique, structural, et dynamique ou tendanciel).

 Le rapport à première vue si mystérieux que Deleuze et Guattari établissent entre Capitalisme et Schizophrénie (titre général de l’ouvrage dont L’Anti-oedipe et Mille plateaux, à huit ans de distance, constituent les deux tomes) s’éclaire.

Capitalisme et schizophrénie ne sont pas, dans les analyses de Deleuze et Guattari, deux termes extérieurs l’un à l’autre, situés l’un dans le champ économique et l’autre dans le champ psychique.

 Il existe une affinité complexe, qui n’est jamais une identité simple, entre la production désirante schizophrénique et une production économique de type capitaliste qui ne peut se développer qu’en décodant sans cesse des flux de production vers leur limite, tout en contrariant cette tendance par la répression et la domination socio-économique.

En effet, la société capitaliste conjugue toujours (dans un processus schizophrénique) deux puissances opposées :

-d’une part, une tendance vers la territorialisation, la normalisation, le codage des flux qui la traversent (flux de désir, d’argent, de travail, de marchandises, de personnes et d’information),

 -de l’autre une dynamique de déterritorialisation, de décodage, de nomadisme absolu.

D’où la complexité de la notion deleuzo-guattarienne de schizophrénie : il ne s’agit jamais d’une banale exaltation romantique des forces révolutionnaires des fous et de la folie, de la marginalité et de l’exclusion.

Le « schizo d’hôpital », le drogué et le marginal ne sont pas les héros tragiques de L’Anti-oedipe, mais ils représentent plutôt le danger, l’aboutissement extrême d’un processus « normal » de schizophrénie du désir qu’on doit toujours s’efforcer de maîtriser, ils constituent les diverses et redoutables figures du « trou noir » contre lequel Deleuze et Guattari ne cessent jamais de mettre en garde leurs lecteurs.

« Schizophrénie » est le nom d’une traversée, d’une percée, d’un voyage dans et avec le désir : les « vrais » schizophrènes, les « fous », les malades, sont ceux qui ont cédé, dont le voyage ou le mouvement désirant se sont jamais arrêtés.

 La schizophrénie au sens clinique est donc la pathologie mentale qui révèle le mieux le parcours déterritorialisé du désir (contrairement au repli familialiste de la névrose privilégiée par la psychanalyse freudienne), mais aussi le nom de la limite extrême vers laquelle tend toujours le capitalisme en tant que formation sociale, économique et politique.


Justice?

D’un autre usage du jugement, en tant qu’il sanctionne un acte – et un acte contraire aux lois sociales.

Quel enseignement la psychanalyse peut elle  tirer de la pratique de la justice ?

Plus encore, je veux faire entendre ce que la psychanalyse, dans sa clinique comme dans son éthique, apporte à une conception de l’exercice de la justice. Freud, s’adressant aux juges d’instruction, Lacan, développant une conception de la criminologie, nous indiquent une voie dont nous voulons affirmer

 l’actualité.
Il y a une actualité de la criminologie lacanienne. La conception du sujet, de son acte, de son rapport à la faute qui  imprègne la clinique de la psychanalyse.

Depuis plusieurs années, des psychanalystes sont au contact de justiciables, de condamnés, et notamment à travers des pratiques du champ psychiatrique et social. L’acte criminel n’est plus seulement un objet d’étude, car la psychanalyse est sollicitée dans une recherche désespérée de l’expertise, du soin, souvent très loin de ce qui fait le cœur d’une démarche fondée sur la demande individuelle.
Le fonctionnement de la justice est devenu un enjeu social.

Les uns faisant peser le “tout sécuritaire” sur les existences individuelles au nom d’un principe de précaution qui ferait, de chaque citoyen, un délinquant ou un criminel en puissance,

Les autres entretenant la fiction d’une éducation préventive qui cherche, elle aussi, à introduire un principe de précaution.

L’ étude  clinique  confirme des hypothèses de travail qui permettent de lire, dans l’acte du criminel, une particularité subjective au service d’une contingence.

L’attention portée à ces particularités subjectives, qui ne se résument en rien à un déterminisme psychologique, ne doit pas, en effet, méconnaître la contingence qui accompagne l’acte.

 Cette conception rend vaine une prévention scientifique, mais souligne, au contraire, la nécessité de l’attention au dire d’un sujet en difficulté.
On peut aussi interroger, à travers le désir de l’avocat et du juge, les conséquences de ce que nous proposerons.
Comment intervient ce désir, au-delà du droit, dans sa pratique ?

 Le crime et la faute ne sont-ils qu’avatars ou ratage du symptôme ? L’évolution contemporaine de la justice permet-elle de juger les actes d’hommes ou de femmes, ou se fait-elle seulement l’écho des courants d’opinion qui “préjugent” beaucoup d’affaires ? La suppression du juge d’instruction, l’enquête confiée au Parquet, l’augmentation considérable du nombre des gardes à vue ne sont-elles pas des signes de la disparition d’une conception de la justice exercée au nom du droit pour tous ?
Ce sont quelques-unes des  questions que je me pose en ces temps de troubles… 

Mon amour de Maud

Mon amour pour Maud

Il  n’est ni l’attachement de Bowlby, ni non plus la projection de l’investissement narcissique sur un trait qui jaillirait de toi comme « un » autrui (ce qu’on voit bien dans le comique de l’amour), ni enfin je ne sait quel don, extase, ou dilatation interne de l’âme.

  Dans sa pureté, il est rencontre du réel de toi Maud ( l’autre sujet), installation aussi solitaire que joyeuse dans ta proximité, et tout le reste n’est que poésie sublime ou psychologie lamentable.

C’est par la découverte de ton réel qu’est né l’amour que j’éprouve pour toi .

 

Toute loi concernant la folie et elle seule est l’ouverture de l’arbitraire sur des hommes.

Ce dont a besoin le patient, un instant emmuré dans sa « folie », c’est que des personnes compétentes, sachant que «personne n’est totalement fou, car chez chacun persiste une part de raison gardée» (Pinel, Freud et tant d’autres), c’est que ces personnes l’accompagnent pour qu’il fasse en lui le travail psychique lui donnant accès à sa partie saine et à notre monde.

Il suffit que ces hommes soient accessibles près de lui et disponibles, c’est la définition  du travail de terrain et de la psychiatrie de secteur, mettant en place la continuité d’une disponibilité d’une équipe de soins pour tout patient d’une population que cette même équipe connaît : Toxicomanes, usagers de drogues , personnes en souffrance psychique , sdf, …..

Un accès aux soins qui nécessite la permanence sur le terrain permettant de recevoir  le plus rapidement voire immédiatement, sans rendez-vous préalable, les personnes en souffrance et les tiers concernés.

Elle doit associer les capacités d’écoute et les compétences diagnostiques, en référence à une reconnaissance du statut du sujet, tant sur le plan de la personne sociale avec sa dimension de sujet de droit, que celui de l’être inconscient qui fonde sa singularité ;

La présence permanente sur le terrain permet la rupture avec la conception dans laquelle l’institution , l’hôpital est le centre du dispositif de soins.

C’est cette permanence de terrain que nous occupons avec notre Caarud …..

 Elle devrait être la reconnaissance de l’équipe comme un acteur intégré aux politiques sanitaires locales et l’accès à la notion de réseau en partenariat, tant du côté des professionnels que des patients et des usagers potentiels.

 De ce point de vue les équipes de terrain ou de secteur sont confrontées à l’ensemble des phénomènes de souffrance psychique et pas seulement au traitement des cas pathologiques, des « urgences ».Il y a des situations dramatiques et douloureuses existant en diachronie avec les crises aigues….

 D’où l’importance du débat sur le sens d’une politique de santé en addictologie , en santé mentale ,….il ne faut pas se restreindre à la mise en place d’un dispositif de soins, à la mise en place d’un dispositif de soins sous contrainte comme la rétention de 72 heures en Psychiatrie .Alors non à l’arbitraire sur les hommes,oui aux lois qui ont du sens un sens dans le respect du sujet fut-il celui du droit ,du social ,de l’inconscient .

 

La barbarie attend le coin du virage. Lacan

« Prudence, il faut garder »

Projet toxicomaniaque ,2009 année des projets.

Projet de destruction de notre grand « autre » ,projet csapa , projet toxicomaniaque, celui de nos patients le seul qui vaille celui dont on voulait nous écarter celui dont on voulait nous priver ,projet de la clinique ; la clinique « ta mère » cette « mère » là est diplômée de médecine université du grand Autre

Le grand Autre n’est pas si gentils que ça-

Il est présent, sous la forme d’un Maître hégélien, sur différents supports- Des évaluations, « bilansquepesonnelit » des réformettes qui savent qu’elles ne passeront pas, des conseils »supérieurs » nuls et non avenus et autres mels ladilafés rumeurs  et colportages….

Violences des assertions performatives- Ou bien avidité d’un pouvoir sans nom ?.

Comment ne pas s offusquer de ce qui a été vécu ?

Les propos de concierge, les délations pétainistes qui se répètent incessamment de manière frontale : l’immondice du monde.

Un enfant est un être pervers polymorphe et certains ne »grandissent »jamais, les scélérats de la vénalité qui croient que le matérialisme est une valeur « sûre «  Toy-Toy un jouet entre les mains de qui ? Toys are us ? Notre grand Autre…

 

Comme l’inconscient, le grand Autre ne connait pas le temps .

 

L’abus de la boue qui parlante révèle l’aigreur intérieure de l’énonciateur.

La notion de grand Autre.

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Consultation d’adolescents

Consultation d’adolescents

 

La caractéristique de cette consultation est d’être originée par un acte ou des faits, et son objectif est une investigation approfondie en addictologie….mais…

 

 Mais aussi parce qu’elle vise une patientelle particulière. Il est difficile de penser à l’adolescence, de penser avec l’adolescent et sans doute aussi de se remémorer notre propre adolescence.

 Il y a entre processus d’adolescence et processus de pensée un hiatus, un enjeu structurel central que JEAMMET a isolé et théorisé en tant que tel au travers de ses travaux notamment sur le rôle spécifique de l’agir à cette période de la vie.

 Alors, effectivement parlant de période de la vie, nous situons l’adolescence comme une réalité, un stade, une phase, qui se définit par une position dans une chronologie. C’est une manière de considérer l’adolescence ancrée dans le sens commun et qui porte sa part de réalité.

Si la psychanalyse amène quelque chose à la compréhension des adolescents et au type de réponse qu’il convient de leur apporter, c’est essentiellement du fait de considérer l’adolescence non seulement comme une phase dans le développement du sujet, mais aussi comme un type de position subjective, un processus qui va jouer un rôle diachronique tout au long de la construction de la subjectivité adulte.

Il y aurait donc en nous, adultes, un processus adolescent toujours à l’œuvre, c’est à dire une modalité toujours vivante et active à éviter la pensée par la mise en place d’agirs, voire à transformer la pensée en agir ; c’est à dire en activité de décharge plutôt que de liaison entre affects et représentations. N’est-ce pas un phénomène récurant en addictologie ? « agirs » « adolescence infinie »…pensée impossible…

La plupart des ados que nous avons reçus n’avaient jamais eu de conversation précise sur eux-mêmes et ont pu livrer une expression conflictuelle retenue depuis des années.

 Mais bien souvent il nous faut traverser tout le défilé des conduites négatives chez des sujets qui n’acceptent pas l’intrusion, qui sont rebelles à toute action, ou silencieux, figés dans leur attitude.

 C’est l’art du thérapeute de traverser ces zones difficiles en continuant à garder le contact nécessaire permettant au patient d’échapper à l’envie de fuir, parfois même au désir confus de suicide. Ce premier « engagement », fait de sympathie ou d’adhésion, est donc une épreuve importante. Il suppose de sa part une neutralité relative vis-à-vis des problèmes qui inquiètent la famille,  ici les consommations…qui ne sont pas dans l’ensemble abordées de prime abord, mais évoqués secondairement, comme des corollaires à la relation proposée…

 

L’outil c’est l’entretien…

L’entretien ne peut être pensé hors des mouvements internes qui le construisent comme objet de sens en même temps qu’il est censé apporter du sens sur des objets du dehors amenés par les évocations ou les suggestions de chacun des acteurs. Penser des « agirs ». Penser des pensées .

 

Avec qui s’entretient on ?

 

Mon approche spécifique est inspirée de l’analyse  elle cherche à atteindre les conflits non résolus qui pèsent encore de tout leur poids sur l’évolution, alors même qu’il faut reconnaître et éclairer l’angoisse suscitée par le problème de l’identification et de l’acceptation de la vie génitale. Une pratique qui, privilégie la création d’un espace transitionnel, d’un lieu tiers entre l’enfant et ses parents. L’adolescence est comme une seconde naissance, et l’occasion d’un rattrapage des ratés du développement infantile. On s’entretien avec un sujet en train de naître,en devenir…

 

 Avec un ado dans son réel…Le découpage de la réalité pour les ados  passe par la peur ou le désir des objets.Le réel ado n’est pas le réel adulte.

 Il éprouve le sentiment angoissant ou fascinant de découverte, les « signaux » sexuels immédiats se distinguent par leur intensité ou par leur qualité même de ce qui existe aux âges ultérieurs.

 Il reste d’ailleurs dans la rencontre du monde une part inexprimable qui semble émerger de l’enfance et de la zone frontière entre l’enfance et l’adolescence

Un monde souvent contradictoire, illogique, en partie « déréel », ambigu, étrange, un peu menaçant,qui entraîne des attitudes de défense, des inhibitions multiples, dans lequel vit l’adolescent, est tout à fait différent du monde sécurisé, découpé objectivement, de l’adulte »normal ».

 Dans la relation nous sentons bien souvent une organisation « blindée » défendue, bloquée. Les défauts de l’armure ne sont pas immédiatement visibles. Il s’agit là d’une organisation caractérielle très dense, avec agressivité dominante, soit au contraire d’une organisation labile. Là, le sujet n’écoute pas, n’assume pas, n’organise pas, se refuse à restructurer sa personne. Le déni des consommations ,des risques encourus, des actes posés  en sont la sémiologie.

Un objet désigné est possédé, c’est quasi magik, imprégné d’animisme. La pensée est toute-puissante et peut modifier le monde. Un produit est investi désigné ,il est doté de pouvoirs magiques ,cet objet du réel travesti le réel la relation permettra de restaurer une vision et un rapport au monde dénué de ces caractéristiques, rendre aux objets leurs valeurs réelles est l’objectif réel de ces consultations.

Ce qu’il nous faut chercher c’est le sens de l’agressivité et des conflits.

 N’oublions jamais l’importance de la défense par les mots, constamment renouvelée. Le langage a aussi été donné à l’homme pour déguiser sa pensée, plus exactement son instinct et son agressivité.

C’est la grande acquisition de l’analyse de pouvoir atteindre, non pas le symptôme seul , par exemple un refus scolaire , mais sa cause, d’interpréter le sens conflictuel de ce refus, manifestant une révolte, une résistance de style oedipien ou, souvent, une relation orale perturbée. L’ado comprend vite que s’opposer, c’est encore dépendre, et que l’autonomie est la seule restitution possible d’une reprise scolaire valable. Le symptôme raconte le sujet.

Fumer du zamal pour être bien ou mieux c’est rester dans une relation de type oral ,très régressive, dépendance vis-à-vis d’un adulte nourricier d’un adulte qui décide pour soi…qui sait lui ce qui est bon , de cela aussi il faut se libérer pour se nourrir d’autre chose ,pour s’emplir d’un objet qui rend la vie plus libre plus acceptable plus riche…

Le mode de réponse caractériel est une défense habituelle, par exemple contre une mère surprotectrice, qui a une relation obsessionnelle avec son enfant, dont il doit se défendre constamment.

Quant à l’angoisse, aux états phobiques, par exemple, ils ressortent des mêmes attitudes en ce sens qu’ils sont liés à des situations de castration, de frustration très nettes et que seules les modifications obtenues par la  prise de conscience des positions anciennes peuvent changer le sujet et le sécuriser.


De même, dans tous les domaines qui concernent les troubles du type délinquance ou pré-délinquance fort complexes, le symptôme – vol ou fugue – est souvent uniquement interprétable dans le cadre des situations conflictuelles vécues.


Il est évident que dans tous ces cas l’action dynamique du thérapeute porte sur le passé, revécu intensément dans le présent grâce au transfert, et maintenu d’une manière conservatrice par le sujet dans ses réactions.
Il faut donc constamment mûrir, développer, dénouer, accentuer l’évolution vers une finalité plus ouverte, et nous concevons que cette tâche difficile ne peut être menée à bien, chez l’adolescent, sans une certaine adhésion du milieu familial.

 

 

La notion d’espace transitionnel.

 

« Tierceté », non pas tant entre les parents et l’adolescent, mais :

-           entre l’extérieur, le social, l’école ou la famille;

-           et l’intérieur, c’est à dire le fonctionnement psychique propre de l’adolescent, travaillé par l’intrusion de la réalité sexuelle, “ce matériau en fusion qui n’a pas encore trouvé sa vraie forme”. (Pierre MALE)

 

Psychothérapie spécifique, “inspirée de l’analyse”.


Cette crise fait émerger le sujet, à travers des difficultés variables, du monde de l’enfance, en quelque sorte ce que j’appellerais une seconde naissance au langage.

Grâce à Lev VYGOTSKI (1896-1934), psychologue russe précurseur du “constructivisme social” , théorie qui consiste à considéré le développement intellectuel de l’enfant comme une fonction des groupes humains plutôt que comme un processus individuel, Jacques LACAN énoncera “Le vrai maniement du concept n’est atteint  qu’à la puberté”.

Soit un processus d’individualisation- séparation qui ne concerne pas tant la réalité vécue que le réel du discours du sujet qui s’autonomise et se singularise sous la pression du processus pubertaire qui n’a de cesse de se symboliser, symptomatiquement au besoin : seconde naissance à la parole, assomption d’un discours qui serait propre au sujet, voilà le coeur même de l’opération adolescente.

Et la tâche de l’analyste est de l’accompagner dans cette seconde naissance : ni maître, ni témoin, mais fidèle serviteur de l’élaboration psychique en cours.

C’est ce que, nous dit Pierre MALE, « la signification des mots a une portée et une charge magique très différentes que chez l’adulte ».

Et même si “nous avons à recevoir de l’adolescent lui-même le sens qu’il prête aux mots”, il ne s’agit pas pour autant de singer le langage adolescent, en perpétuel remaniement, comme l’indique Didier LAURU (in La folie adolescente, p.209) : “Il ne s’agit pas d’aller au devant du transfert dans une sorte de séduction qui sonnerait faux. Les adolescents démasquent vite l’imposture de cette position”.

Il faut  insister sur le côté magique de la rencontre avec l’adolescent, une « magie relationnelle », pour laquelle les premiers contacts sont souvent décisifs, et la relation intuitive avec l’inconscient du sujet, dès la première heure, contient fréquemment la réussite même du suivi. Ce qui est transféré est aussi la réalité psychique, à savoir, au plus profond, le désir inconscient et les fantasmes connexes


Souvent peu demandeur lui-même, l’ado résiste habituellement à ce qu’il considère comme une intrusion. Gabriel BALBO l’exprime ainsi dans un article du Journal Français de Psychiatrie, “Touche pas à mon inconscient” ; “A son inconscient, l’adolescent ne veut pas que l’on touche , comme s’il présumait que l’on entendait s’en servir, il en fait son pote”.


Je
 préconise une “psychothérapie vivante”, de “vivre le conflit avec l’adolescent”.

Parce que ce qui perturbe l’adolescence, ce  sont ses conflits non résolus de l’enfance, que le thérapeute doit vivre avec l’adolescent afin de l’aider à les liquider.

L’attitude du thérapeute doit être d’une « neutralité relative » par rapport aux problèmes familiaux, sociaux ou scolaires : Ces problèmes  s’ils ne sont pas abordés immédiatement sont  évoqués secondairement.

Le transfert prime sur l’interprétation, et le travail psychique peut se poursuivre en tâche d’huile :

Quand au contenu de l’échange, il doit porter au moins autant sur la vie quotidienne que sur les conflits. Dans les consultations dédiées aux adolescents c’est au vécu que porte la prime attention, je porte un intérêt tout particulier à cette singularité , les conflits sont abordés dans un temps second. Se porter de suite sur les conflits sur le symptôme sur les problèmes familiaux ou scolaires reviendrait à dénier le sujet, à faire l’impasse sur ce qui le fait  réellement souffrir : son vécu subjectif.

Le transfert ne concerne pas que l’affect mais aussi (voire surtout…) la transmission du plaisir à penser, de l’apaisement des pulsions par la verbalisation, de l’invitation au voyage intérieur auquel l’adolescent(e) peut être très sensible.C’est en éprouvant le plaisir de penser qu’il peut délaisser l’agir , beaucoup des ados reçus n’ont jamais eut l’occasion de parler d’eux profondément.

Beaucoup d’adolescents reçus sont surpris du plaisir que l’on peut éprouver à penser le monde, à exprimer ses idées dans un dialogue avec un adulte qui ne cherche ni à juger ni à évaluer la forme mais qui par un jeu d’échanges construit un fond qui apporte un sens parfois nouveau aux actes du vécu, aux affects .

Pour quitter l’agir pulsionnel il faut aider la verbalisation, aider cette traduction de l’intériorité. Aider les adolescents à identifier des émotions , à ressentir ce qu’elles provoquent en traversant le psychisme , et constater parfois que l’après coup d’une mauvaise évaluation ou appréciation provoque un trouble dans ce présent parfois si douloureux à vivre pour eux qui nous sont adressés par des adultes qui croient aussi avoir compris ou détendre un savoir .Nombreuses sont les actions visant à déculpabiliser l’ado…(de ses conduites ,de ses pulsions sexuelles naissantes ,de ses pensées,…)

Au passage, il me semble que beaucoup de cures d’adultes se déroulent selon ces mêmes modalités (adolescence infinie ?).


J’offre à l’adolescent(e) un espace transitionnel de parole, un lieu tiers entre ce qui insiste du corps et du psychique, et les contingences familiales et sociétales :

Le principe thérapeutique ( inspiré de Pierre MALE), c’est travailler au dehors  déconstruire le dehors et tout ce qui menace l’émergence d’un sujet autonome.

C’est la source même du travail que nous effectuons dans les consultations jeunes consommateurs . Parler de ce dehors , le penser , en faire une critique constructive, en chercher les aspects positifs et les versants néfastes. Ce travail rend possible après quelques rencontres un rapport pacifié à ce « dehors » qui n’est plus abordé comme un obstacle à la jouissance, mais qui peut permettre des accès aux plaisirs , et parfois qui demeure une contrainte mais cette contrainte là est contenante et non plus frustrante .

Contrairement à la cure type, l’analyste ne peut rester silencieux avec l’adolescent(ce) : Il faut maintenir sans cesse un effort renouvelé pour établir et  garder le contact. Le silence isole et enferme l’ado en souffrance ,  n’oublions pas que celui qui est reçu n’est pas le primo-demandeur , il vient à la demande parfois à la contrainte , laisser s’installer un silence renforcerait les manœuvres de rejets.

Toujours, le transfert prime afin de construire un entre-nous qui est extérieur du dehors, il faut transférer dans la séance tout ce qui se passe à l’extérieur afin de forger un regard de nous, pas de l’analyste. C’est par cette création Tierce que l’on peut arriver , par la création de cet espace transitionnel .Le « nous » se constitue au cours des échanges de la recherche et de la quête de sens , ce nous est en position tierce ni le dehors ni le dedans, il est un pas de côté.

En définitive, comme thérapeute de l’adolescent(e) on doit se départir de toute attitude moralisante, parentale, adulte et de maîtriser et proposer un lieu tiers, dans lequel un discours propre, autonome, peut émerger à la faveur d’un dialogue « socratique » entre l’adolescent(e) et l’analyste.

Consistant à parler beaucoup lorsque l’enfant parle difficilement et approuve, comme les personnages du Criton; dans d’autres cas, au contraire, il faut laisser l’enfant s’exprimer longuement pour parler peu soi-même ,cela selon les circonstances.


Il y a ainsi tout un échange qui est un échange de réassurance transférentielle continue et qui nous permet d’entrer en contact profond avec tous les éléments de sa petite vie : son milieu familial, l’école, ses intérêts, ses aspirations, ses ambitions, ce qu’il veut faire dans l’existence. Nous n’entrons pas tout de suite, évidemment, dans les problèmes sexuels. Ce dialogue exige une grande bienveillance, une similitude relative de langage mais sans jamais puériliser. Il faut se maintenir au maximum de la compréhension du jeune ado. Si on descend trop bas il le supportera mal.

 

La prudence est de mise .Nous devons toucher au monde fragile, délicat, souvent étonnamment caché de l’adolescent qu’avec de grandes précautions, d’autant qu’il s’agit moins de s’identifier aux parents qu’à l’adolescent lui-même : Les adultes ont oubliés dans beaucoup de cas leur passé, et cependant l’identification à l’adolescent est nécessaire à l’application du traitement.La clinique de l’adolescence est particulière par le nombre des résonances qu’elle réveille dans les manifestations contre-transférencielles , koi fé un soignant qui aura eut une crise d’adolescence violente et qui culpabilise encore d’avoir eut de telles pensées ?Quelle sera sa réaction confronté qu’il est à ce double de lui…Consulter des adolescents demande un travail particulier sur sa propre histoire comme pour tout sujet dont on cherche des remaniements….

 

Pour s’aider distinguer clairement la puberté de la crise juvénile. Le pubertaire. La maturation..

 

Il est pourtant une évidence  quotidienne, pour les parents comme pour les éducateurs, que le collégien se distingue très nettement du lycéen. A mon avis, il ne s’agit pas tant d’un biais induit par l’organisation scolaire, mais d’une adaptation de celle-ci à la maturation propre de l’adolescence.


La puberté, dit Pierre MALE, demande “un effort adaptatif de l’enfant, une tentative de rééquilibrer son personnage à travers des mécanismes de défense souvent attardés devant une dominance menaçante des pulsions”.

Le début même de la puberté est très variable, il connaît de grandes variations en fonction de l’environnement social. Il est le plus souvent progressif chez le garçon, “en mosaïque”, alors qu’il est plus franc chez la fille avec l’apparition des premières règles.


La puberté confronte l’enfant à 2 défis :

          la modification du schéma corporel, et par là, la confrontation à la problématique identificatoire;

          et d’autre part, l’entrée en jeu de la pulsion génitale, qui, désormais, apparaît réalisable.

En quelque sorte, l’oedipien incestueux est maintenant praticable.Avant il n’était que fantasme.


Les modifications corporelles mettent à mal l’image du corps, telle qu’elle est perçue par l’adolescent lui-même mais aussi pas ses proches.

D’une part, se réveille ici l’incestuel en jeu dans la relation parents, adultes, enfant, d’autre part cette métamorphose –de la voix pour le garçon, du corps plus sûrement pour la fille- induit “un doute sur l’authenticité de soi et du corps”. Ne se reconnaissant plus ou avec difficulté l’adolescent est enclin  à douter de qui il est , de la permanence de soi quelque soit les évènements les lieux les interlocuteurs …

Soit, l’expérimentation même que “Je est un autre”, pour reprendre l’expression d’Arthur RIMBAULT, une mutation qui s’effectue dans tous les domaines pulsionnels : dans la chair, la voix, le regard : “Il y a donc une situation vitale de forme narcissique et identificatrice, mise en valeur par la crise pubertaire.Cette crise peut être apparentée à un trauma qui doit être liquidé et qui si il ne l’est pas perturbera l’économie psychique.


Le sentiment de bizarrerie et d’étrangeté que vit l’enfant pubère relève de la remise en cause des théories sexuelles infantiles qui prévalaient jusqu’alors, de l’activation du génital et de son corrélaire, l’angoisse de castration :

La puberté déclenche une vague renouvelée des pulsions, mais aussi une construction également constamment rénovée des défenses. Et le jeu de la pulsion et de son interdiction fait retour.


L’entrée en jeu du génital se trouve d’autant plus difficile à assumer et d’autant plus culpabilisée, qu’elle réveille le complexe de castration et les impasses éventuelles de l’oedipe. L’ancien conflit revient, la problématique se réactive et se joue sur une autre scène : la loi du père est contraignante l’ado va s’en prendre aux adultes de l’école, le désir pour la mère et de la mère est insoutenable alors le plaisir sera recherché dans un ailleurs alliant la jouissance et la mort, le shoot (ou les piercings) proposera un autre orifice par lequel entrera ce qui fait ressentir la vie…

Je préconise une psychothérapie de réassurance et de déculpabilisation, parce que la puberté constitue en quelque sorte “l’heure de vérité” quant à la problématique oedipienne et aux traumatismes éventuels : Il faut permettre au sujet d’assumer son sexe. De constituer son identité propre .

De s’individuer, de supporter la séparation, la perte de l’objet, de ne plus ou pas se réfugier dans la toute puissance de l’enfance, celle ou s’exacerbe l’agressivité auto ou héthéro , sortir des logiques de consommations anesthésiantes parce que le plaisir est soit impossible soit recherché sur un mode compulsif…

C’est sans doute ici l’enjeu primordial de la puberté, l’assomption de son sexe pour reprendre un mot de LACAN : « La question, donc, de la génitalisation est double, elle est celle d’une part qui comporte une évolution, une maturation, et d’autre part comporte dans l’oedipe quelque chose qui se réalise, qui est l’assomption par le sujet de son propre sexe, pour appeler les choses par leur nom, qui est le fait que l’homme assume le type viril, que la femme assume un certain type féminin, se reconnaît comme femme, s’identifie à ses fonctions de femme. « 

La virilité et la féminisation, voilà les deux termes qui sont essentiellement la fonction de l’oedipe.

En d’autres termes, non seulement la puberté réactualise l’oedipe, mais elle autorise, après la période de latence, une certaine pacification de celui-ci de par l’identification sexuelle enfin acquise.Qui ne dépasse pas sereinement l’oedipe reste indécis vis-à-vis de son identité sexuelle. Il faut réponse à cette demande : »aime moi comme j’ai  envie d’être aimé » et pour se faire il faut se sentir « aimable » et avoir le désir d’être aimer d’un autre.

Ce qui ne se fait pas sans obstacle, et cette problématique peut rester active longtemps adolescence infinie ?.

 

Résumons  les remaniements affectifs et l’accès a la génitalité…..

 

Remaniement de la personnalité affective

Vis à vis des Parents, l’adolescent doit effectuer le « deuil des imago parentales ». Le deuil est un processus qui permet de ne pas finir avec ce qui est mort.

 

Il s’agit ici d’une rupture d’avec l’image que les parents représentent pour l’adolescent. Ce processus se fait en plusieurs étapes. Tout commence avec le retour de ce qui a été refoulé durant la latence, c’est à dire les pulsions infantiles .Ce retour est massif et incontrôlable par l’adolescent, faisant échouer le Moi dans ses tentatives d’équilibre.

Il est anxieux, déprimé, dépressif, inhibé. Il fait des actes antisociaux. L’aspect défensif ne réussit pas à retenir l’aspect émotionnel. Le côté oral se traduit par de la boulimie, de l’anorexie, et de l’avidité sur tous les plans (accès aux produits).

Les pulsions anales reviennent à travers l’agressivité, le « non », modifiant tous ses rapports avec l’ordre, le pouvoir.

Retour aussi des pulsions phalliques et oedipiennes, se traduisant par une crise d’originalité autant physique que mentale.

Réactivation des pulsions oedipiennes vis à vis des parents, créant des sentiments de « honte des parents », afin d’éviter la pulsion par une attitude inverse. Critique de ce que sont les parents. Plus il se sent dépendant des parents, plus il sera agressif vis à vis d’eux.

Les parents ne peuvent rien pour l’aider car c’est leur présence même qui crée le conflit. C’est pour cela aussi qu’une cure traditionnelle est ardue car le transfert réactive cette problématique.

 

L’adolescent élabore un roman familial: il existe deux couples de Parents, l’un riche, noble, puissant et protecteur, assimilé à des divinités. Ce sont les Parents du passé, idéalisés par l’Enfant.

L’autre couple est humble, commun, soumis aux limites quotidiennes. Ce sont les Parents découverts par l’adolescent. Ces 2 couples de Parents s’affrontent dans l’imaginaire de l’adolescent. Il brode donc un roman familial dans lequel il retrouvera ses droits et privilèges. Cela révèle le processus régressif vers la relation rassurante des premiers temps de l’Enfance et le processus progressif qui permet d’accepter la réalité.

Fantasme de changement de rôle : l’adolescent veut prendre la place d’un de ses Parents en usurpant les droits de l’Adulte. Il est Adulte à la place du Père ou de la Mère. Il juge ses Parents, les conseille, les infantilise. Ceci est une condition pour devenir Adulte. L’adolescent s’identifie ainsi à des images de Parents mûrs.

 

Les étapes de la génitalisation :   (ou l’accession à la sexualité adulte)

La relation Objectale va se focaliser sur des Objets successifs qui vont permettre à l’adolescent d’accéder à la sexualité adulte.

Phase d’homosexualité de groupe : La bande est constituée d’individus semblables, généralement unisexuée. Il y aura plusieurs types de bandes selon le milieu culturel de l’adolescent. Plus le milieu est favorisé, plus la bande est atypique (sans caractéristiques). Les bandes sociales sont très structurées, et on y rentre difficilement. Les membres ont alors les mêmes idoles, les mêmes costumes. Le but de ces bandes est d’éviter la solitude, de s’identifier par rapport à un modèle, une norme, et de prendre en charge les désirs de l’individu. Chaque membre du groupe y trouve sécurité et revalorisation. Elle permet aussi à l’adolescent d’éviter la confrontation à l’autre sexe.

 

Phase d’homosexualité individuelle : La bande ne suffit plus. L’adolescent va chercher un ami, un confident. Le choix est très narcissique, fait d’idéalisation et d’admiration. On se raconte tout vis à vis de la famille, de l’école… Amitiés très passionnées, très brusques, pouvant s’arrêter aussi brusquement. Dans cette phase il peut y avoir expérience homosexuelle véritable et transitoire, comme phénomène d’adaptation faisant le lien entre les Parents oedipiens et le choix hétérosexuel. Notons aussi l’existence de rites, de complicités…

 

Phase transitoire dépressive : La bande ne suffit pas et même l’ami intime ne peut pas comprendre. L’adolescent est en proie à la mélancolie. La vie est un supplice. Tout est injustice. La perte des Parents est trop forte: la bande et les copains ne suffisent pas. Vide métaphysique. Création du journal intime dans lequel il transmet son abandon. C’est un mélange d’égocentrisme aigu et de constant dévouement pour l’humanité. Ce qui va permettre d’en sortir seront les premières manifestations d’hétérosexualité.

 

Phase hétérosexuelle : On se met à avoir une certaine curiosité vis à vis de l’autre sexe. On s’épie, on s’auto observe. L’autre sexe est à la fois dénigré et idéalisé. Cette hétérosexualité est d’abord polygame, avec nombreux flirts. C’est le moment où les bandes se mixent, et c’est le temps des grandes passions, des grandes désillusions.

Hémorragie des sentiments. Processus de cour : L’adolescent devient coquet, spirituel. Les flirts se succèdent, avec de grandes périodes de jalousie et d’admiration.

Petit à petit, l’hétérosexualité devient monogame, les Objets affectifs deviennent stables jusqu’à la formation du couple. Dés lors l’adolescent peut faire des projets. Il devient capable de faire coïncider l’amour romantique et l’amour sexuel.

L’adolescence est la dernière chance d’aborder les conflits de l’enfance et de les résoudre de manière spontanée. Si ces mêmes conflits survenaient par la suite, ce serait du domaine du pathologique.

La personne s’y engluerait gravement. D’ailleurs la plupart des pathologies adultes éclosent à l’adolescence. La structure de la personnalité se fait durant les 5 premières années de la vie, mais on peut la remanier à l’adolescence le plus souvent tout seul, c’est à dire avec l’environnement immédiat. Sinon ça s’écroule à l’adolescence.

Ecouter des adolescents dans ce dispositif  suppose souvent d’entendre d’abord des plaintes. Se plaindre des parents comme responsables du fait d’être battu d’être toxico ,d’avoir subi des agressions … d’avoir été confronté aux pulsions des adultes, mais aussi se plaindre, tout court, de la douleur de vivre.

La question est comment les adolescents que nous recevons métabolisent le vécu de leur enfance et le vécu actuel….

Ce dispositif d’accueil et de parole pèse, comme la situation d’origine, sur le travail de l’adolescence. Il peut faire apparaître une dépendance au milieu familial, voire une appétence aux situations conflictuelles. Un dégagement de cette problématique de confusion peut s’observer à l’inverse.

 Quelques exemples :

Un comportement violent traduit une volonté inconsciente de contrôler une violence interne , prendre des substances pour se « calmer » peut traduire un refoulement de toute manifestation de cette violence interne .Celle ci peut être réelle ou fantasmée mais bon nombre des adolescents que nous recevons pour des faits de violences ou d’effets ont eu à subir des violences intrafamiliales….

Les mères du type hystérique, abusant du contact, ou les mères narcissiques, prenant l’enfant comme objet ou partie d’elles-mêmes, élèvent de manière trop proche pendant longtemps ou étouffent leurs enfants. La faiblesse du père, son caractère insuffisant, sa distance, sont souvent également en jeu. Tout cela se condensera à la puberté, « heure de la vérité “, amenant un retrait devant l’acceptation harmonieuse de la maturité sexuelle.

Les Ts sont des appels , des « au secours » adressés , pas signe de désespoirs mais signes d’espérance , mettre un terme à cette « vie là » insupportable .Par le suivi grâce à l’élaboration cette vie « là » est acceptée le trauma se liquide et le futur peut avoir droit de cité.

La toxicomanie des adolescents est singulière elle peut être une expérimentation une quête mais aussi un appel une demande d’aide déguisée une automédication prescrite par la douleur morale qui ne se disant pas s’exprime par ce biais. La toxicomanie « symptôme » peut indiquer l’échec de la pensée ,elle traduit l’impossibilité de penser le monde et laisse place à l’agir .Ce qu’il s’agit de faire c’est donc de rendre possible et efficient l’acte de penser et non pas de réprimer l’agir mis en avant comme l’arbre qui cache la forêt…L’agir est un leurre bon nombre d’adultes y succombent ,résonances ?….

L’accueil des ados dits toxicomanes suppose aussi la présence de cette dimension du désir entre l’intervenant et ceux-ci.

D’autant plus que, dans ce champ spécifique, s’impose la drogue et ce qu’elle draine comme cortège d’inquiétudes. C’est indéniable, la drogue fait peur. Elle fait peur à l’homme de la rue comme à ceux qui travaillent dans un service de soins. Peut-être la drogue présentifie-t-elle par excellence la figure d’une jouissance «autre», étrangère et, à ce titre, inquiétante.


La «dédiabolisation» de la drogue passe elle aussi par l’introduction de la dimension du sujet du côté de l’intervenant. Cette dimension apparaît, par exemple, à partir du moment où, dans le cadre des consultations, on
  s’interroge cas par cas à propos de la drogue : «Quelle est la fonction de la drogue pour le sujet ?», «Quel usage en a-t-il ?», «Que traite-t-il ?», etc. Se produit alors un déplacement de l’inquiétude que suscite la drogue, quand elle est considérée exclusivement sous l’angle de sa figure de jouissance, au «réel d’une question clinique partagée». C’est dans cette relation tierce que ces réponses apparaissent , la fonction singulière des produits pour ce sujet singulier…

 

Au-delà de cette première condition — l’existence d’un désir orienté —, comment la toxicomanie est-elle accueillie à Kaz’oté?

Précisons d’abord que, d’un point de vue clinique, la toxicomanie comporte deux faces.


- D’une part, c’est un signifiant-maître dans le discours,

dans la langue de bon nombre de patients

Soit, la toxicomanie permet de se présenter.

A ce titre, nous pourrions ranger la toxicomanie dans la liste des NIP — «prononcer “nippes”» — que propose Jacques-Alain Miller, NIP comme «nouvelles identités, ou identifications particulières» une possibilité d’habillage du sujet.

 - Soit, la toxicomanie est mise en avant comme un symptôme

dans le sens médical du terme : elle nomme un dysfonctionnement

-Soit, la toxicomanie est en place d’explication.

Elle justifie la mise à la porte du domicile familial, la rupture sentimentale, la violence subie les agressions et les viols; l’arrêt des études, l’absence de vie professionnelle, les comportements délictueux, etc., de même que l’apparition de certains phénomènes qui envahissent la pensée ou le corps.


D’autre part, il y a la consommation de drogue comme telle, à situer dans le registre du réel. Si elle peut être source de satisfaction, elle peut surtout avoir pour fonction de permettre à un sujet de ne plus penser, de mettre son corps en mouvement, etc

 

Réflexions….transgénérationnelles

 

Mon expérience auprès d’adolescents et de parents d’adolescents suggère pourtant que l’état de crise psychique constitue une indication de psychothérapie analytique. Dans le détail, le maintien d’une écoute psychanalytique peut modifier vite et bien un fonctionnement psychique mis sévèrement en crise.

 

 Cette possibilité est due à l’intensité du remaniement psychique et relationnel qui s’opère chez tous les adolescents (on parle d’un âge de passage, de transition, d’entre deux).

En effet, ce bouillonnement crée une « fenêtre » (au sens où l’entendent les astronomes : une conjoncture exceptionnelle), une perméabilité de l’inconscient grâce à laquelle ce qui est en jeu chez un adolescent en crise psychique peut être repéré, approché et transformé (de façon originale et, peut-être unique, dans la vie du sujet) dans la relation thérapeutique.

 

 

Bien sûr, je ne prétends pas qu’une intervention psychanalytique à l’adolescence soit en mesure de prévenir et d’enrayer un processus schizophrénique ! Je soutiens de façon plus modeste que le psychanalyste confronté à certains états de crise chez un adolescent , tels que des accès dépressifs, des attaques de panique, un retrait prononcé, voire une bouffée délirante (d’origine toxique , zamal ou LSD , ou non)  peut alors déconstruire le risque d’installation d’une souffrance mentale chronique (bien entendu, dans certains cas, l’intervention analytique doit s’allier à un traitement médicamenteux).

 Il s’agit de sentir avec l’ado que les moments critiques (même d’allure psychotique ; c’est d’ailleurs souvent le cas). qui le saisissent sont riches de potentialités d’évolution positive

Pour cela, l’analyste doit avoir une expérience patente des relations adolescentes. Celles-ci se caractérisent par :

- Un désintérêt des adolescents pour leur propre enfance ; ça ne les intéresse plus et, en cas de mal-être, ça ne leur « dit » rien et c’est inutile (le bouleversement psychique impulsé par la puberté leur ôte le désir et la nécessité d’y faire référence).

- Une tendance à s’opposer à leurs parents (ou / et à d’autres adultes), qui sont (souvent) en manque d’appuis psychiques et relationnels, et un besoin secret mais rarement verbalisé de vérifier qu’ils peuvent continuer à compter sur père et mère en cas de difficulté importante. Ambivalence complexe donc de haine et d amour.

- Un surinvestissement de la fréquentation des pairs d’âge, mais sans que l’adolescent soit toujours capable d’élaborer ce mouvement relationnel (pris dans l’instantanéité des expériences correspondantes, il manque de recul par rapport à ce qu’il vit).

- Un renouvellement constructif de leur attachement aux grands-parents, qui sont le plus souvent aimants, stables  ou stabilisés !

  Suffisamment éloignés du jeune sur le plan générationnel pour ne pas être ressentis comme intrusifs et qui, surtout, ont prise sur les parents de l’intéressé…

 

 

En lien avec ce dernier point, au cours des séances, j’observe que les adolescents effectuent de façon fréquente et spontanée des rapprochements entre leur propre vécu et celui de leurs aïeux (grands-parents, grands-oncles et tantes, voire arrière-grands-parents), d’une manière qui transcende le conflit de générations parents-jeunes .

 Au gré de leurs associations mentales, ils se font enquêteurs vis-à-vis de leur famille élargie et de ses aléas pour transformer leur attachement vis-à-vis de leurs parents, ils aménagent une place pour leurs autres ascendants, perçus comme des figures tutélaires, dans leur expansion vers « le monde ».

 

 Ils adoucissent ainsi le caractère écrasant de l’articulation générationnelle devenue verticale qu’ils réalisent avec leurs parents ceux-ci développent une envie inconsciente vis-à-vis de l’adolescent qui, sur le plan sexuel, joue désormais dans la cour des adultes tout en ayant, lui, « la vie devant lui », ……

L’adolescent qui est « ordinairement » mal dans sa peau joue à frayer avec le souvenir de ses ancêtres.

 Mais chez l’adolescent en état de crise accentuée, ce compagnonnage fantasmatique avec les gramounes  (parfois prolongé par une précipitation de la fréquence des rencontres réelles avec les intéressés) constitue une nécessité comme vitale pour ne pas devenir « fou ».Bon nombres de patients ont été élevé par un ou deux grand parents…et parfois lors de la « crise » c’est chez eux qu’ils vont se réfugier .

 Pour dire les choses autrement, la capacité adolescente de rêverie autour de l’histoire et de la géographie familiale sur plusieurs générations constitue le plus efficace des arrimages préventifs contre le risque de maladie mentale.

 

De façon corrélative, l’état de crise bouscule et met à l’épreuve cette capacité de rêverie transgénérationnelle, moins pour la détruire que pour vérifier qu’elle tient bon dans la tourmente. Trouver ses racines , savoir d’où l’on vient , puisque l’ado ne veut plus se penser comme « enfant » ,il effectue ce pont transgénérationnel.

Une grande part du travail est de reconstituer la continuité temporelle,et il est vrai qu’à la Réunion une place particulière doit être dévolue à la généalogie…

 

 Le psychanalyste est à même d’encourager l’adolescent en crise à poursuivre contre vents et marées son entreprise de balisage généalogique et, à cet effet, de construire une alliance thérapeutique prompte, inventive et pugnace.

 

Réflexions….analytiques des résonances

 

Dans une autre perspective de repérage des structures de la subjectivité, la psychanalyse nous invite en outre à ne pas confondre adolescence et pathologie.

Il y a donc une question qui surgit d’emblée: quid du rapport entre manifestations comportementales et pathologie à l’adolescence ;

 Et si on ne peut pas, dans ce cadre utiliser des critères sémiologiques stables pour déterminer des tableaux cliniques fiables, sur quoi alors le clinicien peut  il se baser pour orienter le diagnostic, le pronostic et la nature des soins à dispenser ?

Plutôt que nous montrer un tableau de manifestations à interpréter, l’adolescent nous tend un miroir et plus encore, fait de nous le miroir qu’il nous tend.

 Sans confondre ici processus suggestif et adolescence il y a dans toute confrontation à l’adolescent un rapport d’immédiateté narcissique et de diffusion des processus qui fait entrer en correspondance inconsciente les positions psychiques des acteurs.

Phénomène que distingue PH. JEAMMET au travers de la notion d’ « espace psychique élargi ».

Autour de l’adolescent se développe une constellation adolescente, pour reprendre la formule qu’utilise Daniel STERN à propos du maternel, qui est la réactivation de la problématique vécue lors de son adolescence par chaque acteur.

Ce qui invite le clinicien à étendre son attention aux mouvements qui se déclenchent dans le couple parental, dans la fratrie, jusque dans le réseau relationnel de la famille, lorsque un enfant devient adolescent.

A noter dans la même ligne d’idée le rapprochement souvent établi entre clinique du bébé et clinique de l’adolescent comme si, cela a été souvent dit, l’adolescence constituait une seconde naissance, une naissance du sujet à l’espace social adulte.

Les confrontations au bébé ou à l’adolescent ont d’ailleurs ceci en commun de tendre à nous « déshabiller » de notre costume professionnelle qu’il faut pourtant maintenir ne serait  ce qu’au titre de contenants encadrant la possibilité même de la pratique soignante.

 Les mouvements émotionnels de base, les formations psychiques représentants des éléments d’angoisses archaïques et les mécanismes psycho – défensifs primaires, tels que l’identification projective et ses conséquences confusionnantes, sont ici au premier plan et déterminent pour une part essentielle la dynamique de l’entretien clinique tout comme celle de la prise en charge dans sa globalité.

 

Les équipes soignantes sont directement affectées dans leurs formes subjectives, intersubjectives et organisationnelles par cet « archaïque » amplifié par les nouvelles capacités pulsionnelles de l’adolescent.

La clinique des adolescents nous renvoie à un trouble qui diffuse ; autant donc nous fonder de cette réalité puisque, comme le disait WINNICOTT, il n’y a pas d’autre solution que de partir d’où en est le patient et, je pourrais ajouter il nous faut partir de la position à laquelle il nous assigne, même si elle confuse.

Le patient adolescent nous confronte précisément à une déstabilisation de l’identité et de ses corollaires, les fonctions et rôles sociaux.

 Il semble même, pour une part, s’étayer paradoxalement sur cette vacillation qui apparaît souvent dans les interactions de la vie quotidienne sous la forme d’un usage particulier de la communication.

 Comme si les échanges déterminés par les adolescents mettaient rituellement en échec la pensée pour le sens : la transmission de l’information, le désir de se représenter, ou le fait de poser un problème pour avancer dans sa résolution.

 Pour eux les échanges ont plutôt pour fonction d’organiser et développer de mini crises à fonction de décharge des tensions internes.

Philippe GUTTON a montré que ces situations , au travers de leur répétition susceptible d’épuiser l’entourage, en tout cas d’éprouver son équilibre , sont à mettre au compte des « phénomènes psychiques de la puberté » qui se caractérisent par la déroute du surmoi devant les modifications quantitatives et qualitatives du régime pulsionnel.

La position des adultes en « pièce d’usure » apparaît donc inévitable dans cette confrontation adulte – adolescent et caractérise sans doute une modalité de la forme d’étayage qui est en jeu et que l’on retrouve dans cette sorte de combat insistant pour modifier l’autre et le faire devenir comme on veut qu’il soit.

 Il y a là à la fois la trace d’un désir de symbolisation et une impasse quand au choix du matériau symbolique lui  même puisque l’autre ne saurait être réduit à un pur signe sans perdre sa qualité d’altérité.

 La résolution de l’impasse survient lorsque entre l’adolescent et ses acteurs adultes s’inscrit l’idée que l’autre n’est pas réductible à un signe de son propre répertoire d’interprétation du monde. Par exemple lorsqu’en fin de parcours le parent admet que l’ado n’est pas « qu’un toxico ».Ce qui pose problème c’est la réduction d’autrui à un symptôme ce qui annule l’altérité…

 De là nous pouvons facilement déduire l’idée, corroborée par la clinique, que les impasses du développement à l’adolescence peuvent être directement produites par la rigidification du système de positions adultes – adolescent.La consultation à pour objet d’assouplir ces relations , de rétablir une vision juste de ce qui est à voire.

 Ceci valant, au  delà de la famille, pour ce qui se déroule à l’intérieur des espaces mettant aux prises dans des mouvements transférentiels puissants, adultes et adolescents cad : école,institutions, kaz’oté…

Ce paramètre s’ajoutant à celui de la nature archaïque des émotions et des fantasmes mobilisés amène à dégager un axe de travail périphérique et indirect dans la prise en charge des adolescents.

 Cet aspect a notamment été mis en exergue par Kati VARGA lorsque, par exemple, elle insiste sur le suivi des parents dans la prise en charge des jeunes toxicomanes, même lorsque ceux  ci se soustraient, dans un premier mouvement, aux soins.

D’autre part les éducateurs qui s’occupent d’adolescents savent bien comment une simple visite, une médiation de leur part à un enseignant, un maître d’apprentissage, ou à celui des parents qui a pu être mis ou se mettre lui – même « sur la touche » de l’éducation de son enfant, peut déterminer des modifications parfois spectaculaires dans les attitudes du jeune en difficulté. Demandez à  Cathy ,David , Imed…

 De même peut  on constater que le travail d’élaboration produit par le détour du contre transfert analysé, une figurabilité des affects, des fantasmes et des conflits psychiques en jeu, qui ne seraient pas accessible par l’échange direct avec le patient.

S’il est en effet difficile de faire face à l’adolescent, lorsque le face à face survient, il doit s’appuyer sur une ressource élaborée dans le collectif des acteurs concernés, et ne pas s’en tenir à l’exposition excitante d’une pulsionnalité contre une autre.Je l’ai dit plus haut ce qu’il s’agit de faire c’est établir un « nous » créer un espace « tiers »

 Je garde en mémoire cette situation dans laquelle David s’était approché d’un groupe d’adolescents en ébullition, il s’était arrêté au bord de l’espace d’agitation,  visiblement il ne savait pas très bien quoi faire mis à part de se tenir là. En peu de temps cette présence qui réfléchissait autre chose que l’agitation est devenue spatialement organisatrice.

 Une telle ressource basée sur la qualité de présence, la connaissance du groupe et des individus qui le composent, la capacité de penser en milieu « hostile », n’est jamais élaborée une fois pour toute.

GUTTON oppose aux phénomènes psychiques de la puberté, un processus réparateur qu’il appelle « élaboration adolescente » ou « névrose adolescente », on constate qu’il y a pour les parents ou pour les soignants une charge permanente de travail psychique a assumer pour relier sensation, intuition et figurabilité afin de maintenir la position de l’idéal du moi et le processus du sens dans la relation à l’individu ou au groupe.

Si les parents et la famille de l’adolescent, le professionnel et l’équipe, peuvent être dits en position de pièce d’usure, cela ne représente que la première partie d’une réalité dont l’autre partie demeure une construction à entreprendre.

Winnicott avait bien perçu ce premier aspect des choses lorsqu’il disait que face aux difficultés que vivait et faisait vivre l’adolescent, le seul remède est le temps.

Tous les acteurs embarqués dans la même galère n’ont qu’à tenter de maintenir un cap dans la tempête.

 Mais il y a un deuxième aspect sur lequel insiste PH. JEAMMET et qui complète l’indication de WINNICOTT. Gagner du temps tout en restant vivant et en bonne santé, certes, mais ne pas rester passif : nourrir ce temps de propositions bien pensées et articulées. La consultation jeunes consommateurs est une opportunité de ne pas perdre de temps , les groupes de paroles que nous envisageons de porter en sont un autre…

L’écoute fait partie de ces propositions et en constitue le fond. Ecouter la demande d’amour, les potentialités d’investissement, la déception, le vide, l’impuissance et la haine, mais au travers d’un cadre et d’objets transitionnels qui sont autant de médiations dont nous allons tenter de définir les fonctions.

La nécessité pour l’équipe soignante de renforcer les assises narcissiques des adolescents en difficulté par la construction d’un « espace spéculaire » présentant la double propriété de « contenir à la fois les images de soi et les relations d’objet ».

 Il y a là une formulation qui contient une axiologie et qui condensent pour moi les principes que je retiens d’une expérience de vingt ans dans plusieurs institutions auprès d’adolescents ou de pré  adolescents perturbés.

 

Partons donc de cette notion d’assise narcissique.

 

 Freud dans son article de 1914 « Pour introduire le narcissisme », situe la possibilité pour la libido de fluctuer entre investissement du moi et investissement d’objet.

La maladie narcissique serait, dit  il, causée par le reflux de la libido sur le moi et le désinvestissement de l’objet.

Mais quand on parle d’assises narcissiques ce n’est pas d’une déviation, d’une maladie ou d’un dysfonctionnement qu’il est question, mais bien plutôt d’une organisation, d’une compétence psychique qui rend possible pour le sujet à la fois de s’investir lui  même et d’investir le « sujet – autre »

L’assise narcissique c’est ce qui permet la continuité du sujet et la permanence de l’investissement de lui même

 C’est la pluri modalité de l’investissement libidinal entre soi et autre, entre moi et objet, qui est la fonction résultante d’une organisation narcissique adéquate, et c’est la défaillance de cette distribution de l’investissement qui définit la pathologie narcissique de la personnalité.

 On trouve ce cas de figure dans la mise en place du sevrage telle que le montre la clinique du petit enfant lorsqu’il améliore sa tolérance à quitter sa mère, à se familiariser et à investir une pluralité de lieu et de personnes qui prennent soin de lui ; ou bien au contraire, lorsque la difficulté de séparation se pérennise et que les investissements vers d’autres objets s’effectuent mal.

On peut d’ailleurs comprendre le mythe grec de Narcisse sous cet angle.

Ce dont le mythe construit la représentation n’est pas l’assise narcissique du sujet, mais sa structure mise en impasse : Narcisse échouant à soutenir à la fois l’investissement libidinal de son image et celui de la nymphe amoureuse Echo.

L’impossibilité de la coexistence de différentes modalités de l’investissement à la fois interne et externe désigne, en creux, une organisation défaillante de la structure narcissique primaire et de l’intrication pulsionnelle qu’elle détermine.

 Cette défaillance pourrait d’ailleurs aussi bien être illustrée par un scénario inversé : Narcisse livrant entière sa libido à la nymphe Echo et déprivant les images de soi de tout investissement.

 On rejoindrait là une figure classique de la passion et de son soubassement mélancolique, posant au passage la question des liens existants entre pathologie narcissique et mélancolie.

 

Avec les adolescents en souffrance, ce niveau de problématique est omniprésent, et les difficultés pratiques d’apprentissages et de socialisation découlent  directement de cette incapacité plus ou moins grande à faire coexister les investissements pour des objets de statuts différents. Ce que recherchent ces ado c’est un investissement unique pour un objet unique ,  alors ils « tombent » dans le zamal…

 Car l’adolescence, outre le remaniement interne du au phénomène de la puberté qui la déclenche, confronte le sujet à la brutale externalité de l’objet du désir. Avec l’adolescence c’est cette prise de conscience là qui se fait jour : l’objet du désir est externe pas en « moi », mais quel objet externe prendre ou investir ? En cas de doute en cas de choix difficile l’alcool le zamal l’internet …sont des objets externes faciles à investir à rechercher…

 

 Les personnages parentaux qui étaient, jusque là, non seulement les meilleurs gardiens du monde transitionnel de l’enfant ( à la fois interne et externe comme le définit WINNICOTT ) mais aussi les coauteurs et les acteurs, deviennent soudain les piliers, les « ambassadeurs » de la réalité externe et les détracteurs les plus critiques des solutions que mettent en place leurs ados pour la dénier.

 

 Il y a quand même là quelque chose qui ne peut qu’être vécu comme une trahison majeure de l’enfance et, de ce point de vue, la haine structurante de l’adolescent est à mettre sur le compte de la crise oedipienne en tant que mécanisme de désillusion.

Nous sommes bien là dans le cas de figure du trauma psychique et, comme dans tout processus traumatique, l’outil de sens, c’est à dire le réseau de représentations utilisé par le sujet pour interpréter la réalité ( interne comme externe ) se trouve partiellement disqualifié.

Cette crise de la transitionnalité infantile, son désaveu, correspond à la dévaluation du système d’interprétation du monde et de soi procédant du contrat narcissique de l’enfance. Apprécier la réalité du monde « adulte » avec les outils de sens de l’enfance ne peut mener qu’à la « catastrophe »…Il faut au plus vite bâtir un nouveau système de représentations .

 Lorsque les mots d’avant ne sont plus aptes aux nouveaux affects ( AULAGNIER ), il reste au sujet la solution de la reconstruction d’un système d’interprétation qui, comme tout système d’interprétation qui ne soit pas délirant, exige un nouveau contrat narcissique dont les acteurs sont soit les mêmes mais sur des positions différentes, soit sont nouveaux.

En résumé, un enfant ne « passe » pas l’adolescence si les adultes autour de lui n’ont pas eux  mêmes engagé leur propre capacité subjective à assumer la désillusion et à construire de nouveaux systèmes d’interprétation.

 Leur enfant n’est plus un enfant , rien n’est comme avant ,le système a évolué.Les parents ne peuvent interpréter les faits les actes avec le code de l’enfance.La plupart des faits qui amènent à la consultation sont des actes posés pour cette revendication « je ne suis plus celui que vous croyez »…L’ado lui aussi doit interpréter le monde avec un nouveau système si il conserve celui de son enfance il perd en efficience et s’ouvrent les voies du trouble…

Il faut croire que la nécessité d’une telle réciprocité, ou dialectique, pour le bon fonctionnement du processus maturatif constitue un élément central dans ce qu’on a appelé assises narcissiques du sujet.

Les manifestations anti-pensée  caractéristiques de l’adolescence sont donc à comprendre comme résultant de plusieurs facteurs :

- le refus psycho défensif inconscient face aux modifications entraînées par la puberté,conserver la continuité de soi avec ce corps qui n’est plus « moi » et qui n’est pas encore « moi »….

- la dé potentialisation de l’outil de sens et la résistance du référent adultes à la modification de sa propre position subjective. La question dialectique du Sens :la sémiotique de l’enfant et celle du référent adulte,pour l’enfant les

 On peut comprendre cette résistance en ce que, pour un parent, l’accès de son enfant à la sexualité génitale signifie au moins deux choses : le déclin de la sienne en tant que sexualité pour la procréation et son propre passage à la génération pour la mort, un ado ça fait vieillir et il faut accepter ce passage à un autre age, celui de leur disparition.

 La constatation chronologique d’appartenir à la prochaine génération à disparaître est, dés lors, inévitable.

Le passage de l’adolescence concerne donc à la fois l’adolescent, son groupe primaire familial, ses groupes secondaires d’appartenance et les modes transactionnels qui se mettent en place entre ces différents registres.

De même que les rites de passage entre monde de l’enfance et monde adulte propre aux sociétés traditionnelles mobilisent l’ensemble de la communauté, la problématique de notre adolescent moderne concerne en fait les cercles concentriques de ses différents groupes de référence.

 On peut se demander où en est aujourd’hui le système d’implication groupal nécessaire à faire un adulte d’un enfant , et si l’adolescent n’est pas trop souvent seul, mis en position sociale de cible commerciale, insuffisamment étayé par une famille elle même isolée, réduite au noyau conjugal voire aux parents séparés.

Le regard psychanalytique sur l’adolescence a intégré depuis quelques années les perspectives de l’ethnologie et de la psychosociologie. Il oriente les prises en charge thérapeutiques dans trois directions complémentaires, nécessairement articulées entre elles : l’écoute psychanalytique du sujet, l’implication de la famille, la construction de scénarios éducatifs qui mettent en œuvre ce que Pierre KAMMERER a appelé « L’alternative symbolisante du don et de l’initiation » utilisant – je cite Jacques SELOSSE – « …une série de situations qui questionnent les individus concernés, telles qu’une séparation d’avec le milieu familial, un affrontement risqué avec des éléments naturels hostiles, des contraintes de vie en commun à surmonter et une confrontation des manières d’être et de faire avec, par exemple, une société et une culture différente. »

Les adolescents en difficulté sont en attente d’expériences corporelles et intersubjectives susceptibles de modifier les représentations inconscientes d’eux  mêmes : marquées par des identifications adhésives et parasitaires qui déterminent le processus d’auto dépréciation et son contre  investissement par l’omnipotence à laquelle est très attaché l’adolescent.

 La consultation dédiée aux adolescents est un espace tiers qui leur permet de mieux se connaître , de trouver un sens,de donner un sens aux conduites mais aussi de trouver un média « initiatique » un espace ou le rite de passage si nécessaire est enfin à disposition. Pour bien des parents cette consultation représente aussi le tiers externe seul a même de résoudre le conflit, pour eux aussi ils trouvent un espace ou déposer des souffrances ,ou il peuvent se penser en continuité et aborder plus sereinement une étape de leur vie qui s’ouvre celle du grand âge…l’angoisse de mort parfois si présente leur à fait oublier qu’aimer c’est créer un lien facile à défaire et non un lien qui serre comme un étau.

 

C’est l’expression d’une vulnérabilité qui leur fait adopter une conduite addictive qui s’auto-renforce et réorganise la personnalité autour d’elle.

Sont devenus dépendants ceux qui ont utiliser de façon contraignante, dominante, la réalité externe pour contre-investir une réalité interne sur laquelle ils ne peuvent pas s’appuyer car elle ne leur donne pas la sécurité interne nécessaire, base de cette relative liberté.

Une réalité interne suffisamment sécurisante offre, en cas de conflit ou de difficultés, une possibilité de régression qui n’est pas synonyme de désorganisation.

 Les ados dépendants ne disposent pas, pour de multiples raisons, de cette base suffisamment sécurisante au niveau de leur réalité interne ».

La réalité externe perceptivomotrice a pour fonction chez ces sujets d’organiser l’équilibre psychique interne.

Petit rappel : la construction de la personnalité se fait selon 2 lignes de développement :

- ligne relationnelle faite des échanges entre l’individu et son environnement : relation d’objet

- ligne de l’autonomie du sujet : identité du sujet et narcissisme.

Il ne faut pas qu’il y ait hiatus entre Objet et Narcissisme…

Le sujet n’est jamais autant lui-même que lorsqu’il s’est abondamment nourri des autres, sans qu’il ait à réaliser les parts respectives de ce qui lui revient et de ce qui appartient à autrui.

Il ne faut pas que l’enfant se rende compte de son impuissance et de sa dépendance à l’égard du monde extérieur. Or pour l’ado cette dépendance vis-à-vis des Objets est insoutenable ,il revendique une indépendance vis-à-vis d’eux parce qu’il est soumis à un trop fort narcissisme. Si le hiatus est là le ferment de l’addiction va se développer.

 

L’adolescent est ainsi en contradiction : il doit prendre ses distances avec ses objets d’attachements antérieurs, dont les liens ont été sexualisés par la puberté. D’ou l’écart Narcissisme/Objet.

 

Situation paradoxale : c’est son appétence objectale qui fait peser une menace sur son narcissisme et son autonomie avec cette particularité que plus son narcissisme est défaillant, plus le besoin objectal se fait sentir (surtout dans sa dimension identificatoire) et plus l’objet est perçu comme potentiellement aliénant et

menaçant.

 

Ne voulant dépendre des objets de l’enfance l’ado peut pour se désaliéner en investir d’autres , toujours externes : alcool , zamal , médocs , internet ,…avec l’illusion qu’il entretient de pouvoir en assurer la maîtrise : il se persuade soit que ces objets externes ne posent pas de soucis ,soit qu’il est plus fort qu’eux …qu’il contrôle l’objet par une inflation du Narcissisme .

 

La clinique consiste donc à investir la position narcissique,mais aussi à dialoguer, à discourir de la relation d’objet , celle de l’enfance celle de l’adolescence.

Passer du lien de dépendance vis-à-vis des objets ,ce qui caractérise l’enfance, à un lien d’attachement aux objets ,ce qui caractérise l’âge adulte.

 

Pour conclure: l’objet d’addiction colmate les brèches narcissiques liées aux défaillances des assises narcissiques en s’offrant comme néo-objet sous emprise.

 

 C’est la tentative d’aménager une relation aux objets externes auxquels est dévolue une fonction organisatrice de l’équilibre psychique interne.

 

Pour les soignants l’adolescence renvoie en miroir une problématique complexe,résonance de sa propre histoire de culpabilité de motions agressives de conduites déviantes,de la peur de mourir du temps qui passe….Mais c’est aussi une des cliniques les plus motivantes.

 

 

Le réel, le symbolique et l’imaginaire

Le réel,

Ici le réel est un terme plutôt énigmatique, et ne doit pas être confondu avec réalité. Pour Zizek, la réalité est construite symboliquement ; le réel, toutefois, c’est le noyau dur, le trauma qui ne peut être symbolisé, c’est-à-dire exprimé en mots. Le réel n’a pas d’existence positive ; il existe seulement en étant barré.


Le symbolique

  commence avec l’acquisition du langage, ils sont corrélatifs. C’est de cela seulement que les subordonnés s’inclinent devant le roi. En même temps, il y a toujours une certaine distance en direction du réel (sauf dans le cas de la paranoia) : ce n’est seulement le cas du mendiant fou qui croit être roi, mais aussi du roi qui croit être réellement un roi. Ce dernier n’a que « mandat symbolique » d’un roi. et l’imaginaire  est situé au niveau de la relation du sujet à lui-même.

C’est le regard fixe de l’Autre dans le stade du mirroir , l’illusoire erreur de reconnaissance, comme Lacan conclut, citant  « Je est un autre ».Rimbault

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Tsim-Tsoum Une idée de Louria

Pour pouvoir créer l’homme, Dieu qui jusqu’alors était dans tout, s’extrait de ce tout originel ou primordial et se recroqueville à l’intérieur de lui-même, laissant un espace vide pour que sa créature puisse naître et s’épanouir. Dieu est aux abonnés absents en quelque sorte et pourtant le monde ne peut exister sans lui. L’exil s’explique ainsi par la nature contradictoire de la Création. Des parcelles de sainteté sont tombées dans le monde, prisonnières d’une écorce : l’homme a quartier libre pour les retrouver et les extraire afin de rétablir l’ordre initial. La vie d’Adam comme celle de Moïse, par exemple, constituent des moments forts de cette quête à la fois indispensable et inachevable. L’exil devient une mission.Il est peut être temps de re-partir…

Anorexie Echo Narcisse…entendre et voire

L’écho renvoie au sujet sa demande et sa détresse, le miroir sa quête d’idéal ;

S’il n’y a pas d’Autre, en cette affaire, on se trouve conduit à une libération des pulsions de mort.

 La légende d’Écho et Narcisse

Dans la mythologie grecque, Narcisse était le fils d’un dieu et d’une nymphe (les nymphes étaient des esprits de la Nature de sexe féminin, réputés pour leurs nombreuses aventures amoureuses, ce qui a donné le terme « nymphomanie »).

Narcisse était célèbre pour sa beauté exceptionnelle et pour sa vanité : il ne s’intéressait qu’à sa seule personne et repoussait les avances des jeunes filles.

Écho était une nymphe qui ne pouvait plus se servir de sa voix, sauf pour répéter les derniers mots qu’elle avait entendus. C’était une punition que lui avait infligée la déesse Héra, épouse de Zeus, pour avoir tenté de la distraire en bavardant pendant que Zeus entretenait des liaisons avec d’autres nymphes.

Un jour, Narcisse se perdit en forêt et dit : « est-ce qu’il y a quelqu’un ? ». Écho répondit : « il y a quelqu’un ». Narcisse appela : « réunissons-nous » et Écho répliqua : « unissons-nous ».

Écho tomba alors amoureuse de Narcisse, mais il la rejeta. Le coeur brisé, elle se laissa dépérir, jusqu’à ce qu’il ne reste d’elle que sa voix. Ainsi naquit le phénomène de l’écho.

Les autres nymphes se plaignirent auprès de Némésis, la déesse grecque de la Vengeance. Un jour, lors d’une chasse en forêt, Némésis poussa Narcisse à aller se désaltérer dans une source d’eau limpide. Il vit son reflet et tomba amoureux de lui-même. Il resta de longs jours près de la source à se contempler, et finit par dépérir. À l’endroit où il mourut, son sang fit pousser une fleur blanche, le « narcisse ».


En hébreu, HaD (écho) est proche de HaDABaH qui signifie l’action d’attrister ou d’affliger.

 La racine arabe HaD signifie également le deuil.

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פורטרטים של ילדי עובדים זרים שעתידם לוט בערפל. יוזמי התערוכה מזמינים את אזרחי ישראל, בינהם סגן ראש הממשלה ושר אלי ישי, להגיע ולפגוש בילדים טרם קבלת הכרעה בעניינם

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Autrui

On utilise familièrement du mot « Autrui », avec une majuscule.

 Qu’est-ce que ce mot?

Un nom commun?

Un substantif?

Cet autre là n’est jamais en couple avec l’article défini (on dit : Autrui, et non pas l’autrui comme on dit l’autre), ne parlons pas du pluriel ni de genre.

 Il provient de alter-huic, cet autre (celui-là).

Quoique anonyme, il n’est pas un nom propre. Il correspond à un régime particulier du langage.

Comme la parole ou la justice, aucune phénoménologie ne peut en rendre compte ni se le « figurer ».

 

 Pour Levinas, l’altérité de l’autre est absolument, infiniment irréductible.

L’existence d’autrui échappe au concept comme pouvoir, l’irruption d’autrui permet d’accéder à l’altérité absolue et irréductible de l’autre.

 Dans le visage elle s’exprime, qui marque la limite de tout pouvoir, de toute violence.

 Derrida se lance dans une déconstruction du mot : « Que signifie autre avant la détermination grecque de l’heteros et la détermination judéo-chrétienne d’autrui? ».

  Distinction entre une altérité (vraiment) irréductible, tout autre, et l’altérité d’autrui.

C’est qu’il est nécessaire qu’un autre comme absent  soit pour que le mouvement de la  différance  s’institue.

Devant le visage de l’autre comme présence, devant cette subjectivité, la trace ne peut pas s’instituer. Pour Derrida « autrui » n’existe pas comme concept.

La dépression en France : les résultats de l’enquête ANADEP


L’ANADEP, une grande enquête par sondage concernant la dépression au sein de la population française globale, vient d’être publiée. Cette étude avait été commanditée par l’INPES (Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé) en 2005, dans le cadre du plan Psychiatrie et Santé Mentale 2005-2008.L’objectif de cette enquête est d’établir une estimation du nombre d’individus touchés par cette maladie aujourd’hui en France, de déterminer les facteurs socioprofessionnels qui peuvent avoir un rôle sur son apparition. Ces données permettront également d’adapter les actions de prévention face à cette pathologie.

Le terme de dépression regroupe plusieurs troubles psychiques, dont le plus fréquent est l’EDM (Etat Dépressif Majeur).

Selon les auteurs de cette enquête, l’EDM se définit de façon très précise :
« L’EDM se caractérise par une humeur dépressive (pessimisme et vision négative de l’existence, de soi-même, de l’avenir) ou une perte d’intérêt ou de plaisir généralisée pendant au moins deux semaines consécutives, et ce pratiquement toute la journée, et presque chaque jour. »
Selon les résultats de l’ANADEP, 18% des personnes interrogées auraient au moins une fois dans leur vie connu un épisode d’EDM, et pour la moitié des épisodes sévères.
Les femmes, et les jeunes sont davantage touchés
L’EDM ne touche pas tout le monde de façon équitable. Ainsi, les femmes sont deux fois plus concernées par les épisodes d’EDM que les hommes. Une femme sur 5 connaîtra dans sa vie au moins un épisode d’EDM (une sur 10 chez les femmes cadres).
L’âge moyen de survenue d’un EDM est situé autour de 30 ans. La fréquence d’apparition des EDM augmente avec l’âge, jusqu’à 65 ans, âge pour lequel la tendance s’inverse.
Des facteurs sociaux variables
Si avant 25 ans, ce sont les facteurs socioprofessionnels qui semblent jouer un rôle dans l’apparition d’un EDM (chômage, précarité, les facteurs familiaux prennent le devant après cet âge (statut marital, nombre d’enfants, périodes sans activité professionnelle).
Les recommandations de prise en charge ne sont pas respectées
Les recommandations d’experts concernant la prise en charge des états dépressifs préconisent, dans le cas des EDM, la prescription d’une psychanalyse en premier lieu. Vient ensuite la prescription de psychotropes. Or, dans les faits, c’est l’inverse. Ce sont les psychotropes qui sont prescrits en première position, suivis par les suivis psychologiques, et enfin la psychanalyse en bonne dernière.

Il semble y avoir un manque de communication auprès des médecins généralistes et des patients vis-à-vis de cette prise en charge standard.

Absence:

Tout épisode de langage qui met en scène l’absence de l’objet aimé -quelles qu’en soient la cause et la durée- et tend à transformer cette absence en épreuve d’abandon.

Il n’y a absence que de l’autre: c’est l’autre qui part, c’est moi qui reste.

 L’autre est en état de perpétuel départ, de voyage;il est, par vocation, migrateur, fuyant; je suis, moi qui aime, par vocation inverse, sédentaire, immobile,à disposition, en attente, tassé sur place, en souffrance,comme un paquet dans un coin perdu de gare.

 Je vous assure que cette figure est particulièrement riche; On peut se poser la question de la féminisation de celui qui attend l’absent;Et bien d’autres choses encore;

   Mais de même que le vide est l’envers du plein, le repos est l’envers du mouvement :

 nous ne prenons la mesure de l’événement, de l’historicité, qu’en méditant sur ce qui ne nous quitte pas.

Alors, quoi de la réalité de tout cela ?

  »La fiction », nous dit, non pas que toute représentation est illusoire et tout discours mythique,

 mais que, dès qu’on s’attache à la réalité de ce qui change, avec la plus grande probité, on est déjà dans la feinte, la fabrication, dans la fiction.

Invitation, donc, à reconnaître la puissance de l’imagination, pour mieux accueillir les signes de ce qui advient.

 Quelque fois, il m’arrive de bien supporter l’absence.

 Je suis alors « normal »; je m’aligne sur la façon de « tout le monde », j’obéis avec compétence au dressage par lequel on m’a donné très tôt l’habitude d’être séparé de ma mère (…) J’agis en en sujet bien sevré; je sais me nourrir, en attendant, d’autres choses que du sein maternel. »

 La « conception » de Barthes en ce qui concerne l’amour, l’absence etc. est particulièrement souffrante.

Lorsqu’il avait donné son téléphone à un garçon, il ne pouvait plus sortir de chez lui ! (téléphones fixes évidemment à l’époque)

 Tout cela est parlé dans le séminaire sur le discours amoureux et écrit dans les fragments.

 

 

Psychologie concrète…

G. Canguilhem ne dénonçait-il pas, en son temps, les présupposés idéologiques de la psychologie elle-même, suspectée d’être la « meilleure des polices » dans un monde obsédé par l’objectivation, par l’évaluation  et par la normalisation ?

En bref, le recours forcené à une idéologie individualiste, à une « culture du narcissisme », induit hédonisme et consumérisme généralisé (ce dont ont déjà témoigné G. Lipovetsky, R. Castel, G. Balandier etc.) et exonèrent de toute responsabilité la société capitaliste.

Mais ne doit-on pas attribuer ce repli autarcique, voire dépressif, à la souffrance individuelle provoquée par l’injustice sociale ? (Christophe Dejours, Souffrance en France. La banalisation de l’injustice).

Il faudrait donc substituer une psychologie concrète –  G. Politzer – et sensible à la souffrance sociale à une psy qui refuse de prendre en compte la dimension pathogène de la société néo-libérale et qui valorise indûment l’individu « adapté », conformiste et passif et souvent porteur d’un « faux-self ».

  

Je t’aime , Pothos , Himeros

Dire là ou l’autre n’est pas ,l’absence de l’autre est une épreuve d’abandon comme le disait Barthes penser a quelqu’un c’est l’oublier et souvent se réveiller de cet oubli.

« Penser à toi » : est une pensée vide , je ne te pense pas ,je te fais revenir ,retour à ma jubilation ; C’est rendre le désir donc le manque plus supportable ,éloigner la perspective de la mort, … de l’autre ou sa désertion.Alors pothos désir de l’être absent ou himenos désir de l’être vivant ?Dans je-t-aime il y a agglutination de toi et de moi, et ce mot ne tolère , demande qu’une seule réponse :moi aussi…

« Déttérioraliser » et non désorganiser, pour changer le monde

Une certaine distribution des possibles. C’est ce qui définit une situation :le découpage spatio-temporel de l’existence, la dichotomie la possibilité la chaîne des « ou-bien ».

 Ces disjonctions sont au fond celle d’une opposition  majeur / mineur. 

Et sont exclusives de tous ordres : fou-normal

abstinent –drogué,

masculin-féminin,

adulte-enfant,

humain-animal,

intellectuel-manuel,

travail-loisir,

blanc-noir,

hétérosexuel-homosexuel, etc.

Tout cela strie d’avance la perception, l’affectivité, la pensée, enfermant l’expérience dans des formes toutes faites, y compris de refus et de lutte.

Le jeu des mineur /majeur crée un « territoire »de pensées ,pour penser le monde

 Il y a de l’oppression en vertu de ce striage, comme on le voit dans ces couples d’opposés qui tous enveloppent une hiérarchie .

« Pour Deleuze et Guattari, l’issue est donc moins dans un changement de situation ou dans l’abolition de toute situation que dans le vacillement, l’affolement, la désorganisation d’une situation quelconque.

Ce qui ne signifie pas que toutes les situations se vallent ; mais leur valeur respective tient au degré de désorganisation qu’elles supportent sans éclater, non à la qualité intrinsèque de l’ordre dont elles témoignent. (…)

 Ces vecteurs de désorganisation ou de « déterritorialisation » sont précisément nommés lignes de fuite. »

C’est un peu comme dans le dispositif panoptique (panopticon) de J. Bentham si il y a du pouvoir c’est que le pouvoir a une caractéristique c’est qu’il n’est pas visible . L’absence de visibilité du pouvoir accroît son efficacité : C’est bien cela, l’ingéniosité extrême du Panoptique : «  induire un état conscient et permanent de visibilité qui assure le fonctionnement automatique du pouvoir. Faire que la surveillance soit permanente dans ses effets, même si elle est discontinue dans son action ; que la perfection du pouvoir tende à rendre inutile l’actualité de son exercice ; que cet appareil architectural( le panoptique) soit une machine à créer et à soutenir un rapport de pouvoir indépendant de celui qui l’exerce ; bref que les détenus soient pris dans une situation de pouvoir dont ils sont eux-mêmes les porteurs.

Le pouvoir ne s’exerce pas il est porté par ceux qui le subisse, le pouvoir des adultes ne vient pas d’eux mais des enfants qui demandent à être « vus » en permanence par les adultes…

Le pouvoir des intellectuels ne vient pas d’eux mais des « manuels » qui lorsqu’il y a crise disent « ou sont les intellectuels ?qu’ont-ils à dire ? » Ne peuvent ils pas dire ,parler en leur nom ?

C‘est dans ces territoires de pensées que réside la force du pouvoir,c’est en cessant de voir le monde avec les yeux des autres que le sujet se libère du pouvoir exercé par cet autre…

 

 


 

 

stoïcisme

Alors le stoïcisme, c’est quoi?  l’évocation de l’adjectif « stoïque », « rester stoïque »Epictète , Sénèque; les deux Stoïciens que l’Histoire aura illuminé de sa mémoire.

Et bien, figurez-vous que les Stoïciens, bien loin du cliché languagié dont nous avons hérité de nos jours, étaient des gens passionnants;

Et que l’appréhension de l’état d’esprit « stoïque » qui va de pair avec ces philosophes prépondérants de l’antiquité grecque, très loin d’être insurmontable voire bizarre, peut s’avérer salvateur pour l’homme moderne; tout contexte conservé. Afin d’illustrer en quelques mots l’attitude stoïcienne, et pour cesser de tourner autour du pot, prenons l’exemple d’une réaction stoïque canonique dans l’exemple de Bach: une célèbre anecdote à son sujet raconte qu’alors que revenu de l’autre bout d’Europe on lui annonce que sa femme et son fils ont été emporté par la Peste, il s’en va composé un Ave Maria pour remercier le ciel. Bien évidemment ça paraît un peu extrême et ça ne vous semble pas tellement éclairer la question.

 Mais si je vous dit: « Ne souffre pas de ce qui ne dépend pas de toi », ça devient plus clair? Non? Cette phrase d’Epictète un auteur de la Grèce antique, est tiré de ses Entretiens, où il présente dans un style assez abordable, les raisons de ne pas souffrir inutilement de choses auxquels nous ne pouvons rien.

 Et pour prendre un exemple encore plus flagrant et mieux illustrer encore jusqu’à quel extrêmes peut mener la penser stoïcienne prenez cet exemple en rapport avec Epictète: alors que son maitre le torturait en lui tapant sur le bras avec un bâton, celui-ci le prévint: « attention, si tu persistes à taper sur ce bras, tu vas finir par le casser… » et lorsque celui-ci se brisa sous les coups, Epictète de ricaner: « voilà, tu as réussi, tu l’as cassé ». Je me doute que nombre d’entre vous liront cette phrase comme une preuve de cynisme pure; cependant remise dans son contexte, on peut alors saisir toute la différence entre l’état de pensée stoïque qu’adopte Epictète qui consiste à ne pas souffrir de quelque chose auquel il ne peut rien changer, il est attaché et esclave, quand le cynique en aurait rit par pure dérision et tentative de déstabilisation de son bourreau.

Malgré tout, vu d’ici et à la lumière de ces deux anecdotes, les Stoïciens passent pour des benêts se réjouissant du malheur, et surtout vous ne comprenez probablement toujours guère ce qui les distinguent des cyniques. Mais, si l’on cherche à entrevoir la question de fond de cette attitude face à l’existence, se révèle bien vite une question fondamentale: Qu’est-ce que l’homme dans la nature, ce qui revient à demander: que peux l’homme dans le cours des choses.

Ou encore, l’homme est-il véritablement maitre de son destin?

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SDF

 « Clodo est là pour enseigner cette terrible vérité: la normalité est sans issue . Sous le masque bienveillant de nos démocraties se cache cette totalitaire injonction:Citoyen sera productif ou lentement ,et sans bruit ,mis à mort.
Qu’on ne s’y trompe pas. La souffrance des pauvres et des fous est organisée,mise en scène ,nécessaire. La République toute entière verse des larmes de crocodile à la mémoire de nos chers disparus de la rue . Clodo vivant embarrassait:voici son cadavre,garanti pur misérable hypothermique,déclaré d’utilité publique . »
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C’est de Patrick Declerck dans Le sang nouveau est arrivé , l’horreur SDF!
Je n’ai rien à rajouter si ce n’est que je conchie les « crocodiles »

 

La civilisation est l’ensemble des traits qui caractérisent l’état d’évolution d’une société, tant sur le plan technique, intellectuel, politique que moral. La civilisation inclut donc une notion de progrès et s’oppose par définition à la barbarie, la sauvagerie.

Dans le cas du SDF la civilisation est niée dès qu’on tente de fonder un jugement ou une appréciation dans la seule relation affective, sans contrat éthique, sans espace réservé à la responsabilité. La civilisation est niée dès qu’on refuse l’aide et le soutien d’une seule personne. Et surtout, évitons d’évoquer ici l’humanisme qui finit de perdre son sens dans le discours galvaudé du politique.

Comment mobiliser la conscience des proches que nous sommes dans une société qui vit au rythme de la performance, à une nécessité biologique absurde (auto-boulot-dodo , à la Run nous n’avons pas el métro), sous le signe de l’anonymat généralisé et de la déresponsabilisation permanente. Pourtant cette société institue ce qui, à la fois, relie les êtres entre eux et leur permet de se distinguer.

Les hommes peuvent ainsi tenter des relations pacifiées tout en se coltinant avec des enjeux forts. Puisque ce n’est pas la faute des autres (journalistes ou autres politiques), il s’agit bien alors d’une responsabilité commune et à partager. Mais, rassurez-moi, le mot partager n’est pas un gros mot ?

A mon sens, l’idée de solidarité doit recentrer notre projet de société. La cohérence de la conduite personnelle doit être recherchée. La coordination prégnante et conscientisée du comportement citoyen et de la responsabilité doit s’accompagner d’une réaction vraie par la révision de nos pratiques et de notre pensée.

 La mise en œuvre d’une approche globale et non stigmatisée doit venir soutenir la guidance de l’élaboration d’une révolution de cette pensée via un nouveau projet sociétal.

Car, comble du paradoxe et au bout du compte, nous sommes parfois amenés à défendre l’état actuel du système comme si nos idéaux avaient été réalisés.

Et si notre société retrouvait le sens des mots?

 L’asile, c’est devenu un lieu sinistre et quasi-pénitentiaire. C’est aussi une tradition d’accueil inconditionnel. Qui que tu sois, quoi que tu aies fait, tu es accueilli(e) sans question ni condition.
Vouloir laisser mourir certaines personnes en situation de risque vital sous prétexte qu’elles sont aussi lucides que vous et moi est spécieux. Car cela supposerait que les « SDF » choisissent de le devenir. 

Cette notion de « choix » -et son corollaire, la « volonté » de s’en sortir- relèvent de la même logique que l’enfermement, que l’insertion obligatoire. On avait le « bon » sauvage, on a désormais le « bon » SDF. Haro sur le baudet!
Si vous veniez sur le terrain, vous constateriez que leurs rêves sont d’une banalité désarmante : un lieu de vie sûr, des amis, conjoint, enfants, participer à la société de consommation, un boulot. La plupart ont de l’énergie à revendre.

 Ne serait-ce que parce qu’ils sont en mode survie, physique et mental, et sont admirables de courage. Cette énergie peut être transformée positivement pour eux, pour peu que les aménagements nécessaire soient mis en oeuvre (soutien psy, traitements psychiatriques, soins medicaux, suivi éduc,…).

 Et, ex ante, un logement décent, individualisé (chambres en appt relais, maison en coloc,…). Et, surtout, pas de pression malsaine, eu égard à la sacro-sainte « insertion ».

Du temps. Pause. Reconstruction à son propre rythme. C’est aussi pour cela qu’il y a ce phénomène de fascination/répulsion. Est mise en lumière la pression de la normalisation sociale, le fait que nous sommes tous « maltraités », promis au rouleau compresseur. cela le système de domination socio-économique ne le permet pas car l’obscurité lui est nécessaire.

Alors, ils continuent d’être au ban, de ne pas recevoir leurs droits, de ne pas se voir appliquer les solutions préconisées par les spécialistes. Rage. Bientôt désespoir?

Lionel Naccache, « Le Nouvel Inconscient »

(Jacob 2006).

Voilà un ouvrage qui aurait dû inspirer les philosophes autant que les psychanalystes, et ne semble pas l’avoir vraiment fait. Pourtant les thèses très argumentées de Naccache mériteraient vraiment qu’on s’y attarde.

Son plus bel argument étant celui-ci (je résume grossièrement) : l’inconscient freudien n’est rien d’autre que notre conscience, celle-ci étant à entendre comme productrice brute de fictions pures, qui sont autant de stratégies d’adaptation à notre environnement.

Comme dirait l’autre, ça se discute !
Enfin ça devrait

Vivre le sens

Auteur : Centre Roland Barthes
Seuil

Cinq interventions autour de la question du sens, entre écriture, visions personnelles et approches théoriques. Un beau mélange de réflexions contemporaines.

Après Le Plaisir des formes (2003), Donner à penser (2005), et Le Corps, le sens (2007), le Centre Roland Barthes  publie les conférences de l’année 2004, suivies de réflexions entre les chercheurs et le public. Celui qui cherche ici un lien particulier avec Roland Barthes sera surpris : les intervenants parlent un peu de littérature et très peu de Barthes, ni même (à quelques exceptions près) ne « dialoguent » avec lui ; Barthes y est plutôt représenté dans son aura protectrice, comme l’égide bienveillante d’une certaine forme de pensée du décalage, et surtout comme le penseur aux multiples objets. Les intervenants, chercheurs reconnus, ont chacun leur fer de lance – l’histoire pour Carlo Ginzburg, l’histoire de l’art pour Marie-José Mondzain, la poésie pour Michel Deguy, la linguistique pour Antoine Culioli et la philosophie pour Georges Didi-Huberman – mais ont en commun cette volonté de faire entrer dans leurs disciplines des réflexions, des influences empruntées à l’ailleurs pour mieux parasiter et décentrer le regard. Le Centre Roland Barthes a bien pour objet et pour sujet de pensée les sciences humaines, n’oubliant pas le côté humain dans l’affaire des sciences.

Il y a une seconde surprise pour le lecteur de Vivre le sens : dans les interventions, la question du sens attendue tant à un niveau général (« que pouvons-nous comprendre ? ») que disciplinaire (« la question du sens dans la représentation picturale du Moyen Âge » telle qu’aurait pu la traiter par exemple Marie-José Mondzain dans son intervention) n’est jamais évoquée directement. Le mot « sens » lui-même est fort peu usité. Néanmoins, le titre du recueil n’est pas mensonger. Car il s’agit bien ici de Vivre le sens, et nous avons affaire non pas à une étude du sens, mais plutôt à des recherches qui s’attachent à questionner nos visions et pointer du doigt ce que nous ne pouvons pas voir, puisque nous y adhérons. Ce sens n’est pas un sens extérieur à nous, interrogé comme un astre lointain, mais bien un sens intérieur, une construction culturelle à travers laquelle nous faisons l’expérience sensible de la pensée, des psychismes, de l’usage des mots, de l’émotion. Ce sens nous traverse, il est bien ce produit de l’histoire dont parle Barthes , et en nous cette pneuma, ce souffle dont parle Francis Marmande dans sa préface, en reconnaissant aux penseurs et aux musiciens cet art du « souffle circulaire» : « Souffler pendant qu’on continue d’inspirer pour que l’émission du son ne cesse jamais. »

 

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Vers le divan

Deux termes utilisés par Lacan, psychanalyse pure et psychanalyse appliquée

pour marquer leurs lignes de démarcation. Je pense qu’il ne faudrait pas se référer, à propos de la clinique analytique, à ces deux termes qui sont je dirais des termes à visée institutionnelle, je dirais presque des stratégies de campagne au moment de la fondation de son école.

Pour les séparer il vaudrait beaucoup  mieux se référer à la dimension qui a quand même une toute autre portée subjective, celle de l’acte analytique, acte analytique qui paradoxalement pourrait sembler fort passif, en tant qu’il est ce qui, de la part de l’analyste, permet la tache psychanalysante.
Alors je proposerai bien,  que la coupure, serait dans ce moment où celui qui était venu parler à l’analyste, prend soudain, lui-même  en charge la tache de se guérir de ses symptômes, au lieu de continuer à l’attendre de l’analyste.

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Cela rejoindrait bien et surtout éclairerait la formulation de Lacan dans Télévision sur leur différence portant sur le temps qu’il faut pour aller au divan. Elle pourrait en effet passer pour une boutade alors qu’elle est une sorte d’irruption de la vérité.

 Mais nous arrivons alors à une drôle de répartition, puisque ces sont les entretiens préliminaires qui se rangeraient eux-mêmes sous le registre de la psychothérapie et c’est donc au coeur-même de l’expérience analytique que s’effectuerait la coupure.

Comme d’autre part, Lacan disait que, pour sa part, il faisait toujours de très longs entretiens préliminaires parce qu’il ne poussait jamais quelqu’un à faire une analyse et que pour en faire une il fallait être mordu, cela laisse aussi l’option à l’analysant de savoir s’il choisira une psychothérapie prolongée ou une psychanalyse.

 

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EXCLUSION

 Ils ont des plaies béantes, mais ne les sentent pas. Les naufragés de la rue, clochardisés, niés en tant qu’humains, subissent un stress psychique tel qu’ils s’ »auto-excluent »

Ils se coupent de leur corps, de leur affect, de leur pensée. Le déni d’eux-mêmes les déconnectent du sensoriel et du psychisme,

 Paradoxalement, ces survivants se trouvent plus marginalisés encore, depuis que l’actualité se focalise sur le problème criant des « mal logés ». Parce qu’ils ne demandent rien. « Invisibles » et « inaudibles » pour la société.

On les croit schizophrènes: ils ont mis hors circuit une intelligence qui revient, intacte, lorsqu’on les ré-humanise ».C’est ce que nous constatons chaque jour en caarud

Echapper à l’horreur du réel

« Ce sont des gens qui, pour survivre, s’empêchent de vivre. Pour échapper à l’horreur du réel », l’addiction permet cet empechement , elle le rend possible , rend cet impossible possible , un jour je dirais plus là-dessus .

A l’origine, tous souffrent de carences affectives. C’est sur ce terrain fragilisé qu’un divorce, un licenciement, un deuil,ces écueils  vont prendre la dimension d’une catastrophe,et quand elle s’accompagne d’une privation de logement…,. Avec la lutte pour la survie dans l’univers hostile de la rue -intempéries, agressions, vols-, apparaît la spirale descendante de la souffrance psychique d’origine sociale. Avec trois paliers possibles : souffrance , mélancolie , auto-exclusion

De la souffrance à l’auto-exclusion

La souffrance peut stimuler, aider à vivre comme le bon stress. Les femmes gardent plus longtemps que les hommes la capacité à être encouragées et à s’encourager entre elles pour s’en sortir ».

Mais, cette différence disparaît dès qu’on passe du découragement au désespoir. On glisse vers la mélancolie sociale, sans morbidité psychiatrique. Amertume, agressivité, violence, affections psychosomatiques s’installent au détriment de la capacité d’agir, de parler

Vient le dernier stade, celui du syndrome d’auto-exclusion, ou si l’on préfère l’état de stress majeur, qui conduit à vouloir sortir de soi.

C’est la solitude qui tue

Imaginez un grave accident de voiture: votre stress est si grand que vous ne sentez plus votre corps sur le moment. Plus tard, vous découvrirez que vous avez perdu un litre de sang ou 200g de chair. Certaines personnes sont capables, en situation psychosociale d’exclusion, de se couper d’elles-mêmes pendant des jours, des mois, des années,.

Au départ, le corps est comme anesthésié. On ne sent plus la douleur. D’autant qu’elle est incompatible avec la lutte pour la survie. 50 % des femmes clochardisées sont en aménorrhée secondaire. Déféminisées.

Suit l’émoussement affectif ou, à l’inverse, une hypomanie, une excitabilité permanente. Enfin l’intelligence est mise hors circuit. Plus que tout, ce sont l’abandon, le rejet, la solitude qui les tuent.

 

Embrouille du RSI et paroles imposées

 C’est bien en quoi ce que l‘on appelle quelquefois»un malade » va plus loin que ce que l‘on appelle un homme bien portant.

La question est plutôt de savoir pourquoi un homme normal, dit normal, ne s’aperçoit pas que la parole est un parasite, que la parole est un placage, que la parole est la forme de cancer dont l‘être humain est affligé.

Comment y en a-t-il qui vont jusqu’à le sentir?

Comment est-ce que nous ne sentons pas tous que des paroles dont nous dépendons nous sont, en quelque sorte, imposées?

le signifiant se réduit là à ce qu‘il est, à l‘équivoque, à une torsion de voix.

C’est cela même qui fait commettre une tentative d‘en finir, ce que l‘on appelle une tentative de suicide : le fait de ne plus avoir de secret de domaine resevé de « secret secret »

On voit les ravages de la fusion , de l’attente de signifiant de l’Autre . De ce que ces deux là imposent au sujet dépendant…

Alors le toxicomane ? il dépend ,il attend , il s’impose un quelque chose qui embrouille le RSI

Jacques Lacan dans son étude du cas Gérard Lumeroy paru en 1992 in Le discours psychanalytique.

Il examine avec ce patient, à la progression pathologique du rapport de ce sujet au message de l’Autre .

Et ce patient explique quelque chose d’important à propos de son suicide.

Il considère que la cause de son suicide est due à la perception de son secret par l’Autre, ce qu’il appelle « le cercle solitaire ».

Dans un premier temps, le symbolique est noué au réel et les deux se distinguent nettement de l’imaginaire.

Puis, l’amorce de la télépathie créée une « embrouille » du réel et du symbolique, ce qui le conduit au suicide.

C’est ce développement du symptôme qui est le plus intéressant car il suppose une progression du symptôme en rapport simultané avec l’apparition du suicide.

Ce patient montre l’existence d’un nouage du réel et du symbolique, l’embrouille du nouage R-S lors de l’apparition de la télépathie, l’éclosion de son suicide, et permet des considérations générales sur le sinthome dans ses rapports au suicide.

En effet, on pourrait dire que dans le cas de Gérard, le suicide est le point d’effondrement ou d’effacement du symptôme, le moment où l’amalgame réel – symbolique faisant pont vers l’imaginaire « s’embrouille » et où la distinction, la « disjonction » de ces trois registres devient impossible.

définir comme sinthome ce qui permet au nœud à trois, non pas de faire encore nœud à trois, mais de se conserver dans une position telle qu‘il ait l’air de faire nœud à trois.  

Tout ce a quoi il pensait….. les Autres le savaient …..(la télépathie)

Ne plus avoir de secret de domaine reservé

N‘y a-t-il pas là quelque chose de saisissant

À l‘endroit de la parole, on ne peut pas dire que quelque chose n‘était pas, à imposé.

Il finit par imposer au langage même une sorte de brisure, de décomposition, qui fait qu‘il n‘y a plus d‘identité phonatoire.

 

La pensée de l’Homme à l’épreuve de la psychanalyse et de la philosophie


Un réel absolu distingue l’être humain des autres mammifères, c’est qu’il est parlant. Cet accès étonnant à la parole pose d’emblée la question du rapport contradictoire que le sujet humain entretient avec la loi et avec le droit : a-t-il le devoir ou le droit de parler ? Cette question nous plonge au coeur de l’expérience analytique, derrière la souffrance qui se manifeste dans un symptôme, ce qui se dévoile est l’existence d’une parole qui, du fait qu’elle ne peut pas se dire, s’est enfouie dans le corps en se convertissant en symptôme somatique muet. Qu’un sujet puisse estimer qu’il n’a pas le droit de s’autoriser à parler à cause de ce qu’on nomme « traumatisme » depuis Freud, renvoie à ce paradoxe découvert par la psychanalyse. Le sujet ne peut accéder au droit de parole que s’il a préalablement payé le prix exigé par la loi symbolique qui l’interpelle ainsi : «là où était le sujet de l’inconscient, tu as le devoir de devenir ». La loi que le sujet doit rencontrer a un double versant : pour être autorisé à parler il doit assumer la loi écrite, mais pour s’autoriser à dire, il doit, comme Antigone, s’affi lier à une loi symbolique non écrite qui ne garantit pas le dire de la vérité. La rencontre entre la philosophie et la psychanalyse pose la question du rapport conflictuel entre le droit naturel et la loi.

 

le visage de l’humain; The readyness is all

The readyness is all

 

L’inexistence de l’Autre traduit pour un sujet, le deuil absolu du rêve de la transparence entre l’ordre des mots et du corps, l’ordre des mots et des choses. Cependant, le geste essentiel de l’éthique reste de Sophocle à Lacan, la rébellion d’Antigone.

 La transcendance minimale que requiert la présence réelle d’autrui, des autres en leur pure immanence, c’est le Visage, présence en l’autre de l’homme de cet « absolument autre ».

Le visage est un opérateur de transcendance, toujours déjà pris dans un devenir-imperceptible, un devenir-invisible, un devenir-intouchable.

Le respect du visage, extrême nudité de l’humain, fait objection à la régression infinie vers l’animalité, magma narcissique, négation de l’humain, possibilité de l’impossible, folle présence de l’inhumain, du non-humain. 

Être prêt à toute éventualité implique ceci:

- devant l’inexistence de l’Autre nous devons prêter la plus grande attention à la responsabilité du sujet pour l’autre, selon la forte formulation éthique de Lévinas: « Autrui comme autrui se révèle dans le Tu ne commettras pas de meurtre inscrit sur son visage« . 


Le Visage, dans le fond, atteste d’une modalité particulière de l’Autre qui se retranche de l’existence: il reste intouchable, invisible, se désiste et résiste à tout Autre qui existerait.


Au-delà du clivage toujours imaginaire des croyants ou des incroyants, – l’athéisme pouvant être la pire des religions – il s’agit de comprendre que la reconnaissance d’autrui, le respect infini du plus invisible dans la visibilité de l’homme -son visage- devient la seule marque possible et, le seul (re)trait nécessaire du témoignage de l’autre, pour l’autre.

L’autre même absent, même disparu; l’Autre présent en son inexistence même. 

 

ADDICTION ET OBJET

ADDICTION ET OBJET

Le drogué un » pas- sans »

Lacan a affirmé que la drogue est un moyen pour l’homme de rompre le mariage avec sa queue, et donc une forme de castration, c’est parce que, avec la drogue, le toxicomane dénoue son corps de la jouissance phallique, il se libère de l’angoisse que cette jouissance lui cause.

Dans notre démarche clinique la toxicomanie est interrogée à l’intérieur du cas ; ainsi construit, dans un temps logique second, nous y voyons la réponse du sujet au malaise qui le traverse, et elle n’apparaît pas comme cause de celui-ci.

Il n’y a d’acte que raté et c’est même la seule condition d’un semblant de réussir. C’est bien en quoi le suicide mérite objection « , Jacques Lacan, Le savoir du psychanalyste, 4 novembre 1971

 

Etre « malade » de son objet ne pas pouvoir vivre « sans »

Malade étant un mot à double sens ayant deux « signifiants »…

Exigence de la paix du corps, domination de la jouissance absolue et thyranisante  ,  margination .

 L’objet est le prédateur   , à la place du désir , c’est lui l’objet qui impose ses lois ,le sujet se retrouve « objectalisé et objectalisant «  le désir a fuit ou c’est retrouvé dissout dans l’alcool ou le psychotrope…

Usuellement le désir dicte sa loi et pour une éventuelle satisfaction  , nous recherchons à utiliser  un objet .

Le rapport à la drogue apparaît particulièrement dans le champ de la psychose, là où l’identification du sujet à l’objet de jouissance de l’Autre est à l’œuvre. ou dans l’anorexie …

Et faut il le rappeler la drogue présentifie par excellence la figure d’une jouissance «autre», étrangère et, à ce titre, inquiétante, elle fait peur au sujet et aux « soignants »…..

Pour paraphraser : là ou était le désir l’objet est advenu .

Addiction clinique de l’objet ? clinique du désir « forclos » ?

Ainsi, une identification au «toxicomane» n’est pas la même si le recours à la signification phallique est forclos.

 exemple : consommer de la drogue «pour supporter l’existence» est différent quand l’existence elle-même est marquée par «un désordre provoqué au point le plus intime du sentiment de la vie chez un sujet».

Autre exemple , autre type de consommation, noué à la pulsion de mort, peut être rapproché d’un passage à l’acte suicidaire. «Je prends (de la drogue), dit un patient qui en consomme depuis plus de dix ans, pour mettre fin à mes jours».


Ce rapport apparaît particulièrement dans le champ de la psychose, là où l’identification du sujet à l’objet de jouissance de l’Autre est à l’œuvre dans le réel. En d’autres termes, c’est ici moins le sujet qui consomme la drogue que la drogue qui consomme le sujet. Le sujet s’identifie à son produit d’élection , seul cet objet apporte la jouissance et cet objet est dans le réel pas dans
 l’imaginaire , le plaisir …..et cet objet dissout le sujet de l’intérieur

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rêve de vie



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J’ai rêvé de la vie d’un peu plus de caresses
De douceur aux matins de mes nuits agitées
Où condamné par la peur, le cœur en ivresse
Je m’éveille fragile, sans pouvoir avancer

Prête-moi ton épaule, je me sens immobile
Figé par les mots que je ne peux exprimer
La beauté du langage qui me met en péril
Me propose un refrain maintes fois entamé

On me dit d’être fort, je voudrais m’écrouler
Ressentir les angoisses du passé qui m’habitent
Me permettre d’être libre, accepter d’être aimé
M’attendrir de ta voix qui jamais ne me quitte

Offre-moi ton sourire, j’ai besoin de rêver
Les nuages sont si doux pour mon âme en exil
Ils m’accordent le droit, de crier, de pleurer
De revenir au pays d’une époque plus fragile

Seuls les anges dans le ciel m’accompagnent dans le noir
Illuminent ma conscience de cette force qui sommeille
Me font vivre l’amour, me redonne l’espoir
Effacent de ma mémoire les souffrances de l’éveil

Effleure-moi de ta main, j’ai besoin de sentir
La présence immortelle d’un courage partagé
Pour qu’au loin j’ai la force de ne jamais revenir

Aux racines d’une vie, de peur et de fragilité


 

 

 

 

 

 

 

Mauvais rêve

Mauvais rêve

Prisonnier de l’enfance, enchaîné par la peur
Libéré par les anges aux moments infidèles
En soulevant mon âme très haut dans votre ciel
J’ai oublié ce corps meurtri par la douleur

Je tuerais tous ces hommes qui ont volé ma vie
Que je voudrais revivre bercé jusqu’au matin
Libéré de vos griffes, soulagé du venin
Qui peu à peu se meurt au fil de ces écrits

Prisonnier de l’amour, le coeur plein d’illusions
Je croyais qu’être aimé devait me faire souffrir
Ressentir un grand vide où je voudrais mourir
Et m’éloigner du piège qui me sert de maison

Cent matins de tourmente, les yeux rivés au sol
Humilié par le doute et l’incompréhension
Je me suis convaincu, par peur de l’abandon D’un affreux mauvais rêve, sur la route de l’école

Prisonnier de l’enfance, encerclé par les loups
Terrifié par le noir, rejeté de mon nid
J’ai appelé les anges pour espionner la nuit
Et pour mieux affronter la peur et le dégoût

J’aurai beau fuir au loin, pardonner le passé
Partir au bout du monde, me reconstruire une vie
Habiller les démons, de soie et de rubis
La douleur brûle en moi, peu importe où j’irai

Du creux de mon enfance, où je suis prisonnier
Les loups sont assoiffés de chair et d’innocence
Ils n’ont pas de pitié pour les rêves de l’enfance
Qu’ils détruisent à jamais, malgré les douces prières

 

Un ChAgRiN D’aMoUr


C’eSt De pLeuReR eN éCouTanT La cHaNsOn Qu’on FreDoNnAiT
C’eSt L’AiMeR MaLgRèS tOuT Le MaL qU’on T’a fAiT
C’eSt FaiRe SeMbLaNt De cRoiRe QuE La Vie cOnTinUe
C’eSt ChErChEr L’aMoUr Là Ou iL n’Y eN a pLuS
C’eSt De Ne pLuS êTrE CaPabLe De ReGaRdEr DeS aMoUrEuX
C’eSt Se sUrPrEnDrE à L’aTTeNdRe coMMe aUtreFoiS…

  


 

 

ligne blanche

 

The Mothers sincerely regret to inform you.

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you got it frank.

I stopped cocaine and other stuff over fourteen years ago.All coke,heroin etc.. does is robs you of everything you had before,you’re bank account,wife,life,and you just look the other way.

Now i’ve got things under control,I’m playing . But i still love beer yar!!

R.I.P Frank and thanks for all the music!

 

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Un vrai, un autre que j’aime….

 

Merci d’être là  haver
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Etre de gauche?

Etre de gauche? Quelle est la valeur de cette expression et quel type d’engagement elle désigne, quand le récit historique qui l’a créé s’est évanoui et dans sa praxis théorico-politique et dans son efficacité symbolique pour donner un principe de lisibilité à ce qu’est la réalité.

La réalité ne saurait être définitive,le capitalisme réel d’aujourd’hui semble bien être un étant un donné  qui fige dans le réel ,il a dans son amalgame avec le Technique mis tout « l’être de l’étant » a sa disposition pour le placer comme marchandise.

Être de gauche suppose d’insister sur le caractère contingent de la réalité historique du capitalisme.

On ne peut pas parler de « lutte anticapitaliste » parce que le discours capitaliste dont parle Lacan n’offre pas un point qui permette de localiser le lieu où la coupure pourrait être effectuée.

Lire la suite de ‘Etre de gauche?’ »

Bilan 2007

Kaz’oté  un « abri psychique »      Etablissement ou Institution ?

Ou : comment rendre le soin possible….

 

Ce texte constitue les réflexions que nous avons eu sur notre pratique psychothérapeutique Jean François et moi même au long de cette année d’exercice, pas que nous passons notre temps à débattre ,  mais nous analysons celle ci et que de nous deux c’est moi qui ait de la « mémoire »…

 

 

Assurer la mise en place d’ un service et une équipe « soignante » qui soient dans les dispositions qui rendent possibles les soins aux personnes vivant l’addiction, a fortiori pourra-t’on « soigner » les patients porteurs d’autres pathologies….

Comment être dans une telle disposition ?

En considérant cet autre là comme un être humain , en l’accueillant dans une institution et non dans un établissement…..Dans ce dernier on soigne on traite une pathologie ou une psychopathologie dans une institution chaque membres rencontre une vie en devenir. La différence c’est la rencontre , l’accueil d’ou la fonction thérapeutique du Cabs. Parce que ce lieu cet espace permet de soulager la souffrance psychique il est par essence un espace et une démarche psychothérapeutique ….

Il faut rendre possible le soin aux toxicomanes , si-fait alors les choses pourront se remanier . il s’agit d’accueillir les patients quelles que soient leurs difficultés psychopathologiques et de les soigner d’une façon humaine en s’appuyant sur une démarche diagnostique ou chaque membre de l’équipe a une part égale en importance chacun se complétant pas de ségrégation pas de segmentation .

 

Csst et Cabs comme institution ,comme lieux d’accueil psychique , l’espace y est avant tout un espace qui rend possible le soin , qui rend possible l’acte thérapeutique et non pas un espace de traitement qui prend en charge une « pathologie » et qui ne voit que celle ci chez l’usager

 Dans ces établissements le sujet est réduit à sa pathologie à son addiction , la démarche de Kaz ‘oté est différente c’est une institution au sens de Deleuze (« les institutions sont des systèmes organisés de moyens destinés à satisfaire des tendances, médiations entre l’individu et la société ».   ) , elle reçoit un sujet complexe et qui avant toute chose se donne les moyens de le soigner au sens littéral de prendre soin et pour que ce soin se mette en place il faut une rencontre , une démarche diagnostique , la mise en place d’une médiation entre cet être humain et la société …..

 

 

                                                                                                                    

  

 

L’humain, l’accueil des différences « psychopathologiques » et l’intérêt des systèmes anti-ségrégatifs

L’humain.

La psychopathologie a la perspective et prend la responsabilité de traiter les maladies mentales ou le « mal être »  des enfants et des adultes ce qui l’intéresse c’est la dimension psychologique du fait psychopathologique.

 Mais dans cette discipline, plus encore que dans les autres, la personne qui porte les symptômes psychiatriques doit être prise en considération et accueillie avec la plus grande attention.

 Il s’agit donc d’une « médecine » de l’humain, et l’importance de cette manière de poser le problème tient notamment au fait que les nouvelles donnes scientifiques, économiques et administratives pourraient laisser penser qu’il s’agit désormais d’un problème secondaire. Il n’en est rien et nous verrons comment cette position éthique est déterminante dans la thérapeutique, et plus précisément dans la Psychothérapie Institutionnelle. En effet, pas de travail psychothérapeutique sans accueil de l’humain.

L’accueil des différences psychopathologiques

L’importance de l’humain est en rapport direct avec le fait que souvent la rencontre avec une personne souffrante ou  le malade mental se produit au moment le moins propice à sa reconnaissance en tant qu’autrui, puisqu’il vient au contact du psychiatre du psychologue  et de l’ équipe à un moment de décompensation dont les modalités sont décrites dans la sémiologie psychiatrique : dépression, suicide, délire, passage-à-l’acte, manifestations inhabituelles, bizarres, étranges, retrait… « effet »

Il y a donc lieu de travailler avec les soignants une fonction d’accueil qui permette une rencontre avec cet autrui en déshérence psychopathologique dans de bonnes conditions pour son avenir.

Cette ambiance accueillante sera déterminante pour approcher ce patient et faire avec lui un véritable travail diagnostique, c’est-à-dire entrer en contact et faire connaissance avec lui dans le temps et dans l’espace.

Respecter ces différences psychopathologiques dans le souci de les rapporter à une structure pathologique, quand c’est le cas, c’est permettre à ce patient de se « défendre » de son addiction ,de sa maladie en lui proposant de s’adosser sur le dispositif qui prétend le soigner.

Nous verrons l’importance de ces deux plans, (défense contre la « maladie » et mise en place d’un dispositif contre lequel il peut s’adosser anaclitiquement ) témoins de deux types différents d’aliénation mentale et sociale. De plus nous observons souvent que la thérapeutique commence dès la première rencontre, comme si à chaque fois, toute notre histoire était à nouveau mobilisée.

 

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et  politiquement korrekt

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freud et la cocaine

Nous sommes au printemps 1884, à Vienne. Freud est âgé de 28 ans, il est fiancé à Martha depuis 2 ans, et il se désespère de faire la grande découverte scientifique qui lui assurerait avenir financier et par-là, son mariage avec Martha. Depuis 1877, il s’emploie à des recherches histologiques sur le système nerveux dans le laboratoire du Prof. Brücke, en vain. C’est que Freud est animé d’un esprit avant tout scientifique, et c’est par pur pragmatisme financier qu’il s’est résolu aux études de médecine.


La cocaïne se répand alors dans les milieux culturels et une partie de la « bonne société ». C’est un médecin italien, Paolo Mantegazza, qui l’intronise en Europe en 1859, de retour d’un voyage au Pérou. Jusqu’alors, la substance fétiche des Incas n’avait guère fait l’objet de la curiosité scientifique des colonisateurs de l’Amérique du Sud. Cette même année 1859, c’est à un biochimiste viennois qu’il revient d’isoler pour la première fois le principe actif de la feuille de coca. Sa production industrielle devient alors possible, et les expérimentations médicales européennes commencent timidement.


Plus proches des lieux de production naturelle, les américains s’intéressent rapidement à un usage devenu répandu de la coca. En 1876, la coca rentre dans la pharmacopée américaine : l’usage modéré de la coca n’est pas seulement sain, mais de surcroît souvent bénéfique peut-on lire. Vers 1880, des médecins préconisent la substitution à l’extrait de coca dans le traitement de l’opiomanie. Les indications s’élargissent à l’alcoolisme, ainsi qu’à certains troubles nerveux.


Dans le même temps, le Vin de Mariani, fabriqué à partir de décoction de feuilles de coca, connaît un grand succès en France, alors qu’en Amérique le Coca-Cola popularise la substance auprès du grand public à partir de 1886.

 

 A la recherche du succès lui permettant enfin d’épouser Martha, Freud découvre l’intérêt thérapeutique de la coca dans les publications scientifiques. Il s’y intéresse d’autant, que ce produit pourrait soulager son ami, le Dr. Fleisch, devenu un irrémédiable morphinomane à la suite d’une névrite provoquant des douleurs intolérables. Freud se fait livrer de la cocaïne et il en prescrit à son ami Fleisch : Fleisch s’accrocha à cette nouvelle drogue comme un homme qui se noie, écrit-il le 7 mai 1984.

 


Cette constatation n’empêche pas Freud d’y goûter, en bon expérimentateur scientifique qu’il est. Il ne manque d’ailleurs pas d’en éprouver les propriétés stimulantes : lors de ma dernière grave crise de dépression, « j’ai pris de la coca, et une faible dose m’a magnifiquement remonté. Je m’occupe actuellement de revoir tout ce qui a été écrit sur cette substance magique, afin d’écrire un poème à sa gloire »
 écrit-il à Martha le 2 juin 1884.

 Il en envoie à sa fiancée, pour lui procurer des forces et donner à ses joues le teint rose ; il la recommande à ses amis et ses confrères, pour eux-mêmes et pour leurs malades, et en donne à ses frères et sœurs écrit son biographe officiel Jones.

 

 De ses expériences sur lui-même, Freud met en avant la bonne humeur, l’euphorie persistante qui ne diffère en rien de l’euphorie normale chez les gens biens portants… »Vous constatez une augmentation de contrôle de vous-même, une vitalité et une puissance de travail accrues…Autrement dit, vous êtes tout simplement normal, et aurez bientôt peine à croire qu’il s’agit de l’action d’une drogue »


L’euphorie gagne Freud, bien évidemment, car il croit détenir là, enfin, avec ce produit miracle, ce succès scientifique tant attendu. En quelques semaines il écrit et fait publier une monographie assez exhaustive de la coca intitulée « Uber Coca ». Après le passage en revue des précédentes publications scientifiques et médicales concernant la coca, il fait dans cet article un compte rendu fidèle des expérimentations de la substance sur lui-même. Certains le considèrent ainsi comme l’un des fondateurs de la psychopharmacologie : il utilisa les instruments de mesure les plus sophistiqués de l’époque, dans le but d’obtenir les mesures physiologiques les plus précises possibles. Ensuite, il mit ces mesures en relation avec les modifications de l’humeur et de la perception durant l’action de la drogue, modifications qu’il a finement décrites. Les expériences établissent les doses appropriées et le temps d’action de la drogue ; définissant ainsi une relation essentielle des effets de la cocaïne sur l’homme. Freud ne fait là que reproduire les travaux de Moreau De Tours, qui en 1945 avait inauguré l’étude des substances psychoactives à propos du Haschich. Il se proposait alors de fonder une théorie générale de la psychose basée sur le modèle de l’intoxication au Haschich, qu’il avait abondamment expérimenté avec quelques amis.


Durant l’année 1885, Freud poursuit ses travaux et ses expérimentations sur la coca, et il publie successivement : « Addenda A Uber Coca », en février ; « A propos de l’action générale de la cocaïne » en mars, « Contribution à la connaissance de l’action de la cocaïne » en juillet. Cette même année 1885, à la demande des laboratoires Parkes-Davis, il teste le produit américain en comparaison de la cocaïne disponible sur le marché européen : il conclura que l’une a bien plus mauvais goût que l’autre ; nonobstant leurs effets, qui se révèlent équivalents.
L’été 1885, Freud est pressé de rejoindre Martha. Il demande à un ami ophtalmologiste de commencer à tester les propriétés analgésiques de la coca sur l’œil. Lorsqu’il rentre de vacances, c’est un autre médecin viennois, le Dr. Koller, qui publie une retentissante communication sur les propriétés analgésiques de la cocaïne en ophtalmologie.

 Le succès tant attendu par Freud lui échappe. Fin 1895, il obtient une bourse afin d’aller étudier auprès de Jean-Martin Charcot. A la Salpetrière, il s’enthousiasme pour ce magicien de l’hystérie, et commence à s’intéresser à l’hypnose, voire au magnétisme, aux dernières techniques en vogue. De retour à Vienne quelques mois plus tard, il est confronté à un monde médical qui s’émeut de la propagation de l’intoxication chronique à la cocaïne.

 

La cocaïnomanie est décrite en Allemagne comme le 3ème fléau de l’humanité, avec l’alcoolisme et l’opiomanie Pourtant Freud persiste et signe, et il publie en pleine polémique, en juillet 1987 « Cocaïnomanie et cocaïnophobie », un article dans lequel il tente de clarifier sa position.
Il dénonce alors l’utilisation de l’injection, mais il persiste à penser que l’abus ou l’accoutumance ne se trouve jamais comme un phénomène isolé, mais seulement chez des personnes qui étaient antérieurement morphinomanes. Il tentait toujours, en vain, de soigner son ami le Dr. Fleisch. Bien plus tard, en 1969, Franck Berger, découvreur du Méprobamate, connu sous le nom d’Equanil®, pouvait ainsi déclarer : des millions de personnes ont pris des drogues telles que le Méprobamate sur de longues périodes. Cependant, peu de gens seulement ont fait un mauvais usage de cette drogue.

Les personnes qui ont abusé du Méprobamate avaient invariablement derrière elles un long passé de dépendance envers l’alcool, les barbituriques, ou les opiacés.

De retour à Vienne, Freud fait publier la traduction des « Leçons sur les maladies du système nerveux » de Charcot, il s’intéresse à la suggestion, avant de publier avec Joseph Breuer en 1893 les célèbres « Etudes sur l’hystérie ». A posteriori, nous pouvons penser que Freud trouve là le fondement même de la pratique analytique. A ce moment, si Freud a bel et bien abandonné l’expérimentation de la coca, celle-ci ne manquera pas, bien sûr, de faire retour au cours de son auto-analyse, comme l’atteste « L’interprétation des rêves » publié en 1900. Dans ses propres rêves, qu’il interprète, Freud se réfère explicitement à la cocaïne dans « L’injection faite à Irma » un rêve daté de juillet 1895 ; et « La monographie botanique », daté du mois de mars 1898.
Dans ses écrits de ces années 90, 1890, Freud assimile fréquemment la névrose à l’intoxication, une intoxication par une substance chimique sexuelle qui ne trouverait pas d’autre exutoire que l’expression pathologique. En quelque sorte, l’épisode de la cocaïne chez Freud concerne avant tout un chercheur, un scientifique, avide de découverte et de position sociale. Il s’y adonne d’autant plus volontiers que les effets d’éventuelle dépendance ne sont pas avérés. Et s’il renouvelle l’usage pour lui-même, c’est avant tout pour soulager sa propre souffrance névrotique, avant l’autoanalyse, et d’autre part pour stimuler son travail intellectuel. A la suite de son autoanalyse et de l’interprétation de ses rêves, il sera en mesure de proposer sa découverte, sa création, celle d’une méthode intrinsèque, non suggestive, non chimique, d’aborder la névrose. En ce sens, l’addiction de Freud lui a permis d’inventer un abord des symptômes névrotiques sous un tout autre angle que celui de la dégénérescence ou de la déficience qui prévalaient à l’époque.
Parlons un peu du tabac. Freud commence à fumer à l’âge de 24 ans, des cigarettes, puis exclusivement des cigares. Au même titre que la cocaïne, ce vice comme il le nomme, lui permet, dit-il d’augmenter sa capacité de travail et de lui donner une meilleure maîtrise de lui-même. Son père, Jacob Freud, fut un grand fumeur jusque l’âge de 81 ans. Sigmund Freud, lui, resta un fumeur invétéré : fumer est une des plus grandes jouissances de l’existence, et une des moins onéreuse dit-il un jour à l’un de ses neveux. Bien plus, sur le modèle du mot allemand pour désigner la nourriture, « Lebensmittel », littéralement en français, la substance vitale, il invente ce signifiant incroyable d’ « Arbeitsmittel », la substance de travail.
Taraudé par son appétit de savoir, l’intoxication tabagique de Freud va se révéler dramatique. A l’âge de 61 ans, en 1917, il s’inquiète d’une boursouflure douloureuse du palais. Six ans plus tard, en février 1923, on détecte une leucoplasie, tumeur bénigne de la mâchoire et du palais, fréquente chez les gros fumeurs. Après excision, la récidive tumorale signe son caractère cancéreux. A l’automne 1923, Freud subit deux opérations de résection partielle de la mâchoire, et la pose d’une prothèse, dont il souffre désormais et qui compromet son élocution.
Les années suivantes, il est opéré une trentaine de fois afin d’exciser des tumeurs pré-cancéreuses. En mai 1930, il écrit à Lou Andréas-Salomè : j’ai complètement renoncer à fumer, alors que pendant 50 ans cela m’a servi de protection et d’arme dans la lutte pour la vie. Je suis donc mieux portant qu’avant, mais pas plus heureux pour autant. La maladie cancéreuse récidive en 1936, puis en 1938. En proie à d’intenses douleurs, Freud refuse les opiacés et se contente d’analgésiques légers. Exilé à Londres, il demande à son médecin, le Dr. Schur, d’abréger ses souffrances, comme il s’y était engager 15 ans plus tôt. Le 21 septembre 1939, Schur injecte 3 centigrammes de morphine en intraveineuse à son patient. Il en faudra 2 autres pour que Sigmund Freud s’éteigne à l’aube du 23 septembre 1939 à l’âge de 83 ans. C’est aujourd’hui même le 65ème anniversaire de son décès.
Pour revenir au lien supposé entre l’addiction et Freud, quelques remarques. D’abord, Freud ne se distingue guère dans ses années d’expérimentations d’autres chercheurs, comme Moreau de Tours, déjà cité, mais aussi Albert Hoffmann, qui découvrit les effets du Diéthylamide de l’Acide Lysergique extrait du Peyotl mexicain, le LSD, en 1943, et qui en fit profiter toute la génération du « Flower Power » ; mais aussi pour n’en citer que quelques-uns uns, le Professeur Jean Delay qui dans les années 50 expérimenta la psilocybine sur les malades mentaux.
C’est qu’il ne faut jamais oublier que le Pharmakon, est un concept grec qui désigne une substance pouvant être aussi bien un médicament qu’un poison. Autrement dit, la filiation grecque de la drogue, le Pharmakon, indique bien en quoi ce n’est pas la substance qui fait l’addict, mais l’usage qui en est fait. Cet usage peut bien sûr se révéler parfois éminemment problématique, si l’on se réfère aux racines de ce signifiant : Phar, transférer et Mak, pouvoir. Et c’est là aussi le génie de Freud, d’avoir inventer, après l’avoir expérimenté sur lui-même, une thérapeutique non chimique basée sur le pouvoir du transfert.
Pour conclure, je serais assez enclin à dire que si Freud était addict, c’était avant tout au savoir, au travail. C’est la soif de connaissance et l’appétit de travail qui guidait la réflexion de Freud, et dans ce contexte, l’utilisation de substances psychoactives, n’apparaissent que comme adjuvantes, secondaires. En dernière analyse, Freud était avant tout addict au travail. (Ce qui ne règle pas pour autant l’addiction à Freud).

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